Province du Katanga : Bakata-Katanga et Mai-Mai en fête

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Réputé ventre mou de la République Démocratique du Congo, avec un
record difficile à égaler de 19 ans d’insécurité (1994-2013), le
Nord-Kivu risque de partager, dans les mois à venir, ce triste
palmarès avec le Nord-Katanga, qui ploie sous la pression des groupes
armés depuis les années 2000. En effet, depuis que près de la moitié
de la province était passée sous le contrôle des ex-rebelles du RCD
(Rassemblement Congolais pour la Démocratie), cette partie du pays n’a
plus jamais retrouvé une paix durable.
Les «forces négatives» semblent y naître toujours les jours, à
l’image des champignons. En conséquence, les nébuleuses Mai-Mai ne se
comptent plus, avec en tête de liste la bande à Kyungu Gédéon. Le
dernier-né des groupes armés serait probablement les «Bakata-Katanga»,
qui avaient troublé la quiétude des compatriotes de la ville de
Lubumbashi pendant plusieurs heures au cours d’un week-end du mois de
mars de l’année en cours.
Avec l’arrestation de près d’une cinquante d’assaillants, leurs chefs
compris, et leur transfert à Kinshasa, on a cru que ce mouvement
insurrectionnel était décapité et que toutes les dispositions avaient
été prises pour qu’il cesse de nuire. Mais, quelle n’est pas la
surprise de plus d’un Congolais d’apprendre que les « Bakata-Katanga »
ont encore eu le loisir de frapper à Lwilakalunga, la semaine passée,
dans le territoire de Manono. Selon notre consoeur Radio Okapi, qui
citait l’Ong «Voix des minorités indigènes», ces criminels se sont
permis de brûler vives 13 femmes, dont huit portaient des grossesses.
Et, pas plus tard que le week-end dernier, des inciviques armés ont
attaqué et pillé, sur l’axe Kalemie-Nyunzu, un convoi composé de deux
bus de transport en commun et d’une dizaine de taxi-motos. Les
occupants ont été pris en otage pendant trois heures avant d’être
relâchés. On laisse entendre que c’est le quatrième guet-apens tendu à
de paisibles voyageurs en l’espace de trois semaines.

Une insécurité d’une autre époque

Plus les années passent, et davantage on a l’impression que le
Nord-Katanga est en train d’échapper progressivement au contrôle des
autorités nationales et provinciales. Les seigneurs de guerre et leurs
combattants, dont beaucoup opèrent avec des armes traditionnelles
telles les flèches et les lance-pierres, semblent jouir d’une totale
impunité. Ils sèment la mort, pillent, violent, incendient, mutilent,
terrorisent aussi bien les villages que les centres urbains, sans être
inquiétés par qui que ce soit. Il a fallu que les Bakata-Katanga par
exemple frappent au cœur de Lubumbashi pour être neutralisés, sur le
tard, par les FARDC, dans une atmosphère de flottement des services
sécuritaires qui avait intrigué plus d’un compatriote.
Les Congolais n’oublieront pas de si tôt l’évasion spectaculaire de
Gédéon Kyungu et ses principaux lieutenants de la prison hautement
sécurisée de Buluwo, alors qu’ils avaient été mis aux arrêts en vue de
répondre, devant la justice militaire, de leurs actes de rébellion et
d’incivisme.
Ce qui inquiète le plus dans l’insécurité qui sévit au Nord-Katanga,
c’est le fait que les « forces négatives» s’attaquent indistinctement
aux populations civiles, aux autorités civiles et militaires ainsi
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