Quatre rébellions pro-rwandaises se sont succédé en RD Congo

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rebellesTout au début du déclenchement de la guerre de l’AFDL, les dirigeants de ce mouvement politico-militaire justifiaient leur lutte par la revendication des congolais d’expression rwandophone de  leur nationalité leur ravie par des extrémistes lors des travaux de la Conférence nationale souveraine. Au fur et à mesure que les troupes rebelles s’enfonçaient à l’intérieur du territoire national, les envoyés spéciaux des médias internationaux ainsi que les activistes des Ong internationales de défense des droits de l’homme sont parvenus à découvrir le pot-aux-roses par la présence des éléments des armées régulières rwandaise et ougandaise dans les rangs de cette rébellion.

Confirmant par-là, les dénonciations faites depuis le déclenchement de cette guerre par les populations locales, les responsables de l’Eglise Catholique ainsi que leurs collègues des églises protestantes, les chefs coutumiers, les leaders politiques locaux, les activistes des Ong locales de défense des droits de l’homme  et les touristes étrangers.

    Prétexte sécuritaire

    Face à ces dénonciations appuyées par des preuves matérielles palpables, le prétexte de la revendication de la nationalité congolaise céda la place à celui de la guerre préventive contre les éléments des FDLR, considérés à tort ou à raison comme les responsables du génocide rwandais de 1994. Kigali et Kampala, toute honte bue, s’activèrent à invoquer le génocide rwandais dans l’espoir

de toucher la corde sensible de la communauté internationale en clamant haut et fort que leurs troupes armées régulières se trouvaient au Congo pour empêcher que ceux qui avaient commis le génocide en 1994 ne se réorganisent pour rééditer leur sale besogne. Pendant douze mois, les troupes régulières rwandaises et ougandaises occupèrent l’ensemble du territoire national sous prétexte de prévenir un autre génocide. Mais quelle ne fut pas la surprise de voir les troupes rwandaises et ougandaises s’affronter à l’arme lourde pendant toute une semaine dans la ville de Kisangani causant plus de dix mille morts parmi les populations civiles non armées sans compter des destructions méchantes et pillages des biens meubles, dont les fonds logés dans les banques commerciales privées, les coopératives financières privées, les usines et les magasins appartenant aux particuliers ainsi que des exécutions sommaires de tous les compatriotes qui avaient osé émettre des protestations. Et la question : ces affrontements avaient éclaté lors de la chasse contre les FDLR ?

            Il sied de rappeler que lors de leur avancée vers Kinshasa, les troupes rwandaises s’étaient adonnées aux massacres des réfugiés hutus rwandais placés dans les camps de Tingi-Tingi, Wendji qui se soldèrent par un bilan macabre : 250.000 réfugiés manquèrent à l’appel selon Mme Eva BONINA, commissaire européenne aux Droits de l’Homme.

            Le Rapport MAPPING qui est revenu dernièrement sur la sellette indique une série des massacres, exécutions sommaires des populations congolaises civiles et non armées à travers les localités, villages, villes avec un bilan des plus macabres : six millions des morts pour soit disant traquer les FDLR.

Après l’échec du coup d’Etat intenté contre L.D. Kabila, Kinshasa procédant à la révocation de l’accord de l’assistance militaire avec Kigali. Les éléments de l’armée rwandaise avec à leur tête le général James Kabarehe pourtant sensés retourner au Rwanda, se réorganisèrent à Goma pour effectuer des raids sur la base militaire de Kitona en vue de reconquérir le pouvoir à Kinshasa. L’expérience se solda par un échec retentissant mais le RCD ainsi créé déclencha la guerre qui va durer cinq ans. Sous prétexte de combattre les FDLR en vue de prévenir

un nouveau génocide. Au lieu de traquer ces FDLR, les troupes rwandaises se livrèrent aux pillages des ressources naturelles, aux massacres des populations civiles non armées, telles les femmes enterrées vivantes à Kasika, déplacements forcés des populations civiles, exécutions sommaires, etc.

            Comme si cela ne suffisait pas, au moment où les congolais se préparaient à adopter la constitution par référendum et aux élections générales de 2006, voilà que des éléments de l’armée régulière rwandaise déguisés en un nouveau mouvement politico-militaire dénommé le CNDP, sous la conduite du général L.Nkundabatware, ancien du FPR et qui avait commandé les troupes rwandaises lors des affrontements contre les ougandais à Kisangani, déclencha une guerre dans le territoire de Masisi. Après avoir été défait à Bukavu. Au lieu de traquer les FDLR, ces éléments se livrèrent aux pillages des ressources naturelles, aux viols massifs, aux massacres des populations civiles non armées, aux déplacements forcés des populations congolaises, aux destructions méchantes, etc. Le plus cocasse, c’est que ces éléments prétendant traquer les FDLR se livrèrent à un trafic des armes et munitions de guerre avec ces éléments accusés d’avoir commis le génocide au Rwanda. Armes et munitions de guerre contre les matières précieuses, tel le coltan, l’or, le bois rare, etc.

Entretemps, Kigali et Kinshasa mirent sur pied, à l’issue des accords secrets, des opérations militaires conjointes pour en finir avec ces FDLR. Pendant trois mois, les éléments des troupes régulières

rwandaises et congolaises ratissèrent les territoires de Masisi et Rutshuru pour traquer les FDLR. Mais hélas ! La situation ne changea point car, quelques temps après, le CNDP fut décapité et avant que l’on ne s’avise à chanter la victoire, des éléments de ce mouvement se muèrent en M23.

            Usant et abusant encore une fois de ce prétexte sempiternel de la traque contre les FDLR, Kigali créa de toutes pièces le M23 qui surprit le monde en s’emparant de la ville de Goma aux yeux et à la barbe des troupes de la MONUSCO. Un mois après, suite aux pressions de

la communauté internationale, le M23 quitta cette ville pour aller occuper le territoire de Rutshuru où il s’adonna aux pillages, massacres, destructions méchantes, trafic illicite des armes, etc.

            Pour autant, il s’avère que quatre mouvements politico-militaires et des opérations militaires conjointes congolo-rwandaises se sont succédé en RDC pour traquer les FDLR. Aucun d’eux n’est jamais parvenu à éradiquer cette rébellion de façon définitive. Soit que toutes ces

opérations procèdent d’un complot ourdi par ceux qui tiennent à maintenir la RDC dans une situation de ni paix ni guerre en vue de poursuivre les pillages des ressources naturelles, soit que l’on a affaire à des épouvantails destinés à perpétuer cet état des choses.

            Curieusement, ces FDLR tout comme les mouvements rebelles ougandais

n’ont jamais perpétré des attaques dans leurs pays d’origine.

Bizarre.

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