Projet d’Infrastructures sous-régionales et continentales ABIDJAN-LAGOS : DU CORRIDOR DE TRANSPORT AU CORRIDOR DE DÉVELOPPEMENT

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Des journalistes africains se sont retrouvés en décembre dernier à Abidjan pour évaluer le réseau Pida (Programme d’Infrastructures pour le Développement de l’Afrique) mis en place en 2015. L’objectif fixé par les organisateurs de la rencontre était de déceler les forces ainsi que les faiblesses ayant caractérisé le fonctionnement du réseau depuis le démarrage de ses activités, d’échanger autour des possibilités de mise en place d’un plan d’action par rapport à l’année 2018, de discuter autour des autres sous-thèmes liés notamment à la formation, au bon usage des réseaux sociaux  ainsi qu’à la pratique du journalisme mobile comme moyen de communication.

Organisée dans la salle des conférences du siège social de la Banque Africaine de Développement à Abidjan, la session de formation  de « Pida journalists network workshop », s’est déroulée pendant trois jours sous la conduite de Sophian Nesri, chargée de communication au département des Infrastructures au niveau de la CUA et nouvelle coordonnatrice du réseau Pida ainsi que de son collègue Yakoubo.

Pendant leur séjour en Côte d’Ivoire, les délégués ont effectué un déplacement  à Grand Bassam,  une localité  située à plus d’une centaine de kilomètres de la capitale ivoirienne, précisément au niveau du corridor Abidjan-Lagos, une autoroute construite dans le cadre des projets financés par le Pida, en vue de l’intégration sous-régionale de 5 pays : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Niger.

Cet ouvrage, à en croire le facilitateur  de la session Labban Cliff  Onserio  de « Nation Media  Group for Africain media », est d’une très grande utilité. Il s’inscrit parmi les  projets phare du Programme d’Infrastructures pour le Développement de l’Afrique (PIDA).
Dans un rapide rappel historique, M.Laban Cliff a signalé que le Pida  est une initiative des Chefs d’Etat africains qui l’ont approuvée en 2012, lors du 18 ème sommet de l’Union Africaine tenu dans la capitale éthiopienne. Il a pour vocation de s’étendre jusqu’en 2040 et compte  51 projets dont le coût global est estimé à près de 68 milliards de dollars.
Parlant de l’importance du corridor Abidjan-Lagos, M.Labban  Cleff a mis un accent particulier sur le fait qu’il facilite la réduction des coûts et permet d’accroitre les bénéfices à travers les échanges commerciaux. Cette réalisation a déjà permis la réhabilitation du poste de contrôle douanier  situé à 12 km d’Abidjan et l’aménagement de plusieurs cités, entre autres la cité de la Réconciliation située à 8 km d’Abidjan, la cité EDEN, l’Aménagement du front de mer Abidjan en passant  par le Lycée Moderne Port-Bouët, etc. A noter que le programme Pida est conjointement exécuté par l’Union Africaine, la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).
Reprenant la parole, Sophian Nesri a insisté sur l’aspect développement du continent des projets initiés par PIDA et a lancé un appel solennel aux journalistes pour qu’ils soutiennent les efforts entrepris et pour qu’ils manifestent davantage d’engagement en faveur des projets Pida au cours des années à venir. Avant d’ajouter qu’à ce jour, l’exécution de ce corridor  est  réalisée sous la direction  de la CEDEAO, grâce aux  investissements physiques réalisés dans les différents pays de cette sous-région.

 

Transformer le corridor de transport en un corridor de développement régional

 

La réalisation de cette autoroute, d’une longueur totale de 42,7 km, est la première partie de l’axe devant relier Abidjan à Lagos. Ledit projet a fait l’objet de multiples interventions de plusieurs parties prenantes et bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale qui a libéré un financement en deux phases. La première phase de l’ordre de 228 millions de dollars, couvre le Ghana, le Togo et le Bénin tandis que la deuxième phase, estimée à 89,5millions de dollars, couvrira la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Dans l’ensemble, le projet comporte cinq composantes représentant la facilitation des échanges commerciaux, l’amélioration des infrastructures routières, la gestion et la coordination du projet, les programmes de  lutte contre le VIH/sida, ainsi que le suivi de la performance du corridor.

Pour être précis, s’agissant du financement du corridor, il y a lieu de signaler que la Banque Africaine de Développement, l’Union Européenne, GIZ et JICA, ainsi que la CEDEAO ont déjà libéré leurs parts respectives qui serviront à relier également des ports maritimes. Le corridor constitue l’un des principaux axes économiques de l’Afrique de l’Ouest, drainant plus de 75 % des activités économiques de l’espace CEDEAO. Avec une population totale de plus de 35 millions d’habitants, ces villes sont considérées, du point de vue économique,  comme les plus dynamiques de l’Afrique de l’Ouest. Les bénéfices qui seront enregistrés dans le cadre de ce corridor ainsi que pour les autres projets seront profitables autant  aux populations  que les Etats concernés. Parmi les avantages à épingler, on peut citer l’accélération de l’intégration et l’accroissement des échanges commerciaux au niveau régional, la réduction des obstacles au commerce et au transport dans les ports et sur les routes le long du corridor, la mise en œuvre du principe du protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et de leurs biens,  un passage aux frontières plus rapide et la réduction du coût des échanges commerciaux. Cette réduction passe nécessairement par celle du coût du transport qui représente, selon les statistiques, environ 70 % des charges. Tout ceci vise à soutenir le développement économique et contribuer à la réduction de la pauvreté.

Melba Muzola de retour d’Abidjan