Province Orientale : un bac de fortune sauve le trafic automobile Kisangani-Isangi

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 Le jeunes de deux localités voisines, Yasekwe et Bawulo, à 62 km de Kisangani, ont mis au point un bac de fortune pour assurer le trafic automobile vers Isangi. Cette sage décision a été prise depuis que le pont jeté sur la rivière Lituli s’est effondré en juillet 2011. 
Joignant l’utile à l’agréable, ils font payer cette traversée. Les recettes permettent non seulement aux jeunes de refaire leurs énergies et remplacer des planches, mais aussi à financer certains projets  sociaux.
« Depuis que le pont s’est effondré, nous assurons le passage des véhicules, motos et vélos, sans compter les piétons. Avec nos recettes, nous avons déjà construit une école avec toiture en tôles au fond du village. La semaine prochaine, nous commencerons la construction d’un centre de santé pour notre communauté », a indiqué le gérant de cette association, Youssof Batila Tolikungu, interviewé par caritasdev.cd. «Nos collègues de l’autre village ont acheté un groupe à souder et un moulin », a-t-il ajouté.
Malgré ces avantages, les membres de cette association momentanée souhaitent que l’Autorité Publique réhabilite le pont. «En attendant, nous poursuivons notre travail manuel, avec la bénédiction de nos chefs de villages respectifs », a relevé un jeune garçon. 
La traversée d’une moto coûte 1.500 Francs Congolais (environ 1,6 dollars US) ; 500 à 1.000 FC pour les cyclistes (selon qu’ils transportent des bagages ou pas) et 50.000 FC (presque 55$ US) pour les véhicules (voitures et jeeps). Les camions n’y passent pas, car le bac de fortune ne saura pas en supporter le poids. En fait, ce ‘bac’ est monté sur 4 grosses pirogues sur lesquelles des planches sont fixées. D’autres planches servent de passerelles. Une fois l’engin installé, les jeunes tirent le ‘bac’ grâce à une corde y attachée jusqu’à l’autre rivage.
Jean-Trésor Litonga, agent à la Caritas Isangi, se souvient encore des corps inanimés que les services de secours sortaient d’un véhicule au lendemain de l’effondrement de ce pont. Les autorités politico-administratives n’ont toujours pas mis les moyens pour réhabiliter ce pont d’environ 20 mètres de long, sur 6 de large. 
 
Des militaires 
s’y mêlent…
 
Cependant, il y a deux semaines, une délégation du Ministère du Développement rural s’est rendue sur place avec une équipe de l’Office des Routes. La population espère que cette visite débouchera rapidement sur  la réhabilitation de cet ouvrage.
Toutefois, les jeunes assurant cette traversée se plaignent des tracasseries de certains militaires affectés dans les parages. Ces derniers leur demandent 2.500 FC par jour pour leur ration. En plus de cela, ils exigent les recettes de tous les jeudis. « Les jeudis, ces ‘marins’ viennent nous observer travailler et nous exigent parfois plus de la moitié des recettes du jour », a déploré un autre jeune. « Aidez-nous à ce qu’ils quittent ces lieux, conformément à la décision de l’autorité du Territoire… », a-t-il enchainé. Ces recettes peuvent dépasser facilement les 50.000 FC (environ 55$ US), selon le trafic automobile.
 
Guy-Marin Kamandji (Envoyé Spécial)

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