Processus électoral : la territoriale multiplie les mauvais signaux

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Les territoires de Mweka et de Luebo, au Kasaï Occidental, vivent sous haute tension depuis quelques jours. Celle-ci s’est accrue le week-end dernier avec la répression brutale des réunions des cadres et combattants des antennes locales de l’UDPS, par des éléments des services spéciaux, soutenus activement par des membres appartenant à un parti au pouvoir. Au moment où nous couchons ces lignes, les présidents fédéraux de l’UDPS à Mweka et Luebo se trouvent en état d’arrestation.

A en croire des sources indépendantes, ces réunions de routine, organisées dans des espaces clos bien connus, n’exigeaient ni information, ni autorisation préalable des autorités locales.On rappelle qu’il y a deux semaines, une dame membre de l’UDPS avait été tuée dans un centre d’inscription de la CENI, à Mweka, sans motif plausible.

Les observateurs notent que depuis que le président national de ce parti, Etienne Tshisekedi, a confirmé sa candidature à la magistrature suprême, à l’issue du 1er Congrès ordinaire de l’UDPS (10-14 décembre 2010), ses représentants et combattants dans l’arrière-pays, sont l’objet d’un harcèlement systématique de la part des responsables de la territoriale.

 Alors que les partis politiques proches de la Majorité Présidentielle ainsi que ceux de l’opposition dont les animateurs siègent dans les institutions de la République ont tout le loisir de mobiliser leurs « bases » et de battre campagne avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, toute activité politique est interdite aux formations politiques de l’opposition extraconstitutionnelle. Même le fait d’appeler la population à se faire enrôler pose problème.

Il convient de rappeler, dans le même registre, que les cadres et militants de l’Union pour la Nation (UN), de Vital Kamerhe, sont placés dans l’impossibilité d’organiser des activités politiques au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Maniema. Arrestations et détentions arbitraires, répressions violentes, menaces verbales et autres actes d’intimidation font partie du vécu quotidien des cadres et militants de ce parti.

On se souvient qu’au début de l’année, Eugène Diomi Ndongala de la Démocratie Chrétienne (DC) avait été victime d’une cabale à Moanda, où il séjournait dans le cadre des contacts avec sa « base ». Accusé faussement d’outrages et de voies de fait sur deux fonctionnaires, il avait été condamné à 5 mois de prison avant d’être acquitté, en appel, suite à une forte pression de l’opinion publique.
A Kinshasa, la recette en cours pour empêcher les leaders et partis politiques de l’opposition de s’exprimer consiste à leur refuser la location des salles et lieux publics.

Elections libres, transparentes et démocratiques ?

Au vu du verrouillage systématique de l’espace politique par les responsables et agents de la territoriale, des questions se posent quant à la garantie d’avoir, en République Démocratique du Congo, des élections réellement libres, transparentes et démocratiques. Le décor planté non seulement à Mweka et Luebo, mais aussi dans pratiquement toutes les contrées de la République, ne pousse pas à croire à la libération effective de l’espace politique congolais.
Tout se passe comme si l’engagement de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) à piloter un processus électoral transparent et apaisé n’était qu’une vue de l’esprit. Les actes que l’on enregistre sur le terrain semblent confirmer, chaque jour, les craintes des partenaires extérieurs de la RDC de voir ce pays connaître des contestations post-électorales à l’ivoirienne, avec tous les risques de retomber dans la situation de guerre d’avant 2003. La territoriale, réputée neutre et apolitique, semble avoir choisi le parti d’énerver le processus électoral.

Kimp

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