La prolongation du délai de validité des passeports semi-biométriques : une arnaque

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L’affaire des passeports semi-biométrique continue à agiter l’opinion
tant nationale qu’internationale. Après avoir traversé océans, mers,
fleuves, monts et vallées, elle a fini par provoquer une sorte de
crise politique au niveau de la chambre basse avec la sortie bruyante
et inattendue des députés dits de l’opposition de la salle des
Congrès. Les deux motions de censure ou de défiance soulevées à charge
des deux membres du gouvernement ne constituent que la face cachée de
la colère, du désespoir, du dégoût que ne cessent de ressentir des
millions des Congolais devant ce qui apparait comme un arnaque et
pourquoi pas une tentative d’escroquerie montée par certains milieux
sociopolitiques apparentés au régime au pouvoir.

Les députés, toutes tendances confondues, avaient conseillé au
gouvernement de laisser les deux passeports circuler concomitamment,
car il y a encore des Etats où circulent encore des passeports
semi-biométriques, notamment en France. D’ailleurs, à ce sujet, les
services de l’Union Européenne avaient attiré l’attention du ministère
des Affaires Etrangères sur le fait que les passeports
semi-biométriques congolais sont toujours valables autant sur le plan
technique que diplomatique.
En se permettant de prolonger le délai de validité jusqu’au mois de
janvier de l’année prochaine, le ministre des Affaires étrangères a
énervé davantage l’opinion. Car, il est reconnu à travers le monde que
pour obtenir un visa, un passeport doit présenter un délai de validité
de plus de six mois. Autrement dit, à ce jour, tous les passeports
semi-biométrique ne seront plus acceptés dans les différentes
ambassades pour obtenir un visa de quelque nature que ce soit.
N’est-on pas en train de favoriser un marché pour des milieux
maffieux. En cinq ans, en RDC, l’on a changé de passeport plus de
trois fois de suite et toujours au détriment des usagers sans que le
gouvernement ne lève son doigt pour protéger les intérêts des millions
des Congolais. L’on espère que la position du gouvernement devrait
réveiller les patriotes pour condamner avec force cette arnaque du
siècle qui se déroule en plein jour.

La voix de la sagesse
du parlement

Pourquoi n’a-t-il pas tenu compte des réactions des députés, toutes
tendances confondues, qui lui ont proposé de rapporter son communiqué.
Etant donné que celui-ci péchait par une violation grave des prescrits
de la constitution et de tous les instruments juridiques
internationaux en matières d’octroi des visas. En outre, le
gouvernement ne statue que par arrêtés ministériels et jamais par un
communiqué, du reste, signé par un vice-ministre, surtout en ce qui
concerne un document officiel engageant l’Etat vis-à-vis des autres
puissances du monde.
Un autre élément qui démontre le caractère léger et mensonger de la
position du ministre She Okitundu se retrouve dans le prix fixé. Comme
les recettes de la vente du passeport devront être reversées au trésor
public, le prix aurait dû être débattu en conseil des ministres à
l’issue d’un examen approfondi déposé par l’une ou l’autre régie
financière, la question qui se pose est de savoir sur la base de quels
éléments objectifs le ministre des Affaires Etrangères s’est-il permis
de fixer à 100 Dollars Us le prix d’achat du passeport biométrique
pour les détenteurs du passeport semi-biométrique ?

Arnaque du siècle

Ce prix du passeport biométrique à 100 dollars Us est fantaisiste.
Car, primo, pour se procurer le passeport semi-biométrique, il fallait
dépenser au minimum la somme de 250 à 300 dollars Us pour toutes les
démarches auprès des services compétents, notamment l’ANR, le
ministère des affaires étrangères et autres.
Un autre élément qui démontre l’arnaque du siècle, c’est le fait
qu’après avoir bénéficié depuis 2015 de tous les avantages de ce
document et dont le délai de validité avait été fixé à cinq ans, ils
sont contraints de dépenser encore de l’argent alors que le délai
convenu n’a pas encore été dépassé. A-t-on tenu compte du principe
sacro-saint de droit commun des avantages acquis ?
F.M.