Les projets PARRSA et PDPC face aux organisations de la société civile

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181Dans le cadre de la poursuites des activités de ce mois de novembre dédié à l’engagement de la Banque Mondiale dans la relance du secteur agricole congolais, engagement chiffré à 455 millions d’USD depuis 2010, le PARRSA et le PDPC se sont retrouvés, hier mardi 23 novembre 2016, face aux Organisations de la société civile congolaise œuvrant dans ce secteur. C’était à l’occasion de la journée porte-ouverte
organisée au siège du PDPC, dans la commune de Gombe, en l’honneur de ces structures de la société civile du secteur de l’agriculture, où le chef des projets à la BM, Amadou Oumar Ba et le coordonnateur du Projet d’Appui à la Réhabilitation et à la Relance du Secteur Agricole, Alfred Kibangula ainsi que le représentant de celui du
Projet de Développement du Pôle de Croissance Ouest, Alphonse Ntoto M’Vubu, ont présenté leurs activités. Après leurs exposés, les intervenants ont eu des francs échanges avec les membres des structures des paysans agricoles entre autre FEPPAKIN (Fédération des Paysans Producteurs Agricole de Kinshasa), CRPM (Comité des
Riziculteurs du Pool Malebo de Kinshasa), Jeunesse Verte, etc.

Face à ce public bien averti dans ce secteur, Amadou Oumar Ba commencé par rappeler à l’intention de leurs invités, les défis auxquels la République Démocratique du Congo fait face dans son secteur de l’agriculture. Des défis considérables à relever pour le pays, dont les dépenses annuelles dans l’importation alimentaire est estimé entre 1.5 à 2 milliards d’USD. Le chef des projets à la BM a noté à cet effet également le grand recul enregistré par la RDC ces dernières années, avec la chute drastique  et la détérioration considérable dans le secteur agricole, des cultures telles que le palmier à huile, le
caoutchouc, etc. pour lesquelles la RDC était comptée autrefois parmi les pays phares.

Au regard de ces importants défis, la Banque Mondiale, a-t-il indiqué, a depuis 2006, mis en exergue la place qu’occupe le secteur agricole dans le pays, en apportant son appui au gouvernement à travers son investissement de 455 millions d’USD depuis 2010. Un investissement qui a commencé avec la mise en œuvre du PARRSA en 2010,
dans la partie Nord de la RDC, avec les provinces cibles du Nord-Ubangi, Sud-Ubangi et Mongala. A cet effet, Amadou Oumar Ba a expliqué que compte tenu des résultats encourageants des actions menées sur terrain, le Projet PARRSA a été éligible à un financement additionnel de 75 millions d’USD pour une durée de 3 ans. Il a noté dans l’ensemble à l’intention de ses interlocuteurs, des résultats satisfaisants et la pertinence du fil back des activités de ces deux projets (PARRSA et PDPC), faisant partie des 4 projets mis en œuvre par la Banque Mondiale sur toute l’étendue de la République.

Le PARRSA satisfait des échanges

Faisant la présentation du Projet PARRSA, Alferd Kibangula s’est félicité de ces échanges fructueux avec la société civile, grâce à laquelle, a-t-il noté, le projet arrive à rectifier le tir pour des résultats plus probants. Partant de l’objectif poursuivi par le projet
PARRSA, à savoir augmenter la productivité et la commercialisation de la production agricole et animale des petits producteurs à la base dans les zones ciblées, Alfred Kibangula a présenté ensuite les principales réalisations entreprises dans la matérialisation du projet suivant ses deux composantes. Des réalisations ayant touché à ce jour environ 106.922 ménages, soit au-delà des 103.000 ménages visés au départ. Il s’agit entre autres de la revitalisation de la filière semencière ayant permis d’accroitre le rendement des productions végétales avec notamment le riz (rendement moyen total des ménages agricoles 1,66t/ha contre 2t/ha, le mais, 1,75t/ha contre 2t/ha prévu
comme cible, l’arachide entre 1t et 1,4t/ha contre une valeur référentielle de 0,7t/ha, le manioc, autour de 19t/ha). Les actions du PARRSA sur le terrain ont également conduit à la création locale des richesses avec la mise sur pied des caisses villageoises autogérées tout en contribuant à la réduction de la pauvreté et à la sécurité
alimentaire.

Dans sa sous-composante «amélioration de la production animale», le
PARRSA, comme l’a indiqué son coordonnateur, a réussi l’introduction
de 1800 coqs et 900 géniteurs mâles contre 1600 coqs et 450 géniteurs
mâles visés au départ. Afred Kibangula s’est dit également satisfait
des résultats obtenus dans cette filière où la demande est plus forte
au regard des résultats. A ce niveau, le coordonnateur du PARRSA a été
questionné sur la non prise en compte du porc, qui en terme de
rendement, est plus bénéfique avec notamment sa mise bas en grand
nombre de truies, contrairement à la chèvre qui n’en donne que deux. A
cette question, Alfred Kibangula a expliqué le choix porté sur les
deux animaux (chèvre et poules) du fait qu’on en trouvait beaucoup
dans la région la demande étant forte. Mais il a promis par ailleurs
de s’y intéresser dans la mesure du possible.
Les membres des organisations de la société civile du secteur de
l’agriculture se sont dits satisfaits des échanges. Catherine Tshoba,
présidente de la coordination de contrôle de la FPPAFIN, s’est réjoui
de l’intérêt porté sur la société civile des agriculteurs par la BM,
un des grands acteurs de la lutte contre la pauvreté familiale.

Un schéma pour la pérennisation des acquis des projets

Préoccupés par la survie ou la pérennisation des acquis du projet
après leurs départ, Amadou Oumar Ba a rassuré ses interlocuteurs d’une
élaboration d’un schéma qu’il sera question de mettre en œuvre, en
collaboration avec le gouvernement congolais afin d’assurer  transfert
des moyens et connaissances à la fin des projets.

Myriam Iragi