Propos de Macron sur la crise congolaise : les ambassadeurs de France, du Rwanda et d’Angola convoqués aux Affaires Etrangères

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Kinshasa a très mal digéré la déclaration faite par le président français Emmanuel Macron, en marge de la visité de son homologue rwandais, Paul Kagame, à l’Elisée, le mercredi 23 mai dernier. Pour preuve : les ambassadeurs de France, du Rwanda et d’Angola accrédités en République Démocratique du Congo, ont été convoqués par le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu, le vendredi 25 mai 2018, à son cabinet de travail. Au menu : Kinshasa a collé une demande de clarification et d’explication à ces diplomates représentant de leurs respectifs sur les propos tenus par le président français, afin qu’ils en donnent le vrai contenu.

          Ainsi, le vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères et Intégration Régionale a reçu dans son cabinet, tour à tour, le chargé d’affaires de l’ambassade de France en RDC Christophe Allard, celui de l’ambassade du Rwanda Mugira Amadi, ainsi que le chargé d’affaires de la République d’Angola en RDC Alberto Cabongo Casongo.

          Au centre des entretiens, un seul point : une « demande de clarification et d’explication » de Kinshasa à leurs pays respectifs suite aux propos tenus le 23 mai 2018 à Paris par le Président Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse animée conjointement avec son homologue Paul Kagame du Rwanda, à l’occasion de la visite de ce dernier en France.

          On rappelle qu’au cours de cet échange médiatique, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a affirmé, parlant de la crise congolaise, que la France soutenait l’initiative prise par le président de l’Union Africaine en exercice, Paul Kagame, en lien étroit avec le président d’Angola, Joao Lourenco, au sujet du plan de sortie de cette crise.            Aux Affaires étrangères, on indique que ces propos passeraient bien inaperçus tant la situation de la République Démocratique du Congo est scrutée par de nombreux partenaires au niveau international. Mais, au regard des commentaires divers que cela a suscité aussi bien en RDC qu’ailleurs, Kinshasa ne devait pas rester sans réagir.

          En effet, pour le gouvernement congolais, cette initiative annoncée depuis Paris par le président Macron, en présence de Paul Kagame, et qui serait soutenue par Luanda, est une grande inconnue. Alors que la dernière contrainte institutionnelle vers les élections prévues le 23 décembre 2018 a été levée par la promulgation de la loi portant répartition des sièges par le Président de la République, Joseph Kabila, et que ces avancées majeures sont saluées tant par l’ONU dans le dernier briefing du Conseil de Sécurité sur la RDC par le Sommet de la Double Troika SADC tenue dernièrement en Angola, quelle serait cette nouvelle initiative parrainée par Paris de l’axe Kigali-Luanda ? s’interroge Kinshasa.

          C’est à cette question que devraient répondre les ambassadeurs convoqués le vendredi 25 mai 2018 par le chef de la diplomatie congolaise Léonard She Okitundu, après consultations bien évidemment de leurs gouvernements respectifs.

          Ainsi, par ce message diplomatique, Kinshasa réaffirme sa détermination à ne jamais transiger sur sa souveraineté et tient à rappeler aux partenaires internationaux le respect du sacro-saint principe du droit international fondé sur l’égalité souveraine et la non-ingérence dans les affaires internes des Etats.

          Pour rappel, c’est conformément à cette considération liée au principe de souveraineté et de dignité que la RDC a opté pour un financement sur fonds propres de son processus électoral à l’instar de la grande majorité des pays du monde.

Dom