Quelques chrétiens parlent Bien des chrétiens catholiques ont battu le pavé le mercredi 1 août 2012. Le Phare a abordé quelques-uns d’entre eux.

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Kiakwama Kia Kiziki : « Quelle que soit la longueur de la marche, le premier pas compte »
« Le sens de cette marche c’est de conscientiser, sensibiliser et mobiliser notre peuple, les Congolais, devant ce danger de balkanisation de notre pays. C’est aussi une marque de cohésion nationale pour que chacun de nous se sente concerné par ce qui passe à l’Est du pays. Nous sommes mobilisés à l’appel de nos pères, les évêques, qui ont pour mission de nous interpeller à temps et à contretemps. Cette marche à une qualité essentielle, elle n’est pas une marche de soutien, elle se veut nationale et cela contre la balkanisation de notre pays. Nous devons nous mobiliser parce que nous sommes en guerre. Quelle que soit la longueur de la marche, le premier pas compte. La suite viendra ».

Me Mukendi : « Il nous appartient de sauver le Congo »
« Je veux vous répondre par une tautologie. Cette marche, c’est pour montrer que le pays nous appartient et il nous appartient de le sauver, toutes tendances confondues de politique ou de religion ».

Mokonda Bonza : « Le ver se trouve dans le fruit »
« Notre pays vit dans une situation de guerre depuis plusieurs décennies. Ces guerres répétitives ont une explication. Pour nous chrétiens catholiques,  nous avons la conviction que ceux qui font la guerre ont un but : obtenir la balkanisation de notre pays. Nous savons aussi que le ver se trouve dans le fruit. Nous savons que les acteurs politiques sont des Congolais et ils doivent comprendre qu’avec cette marche, nous disons non à la balkanisation de notre pays. La RDC doit rester unie dans ses frontières de 1960. Nous voulons collaborer avec tous les pays, mais nous ne voulons pas la balkanisation de notre pays. Malgré la diversité de notre pays, malgré son étendue, nous voulons constituer une nation. Nous ne voulons pas que ce qui s’est produit au Soudan se produise au Congo. Malgré la multitude de nos tribus, nous avons un destin commun. Ce qui fait défaut à notre pays, c’est le leadership ».

Sœur Hortense Masiala, missionnaire de Saint Luc : « Je me sens proche de notre peuple qui souffre à l’est ».
« Cette marche m’a beaucoup motivée, m’a beaucoup stimulée et je me sens proche de notre peuple qui souffre à l’est du pays.
 Participer à leur souffrance d’une manière ou d’une autre, c’est ce que nous venons de faire maintenant. C’est l’évènement qui touche les chrétiens catholiques, c’est le fait que nous ne pouvons pas être physiquement avec eux, mais spirituellement. Nous avons marché avec Jésus dans le chemin de calvaire.  Que ce calvaire leur apporte la paix. Nous sommes convaincus que la Vierge Marie a intercédé auprès de son fils pour les Congolais pour que nous ayons la paix, une paix durable afin que tous les Congolais se sentent utiles pour un pays ».

Père Benjamin Mohindo, de la congrégation des pères Croisiers : « Les Congolais ont une responsabilité sur le Congo »
« Cette marche a un sens de reconnaissance de ce que nous avons reçu de Dieu, le créateur du Congo. Dieu a donné le Congo aux Congolais qui ont une mission et une responsabilité sur le Congo. Cette responsabilité nous pousse à maintenir l’unité, la prospérité et à faire que le Congo soit ce lieu où Dieu est loué. Cette marche est une marche de prière pour la paix au Congo, suite à la guerre à l’est du pays. Par cette marche, les chrétiens catholiques expriment leur refus à tout projet qui menace l’unité nationale ».

Franck Diongo : « Un message fort aux décideurs du monde »

« Le sens de cette marche c’est d’abord la contestation, pour dire non à la balkanisation du Congo. C’est l’attachement à l’intégrité du Congo ; une mobilisation de l’ensemble des Congolais pour envoyer un message fort aux décideurs du monde, à la communauté internationale que nous tenons à l’unité du Congo. Ensuite, c’est un message de solidarité à nos frères de l’est pour leur dire que nous sommes ensemble.  Beaucoup de gens ont hésité à sortir parce qu’ils ont peur de la police. Le régime en place doit garantir les libertés publiques au pays et rassurer le peuple congolais ».

Propos recueillis par Jean-René Bompolonga

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