Processus électoral congolais : Nangaa trop gourmand ?

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

La demande de la révision à la hausse du budget prévu pour les élections générales en RDC formulée par l’actuel président de la CENI a fait l’effet d’une bombe dans les milieux sociopolitiques. Même si cette démarche fait partie des prérogatives de la CENI, il ne demeure pas moins vrai qu’elle arrive à un moment fort délicat. Primo : les négociations entreprises par la CENCO pour rapprocher les vues entre les deux principales familles politiques protagonistes semblent avancer à pas de géant, à moins que l’une des parties ne provoque un incident fortuit pour faire trainer les choses. Ensuite, la démarche de Nangaa ressemble à une course contre la montre à la suite des
dénonciations révélées récemment par l’un des groupes internationaux spécialisés dans les opérations pré-électorales qui avaient accusé la partie congolaise de vouloir se réfugier derrière des motivations politiciennes pour faire tirer les choses en longueur. En affirmant la main sur le cœur que les opérations d’enregistrement des électeurs ne
pouvaient pas dépasser plus de trois mois au cas où elles se déroulaient simultanément sur toute l’étendue du territoire national.

A ce stade des débats, la question est de savoir pourquoi Nangaa a attendu si longtemps pour réclamer une révision à la hausse de ce budget. Et juste au moment où les pressions politiques provenant de toutes les puissances de ce monde ne cessent de pleuvoir sur Kinshasa.

Par ailleurs, le chiffre avancé par le président de la CENI représente au moins 45 % du budget national qui se chiffre à 5,8 milliards des dollars Us pour 2017 selon les prévisions du gouvernement démissionnaire. Comment peut-il demander un tel montant
en connaissant bien les limites du budget national en cours ? Où va-t-il trouver des fonds additionnels alors que toutes les capitales occidentales tiennent à ce que les élections principales, à savoir la présidentielle et les législatives, se tiennnent inévitablement en 2017. Autrement dit, le calendrier qu’il avait confectionné lors des
travaux du dialogue national du Camp Tshatshi appartient à l’histoire.

De nombreux observateurs sont d’avis que  Nangaa est très conscient de sa démarche qui ne serait pas loin d’un autre goulot d’étranglement pour obtenir une autre rallonge de la période de transition en faveur de la famille politique du Chef de l’Etat. «On récupère de la main gauche ce que l’on croit avoir perdu de la main droite», s’est exclamé un habitué de la faune et de la flore politique congolaise. Il y a peu, le même Nangaa avait déclaré la main sur le cœur qu’il pouvait organiser en 2017 les élections générales en RDC si le gouvernement mettait à sa disposition des moyens conséquents.
F.M.