Protection des installations nucléaires   : une mission d’audit internationale en décembre à Kinshasa

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Afin de s’assurer que la RDC remplit convenablement ses missions par rapport aux exigences de la convention internationale sur la protection physique des matières et des installations nucléaires, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) prévoit une mission d’audit vers la fin de l’année au sein de quelques institutions du pays. C’est ce qu’a annoncé le Commissaire Général à l’Energie Atomique, le professeur Vincent Lukanda Mwanda, à la clôture d’un atelier sur cette thématique au CEPAS, en fin de semaine dernière. Cet atelier national était axé essentiellement sur la deuxième mission IPPAS en RDC (Service consultatif International sur la protection physique des Installations et matières nucléaires),
chargée de préparer l’audit qui aura lieu en décembre 2017.

On rappelle que l’IPPAS est constitué d’experts de l’AIEA envoyés en RDC pour l’aider à trouver les voies et moyens visant à assurer la protection physique des installations nucléaires. En clair, Vincent Lukanda Mwanda a expliqué que la communauté internationale s’inquiète à l’idée de voir un jour les matières nucléaires servir à des actes de sabotage, de malveillance ou de terrorisme. C’est dans ce cadre qu’elle avait instruit chaque pays d’élaborer son propre système de protection des matières nucléaires pendant leur utilisation, leur entreposage et leur transport, afin de réduire au minimum les risques
de sabotage ou de vol.

C’est grâce aux recommandations formulées lors de la première consultation IPASS en juin 2000 qu’un arsenal juridique de protection des matières et installations nucléaires avait été mis en place. Dans le cadre du respect des engagements internationaux de la RDC, une
antenne avait été ouverte dans une région chaude de l’ex-Katanga.

Celle-ci contrôle toutes les matières nucléaires exploitées, notamment leur teneur en radioactivité.

« C’est déjà un grand pas que nous avons effectué car ça contribue même à la sécurité nationale. Le nucléaire n’a pas  de frontière…Quand il y a un accident nucléaire, ça concerne tout le monde. Voilà pourquoi les institutions internationales telles que l’AIEA s’intéressent à nous », a précisé Vincent Lukanda Mwamba, tout en soulignant que la RDC est une pionnière du nucléaire en Afrique car c’est à Kinshasa qu’avait été implanté, en 1959, le premier réacteur nucléaire africain.

« Notre uranium avait contribué à imposer la paix dans le monde dans
la fabrication de la bombe utilisée à Hiroshima et Nagasaki. Cela veut
dire que la RDC a un passé nucléaire important qu’on ne peut négliger.
Voilà pourquoi le Congo est un acteur important qu’on ne peut pas
éviter sur le plan international ».
Il a confié qu’au début, « les partenaires se méfiaient de la RDC.
Mais c’est grâce aux efforts fournis par le gouvernement que le pays
devient de plus en plus crédible, à telle enseigne que l’AIEA envoie
des inspecteurs pour nous accompagner dans cet effort de protection de
nos installations nucléaires ».

Préparatifs de la mission d’audit
Par ailleurs, le Commissaire Général à l’Energie Atomique a fait
savoir que plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit du
gouvernement pour préparer des éléments utiles à la mission d’audit
attendue au mois de décembre. Concernant le travail effectif de
protection physique des installations nucléaires, il y a également des
engagements à prendre tels que l’achat des matériels et l’aménagement,
pour les inspecteurs, d’un cadre de travail confortable, leur
permettant de travailler en toute indépendance d’autant plus qu’il
s’agit du domaine du secret d’Etat.
Perside DIAWAKU