Que se passe-t-il à Kikwit ?

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La nuit de jeudi 04 à vendredi 05 novembre a ressemblé à une veillée d’armes à Kikwit, en province de Bandundu, animée par la population civile. Telle un seul homme, elle est descendue dans les rues à partir de 22 heures, armes blanches à la main, dans le dessein bien arrêté d’en découdre avec un ennemi invisible, annoncé comme porteur d’une attaque imminente.

Selon des sources dignes de foi contactées par Le Phare, la psychose d’une invasion armée s’est emparée des Kikwitois et Kikwitoises depuis le dernier week-end, suite à la présence, dans les champs de sa périphérie, d’individus armés dont personne n’arrivait à déterminer ni l’identité, ni l’origine. Alerté à cet effet, le gouverneur de province, Richard Ndambu, a dû se déplacer du chef-lieu vers cette ville, en début de semaine, dans le but de calmer les esprits et de rassurer tout le monde.

Ayant réalisé que tout paraissait calme, il a regagné son poste d’attache mardi, à Bandundu/ville. Mais juste après son départ, la maison d’armement du camp Ebeya, située en pleine ville, a été attaqué dans la nuit de mardi à mercredi par les inconnus armés signalés quelques plus tôt. Le bilan de cette sauvagerie était de trois morts dans les rangs des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Plusieurs armes et munitions, indique-t-on, ont été emportées par les assaillants.

Alors qu’elle attendait des éclaircissements de la part des autorités civiles et militaires locales ou provinciales, la population a été tenue dans l’ignorance totale des circonstances de la fusillade du Camp Ebeya. Le flou continuant à persisté, elle a résolu hier soir de se répandre à travers toutes les rues de la ville, armés de sifflets, machettes, pelles, flèches, râteaux, gourdins… pour assurer sa propre défense. Toute la nuit d’hier, personne n’a fermé l’œil à Kikwit.

Les « comités de défense populaire », nés spontanément à l’occasion, sont toujours dans l’attente d’une explication au sujet de ce qui leur est arrivé. Il est espérer que les autorités civiles et militaires – nationales, provinces et locales – vont se ressaisir pour casser la psychose de la peur en apportant la bonne information aux masses prêtes à verser dans des dérapages.

                                                                                                                                 Kimp.

 

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