Que cacherait Buluwo ?

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 Accusée souvent de ne pas suffisamment investiguer, se documenter, vérifier et croiser les sources, la presse congolaise est toute surprise d’apprendre que deux de ses membres ont des démelés à la fois avec la justice et les services des renseignements, au Katanga pour « atteinte  à la sûreté de l’Etat ». C’est sous ce chef d’inculpation en effet que nos confrères Lambert Tuma, Administrateur Général de la Radio Télévision Alfajiri, et son Rédacteur en Chef,  Chris Lumbu, sont interpellés et détenus au Parquet de Grande Instance de Likasi.

 Les professionnels congolais des médias continuent de s’interroger sur la nature du délit commis par ces journalistes dont le reportage imagé se rapportait à des faits vrais et vérifiés, à savoir l’évasion de 33 détenus de la prison de Buluwo. Jusqu’à preuve du contraire, personne ne nie que des pensionnaires de ce centre pénitencier se sont révoltés et ont attaqué leurs gardiens avec des armes blanches.
 La scène mérite-t-elle d’être filmée et diffusée ? Là est toute la question. On croit savoir que dans l’entendement des autorités politiques, militaires et judiciaires du Katanga, il ne fallait pas porter l’incident de Buluwo à la connaissance du public congolais. Si tel serait le cas, on devrait se demander ce que l’on chercherait à cacher. S’il n’y a rien à cacher aux Congolais et aux citoyens d’autres pays, la diffusion des images de Buluwo ne devrait déranger personne.
 Bien au contraire : le reportage de la TV Alfajiri a permis aux honnêtes citoyens de prendre leurs dispositions face à 33 individus indésirables qui courent dans la nature et qui constituent désormais des dangers publics.

 L’un des dividendes éventuels à tirer des images d’Alfajiri est la possibilité de lancer des avis de recherche avec de larges chances de voir tous ceux qui les avaient suivis traquer et dénoncer les fugitifs. En fait, grâce à Alfajiri, les 33 évadés de Buluwo sont désormais des cibles facilement repérables sur les places publiques.
  Au lieu de rendre la vie dure à Lambert Tuma et Chris Lumbu, en les privant de liberté et en les soumettant à des traitements inhumains, les limiers de la justice et des services des renseignements feraient œuvre utile en dressant, à partir des images d’Alfajiri, des portraits-robots des évadés. Cela aiderait sans aucun doute à organiser leur filature rapide et efficace, partout où ils tenteraient de se cacher. Une chose est sûre : ces inciviques ne peuvent plus montrer le bout de leur nez à Lubumbashi, Likasi, Kolwezi ou une autre ville ou localité du Katanga arrosée par la chaîne Alfajiri.
 C’est dommage que le souci de nos deux confrères d’informer, de donner des matériaux de travail à la justice et aux services spécialisés, et donc de se rendre utiles à la nation, soit très mal interprété à ce stade.
        Kimp.

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