Question Orale avec débat : le ministre de la Défense sans contradicteur

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Le ministre de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, est attendu ce lundi 04 juin 2012 au Palais du Peuple pour répondre, toujours en circuit fermé, aux préoccupations des députés soulevées lors de la plénière du mercredi 30 mai, dans le cadre de la « Question orale avec débat » lui adressée par leur collège Martin Fayulu au sujet du dernier accord Rwanda-RDC sur la situation sécuritaire du Nord-Kivu. La salle des Congrès du Palais du Peuple va abriter un débat qui, en fait, n’en est plus un, dans la mesure où l’absence du principal contradicteur, à l’ouverture comme à la clôture, l’a vidé de tout son intérêt.
Quelle était la substance du document apprêté par le député national précité et quelle était la réponse lui réservée par le ministre de la Défense ?  Quelle est la nature du paquet des questions auquel ce membre du gouvernement est appelé à répondre ce lundi ? Le grand public congolais l’ignore, car ceux qui connaissent les tenants et les aboutissants du dossier sécuritaire du Nord-Kivu ont refusé qu’il soit discuté publiquement, dans un cadre pourtant des plus appropriés.
Pendant que ceux qui le gouvernent continue d’entretenir le flou, le peuple congolais est copieusement servi par des informations circulant dans tous les sens. Tel est le cas de onze mutins du M.23 qui se sont rendus dernièrement à la Monusco et ont avoué être des citoyens du Rwanda. Tel est le cas aussi des réactions virulentes des autorités rwandaises qui accusent les forces onusiennes d’instrumentaliser les FDLR et les mutins congolais. Tel est le cas également du général Bosco Ntaganda qui affirme préférer être jugé au Congo qu’à La Haye. Tel est le cas enfin du gouvernement de Kigali qui impute à son homologue congolais la responsabilité de l’insécurité qui prévaut au Nord-Kivu.
Comme relevé dans l’un de nos récentes livraisons, le huis clos n’a rien réglé. Au contraire, il place les officiels congolais proches du dossier sécuritaire du Nord-Kivu dans une position inconfortable,  qui risque de les faire passer pour des traîtres à la cause de la patrie. En effet, si cette province ne retrouve pas une paix durable dans des délais raisonnables, il leur serait difficile de justifier, à l’avenir, les alliances à répétition RDC-Rwanda, les partenariats divers avec les « forces négatives » internes, la chasse infructueuse aux FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) depuis des lustres, leur engagement toujours non tenu à préserver l’intégrité du territoire national, etc.
Toutes les interrogations troublantes, qui auraient pu recevoir intégralement ou partiellement des réponses au Palais du Peuple si la parole avait été donnée, publiquement et en direct à la télévision, à tous ceux qui voulaient s’exprimer librement à ce sujet, restent pendantes. Cela a pour effet négatif de fragiliser davantage le ministre de la Défense, dans sa croisade destinée à apaiser les esprits fortement agités à Kinshasa, au Nord-Kivu ainsi que dans les milieux de la diaspora congolaise. Qui va encore croire en la détermination du gouvernement congolais d’en finir avec les FDLR, le CNDP, le M. 23 et toutes les micro-rébellions instrumentalisées par l’Ouganda et le Rwanda, avec des complicités congolaises ? 
 
Kimp

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