Que se passe-t-il au Sud-Kivu ?

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La démission du gouverneur de la province du Sud Kivu, Louis Léonce MUDERWA Chirimwami intervenue le 19 avril 2010, ne cesse de susciter des réactions au sujet de son remplacement à la tête de l’exécutif provincial. La dernière est celle des députés nationaux originaires du Sud Kivu. Dans leur déclaration politique dans laquelle ils ont défini le profil du candidat futur gouverneur, tout en dénonçant ce qu’ils qualifient d’influence perverse du « gouvernement parallèle » visant la déstabilisation de leur province. « Nous mettons en garde le gouvernement parallèle contre toute manipulation et imposition d’un candidat gouverneur de la province du Sud-Kivu ».

Mais avant d’en arriver là, ils ont relevé les maux qui rongent leur province dans les différents secteurs de la vie. Sur le plan sécuritaire, ils déclarent que toutes les opérations militaires, notamment Umoja wetu, Kimya I et II, Amani leo, menées au Sud-Kivu n’ont jamais réussi à rétablir la paix et la sécurité. Au contraire, elles n’ont fait qu’empirer la situation qui était déjà tendue. En plus, ils constatent que toutes les recommandations et propositions adressées à la hiérarchie relatives au rétablissement de la situation sécuritaire sont restées lettres mortes jusqu’à ce jour et que le calme apparent qui régnait avant 2006 s’est davantage détérioré à la suite de la présence des forces militaires hétéroclites et autres groupes armés tels les Fdlr Interahamwe, FRF, G47, Maï Maï dits réfractaires, etc.

Au plan économique, ils ont exprimé leur désespoir face aux promesses non tenues du gouvernement central qui fait qu’il y a aucun début de réalisation à ce jour dans leur chère province. Au plan politique, les députés dénoncent « une ingouvernabilité sciemment entretenue par un lobby (le fameux gouvernement parallèle), installé à Kinshasa qui gère le pays dans les coulisses avec comme mission de discréditer l’élite du Sud-Kivu qui ne cesse de subir des limogeages en cascade ou démissions forcées ». Ce qui fait, poursuivent-ils, qu’une théorie est née selon laquelle, pour certaines provinces dont le Sud-Kivu principalement, le critère déterminant pour servir la nation serait avant tout la loyauté absurde envers ledit lobby et cela, au détriment de la compétence, du savoir-faire et des intérêts supérieurs des populations locales.

C’est pour ces raisons et tant d’autres et pour éviter de retomber dans la même situation, ils ont défini le profil qui doit guider le choix du candidat gouverneur. Ils invitent, à cet effet, les députés provinciaux qui constituent le corps électoral du candidat gouverneur voter en toute indépendance d’esprit. La même recommandation est faite à la CEI de jouer son rôle de neutralité dans le traitement des dossiers des candidats.
Parmi les signataires, on peut citer entre autres députés Justin Bitakwira, Modeste Bahati Lukwebo, Paulin Bapolisi Bahuga, Mirindi Carhangabo, Aimé Boji Sangara, etc.                      

    Dom 

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