Quel crédit accorder à la suite du processus électoral ?

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Avec le bilan désastreux de la première phase de l’élection présidentielle qui s’est soldée par un lourd contentieux réglé de la manière que l’on sait, la population congolaise, les membres des missions d’observation électorale, les organisations de la société civile et des analystes politiques, tout autant que les acteurs politiques, s’interrogent tous aujourd’hui sur la suite du processus électoral en RDC. Tant il est vrai  qu’un certain vendredi 9 décembre, on a eu la nette impression que la terre s’est arrêtée dans notre pays, avec la publication des résultats de l’élection présidentielle.
Une nuit des frayeurs a été vécue par les Kinois avec un concert inhabituel des tirs des coups de feu, suivie des journées « ville morte ». Les commerces étaient fermés et le transport tournait au ralenti. Bon nombre des compatriotes fortunés et des expatriés apeurés sont allés se réfugier à Brazzaville ou à Pointe-Noire. Certaines marchandises importées qui auraient pu alimenter le marché congolais, sont encore entreposées dans des ports étrangers en attendant le retour du calme en RDC.

Dans la foulée des réactions vives à la publication des résultats de l’élection présidentielle, on a également appris que les grandes villes congolaises et occidentales ont vibré sous le signe des manifestations de protestation.
Si déjà avec l’élection présidentielle, le contentieux est si lourd qu’il faut des solutions politiques pour l’évacuer, quel crédit accorder alors aux prochaines élections locales ? Et surtout quelle confiance peut-on continuer à donner au pouvoir organisateur des scrutins dans notre pays ?
Autour de ces questions fondamentales, se joue l’avenir de la démocratie dans notre pays qui n’a pas su organiser des élections transparentes, démocratiques, crédibles et apaisées.
La démocratie congolaise est-elle ainsi compromise à tout jamais par la volonté de certains acteurs politiques opposés à l’alternance au pouvoir ? Il y a de quoi s’interroger, car beaucoup des choses restent à réaliser dans ce pays post-conflit qui se remet à peine de la longue période des troubles, des conflits armés et de rébellions.

Un pays qui par sa position géographique et son rôle géostratégique devait servir d’exemple à d’autres démocraties en balbutiement.
Pourtant, aux problèmes congolais, avec la constellation des esprits bien pensants et la myriade des sages, on peut trouver des solutions congolaises susceptibles d’épargner à la RDC, de retomber dans le gouffre d’où elle venait à peine de sortir.
La panacée est qu’il faut restaurer, en priorité, la confiance des Congolais dans leur processus électoral qui a encore des étapes à franchir. Ensuite, la CENI qui a reconnu les griefs articulés contre les élections du 28 novembre dernier, ne doit pas s’obstiner à les ignorer, en faisant valoir que «  ce qui est fait, est fait, et qu’on n’y revient plus ». Il y a lieu qu’on reconnaisse toutes les irrégularités comme constituant un facteur de division entre la CENI et les acteurs politiques de l’opposition, entre celle-ci et la Majorité présidentielle.

Enfin, l’on doit s’atteler à les résoudre, sous peine de les voir décrédibiliser la suite du processus électoral.
L’heure est donc venue pour la médiation internationale de regrouper autour d’une table, la CENI, les représentants des missions d’observation électorale, les délégués des partis politiques, les organisations de la société civile, et quelques experts internationaux, pour trouver une issue heureuse à la crise congolaise et donner une chance à la suite du processus électoral.
On ne doit pas laisser la situation pourrir davantage, si l’on veut restaurer la paix dans notre pays. On ne doit pas multiplier les frustrations de la majeure partie de la population, si l’on ne veut pas récolter des manifestations de résistance populaire.
En tout état de cause, il vaut mieux des solutions pacifiques pouvant mettre tout le monde d’accord, que des interventions musclées qui enrichiraient les dossiers ouverts à la CPI sur les crimes perpétrés en RDC.

J.R.T.   

 

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