Processus électoral 2015-2016 : UDPS, UNC, MLC déjà en ordre de bataille… la MP sans voix

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CONGO-OPPOSITIONEn marge de la bataille pour le respect de la Constitution, de la Loi électorale et de la fin constitutionnelle du second mandat du Chef de l’Etat, plusieurs partis de l’Opposition battent le rappel de leurs troupes en vue d’obtenir l’alternance au pouvoir à l’issue de prochaines élections locales, municipales, urbaines, législatives provinciales, sénatoriales, législatives nationales et présidentielle. A l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), à l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) et au MLC (Mouvement de Libération du Congo), l’heure aux appels à l’unité d’action, à la réconciliation, à la discipline de groupe, voire au pardon, afin de maximiser les chances d’un changement de gouvernance de la base au sommet de l’Etat.

Bien qu’absent du pays depuis le mois d’août 2014 et en séjour à Bruxelles pour des raisons de santé, Etienne Tshisekedi n’en finit pas de mobiliser ses troupes à travers des messages de réarmement moral que relayent ses collaborateurs restés au pays. Le dernier mot d’ordre en date est celui qu’il avait lancé lors des « Trois glorieuses » ayant consacré le rejet, par les masses congolaises, de toute révision de la Constitution et de la Loi électorale, soubassement subtil du glissement du calendrier électoral et du mandat présidentiel finissant.

A l’occasion, le chef de file naturel de l’Opposition congolaise avait exhorté le peuple congolais à la résistance contre toute velléité de sabordage de sa démocratie en construction et de retour à la dictature. Il avait insisté sur l’impératif de tenir bon car la victoire des forces du changement était toute proche.

Pas plus tard qu’il y a 48 heures, un des membres cofondateurs de l’UDPS, parlant sous le contrôle du président du parti, a lui aussi lancé un appel à la cohésion et la mise en commun des énergies en vue de porter les candidats du parti vers des victoires sans bavures, à tous les niveaux, à travers les urnes.

A l’Union pour la Nation Congolaise, Vital Kamerhe fait désormais figure de héros, pour avoir été, en synergie avec ses pairs de l’Opposition, au cœur de la contestation populaire contre l’alinéa 3 de l’article 8 de la Loi électorale, porteur des germes de modification de la Constitution et de prolongation du mandat présidentiel au-delà du 19 décembre 2016. A l’UNC, on a fait de cette date une fixation pour la retraite politique du Président de la République en fonctions et son remplacement par un nouveau Chef de l’Etat, à sortir des urnes dans les délais constitutionnels.

La mobilisation générale des cadres et militants de ce parti se fait sous le parfum des visées du précité pour la magistrature suprême du pays. Vital Kamerhe se croit investi de la mission d’assumer la succession de Joseph Kabila, par des voies démocratiques. D’où sa détermination à capitaliser au maximum le désaveu, par le souverain primaire, des animateurs actuels des institutions de la République, exprimé lors des journées folles du 19 au 21 janvier 2015.

Aussi son dossier judiciaire ayant pour plaignante Wivine Moleka, avec laquelle il avait trouvé un compromis il y a deux ans, est perçu comme un règlement des comptes politiques. En conséquence, des marches de soutien en sa faveur commencent à être enregistrées à travers le pays, dont la première hier dans la ville de Bukavu. En clair, cadres et militants de l’UNC s’opposent à la « mort politique » de leur champion.

Au MLC, Eve Bazaiba, la nouvelle Secrétaire générale, avait démarré son mandat par une invitation des cadres et militants à l’union. Un appel du pied avait même été fait aux cadres ayant quitté le bateau à la suite des coups bas. Bien que le chef de ce parti, Jean-Pierre Bemba, se trouve privé de liberté depuis presque huit ans dans sa cellule de la CPI (Cour Pénale Internationale) à La Haye, celle qui assume désormais son leadership s’est signalée, lors des événements du 19 au 23 janvier 2015, par un message de soutien au peuple congolais pour avoir fait échec à la tentative du pouvoir en place de vouloir charcuter la Loi électorale.

Au MLC, l’on continue de croire que le « Chairman » pourrait recouvrer sa liberté avant 2016 et conduire en personne ses « troupes » à la compétition électorale. A l’Opposition, l’on attend plus qu’une chose : un calendrier électoral global.

La MP sans voix…

Depuis la reculade de l’Assemblée Nationale, où elle est numériquement majoritaire, face au rouleau compresseur du souverain primaire dans le choc frontal de l’alinéa 3 de l’article 8 de la Loi électorale, la famille politique du Chef de l’Etat parait sans voix. Pourtant, elle sait aussi bien que toute la communauté nationale que le véritable enjeu de cette disposition était l’assujettissement du processus électoral au recensement et à l’identification de la population, synonyme de la prolongation automatique du mandat de son « Autorité morale ».

Depuis lors, tous ses cadres qui paraissaient très chauds pour la bataille des urnes, à tous les niveaux, sont devenus aphones. Le front du refus de la modification de la Constitution et du maintien du Chef de l’Etat à son poste au-delà de 2016 semble plus actif que celui des « Faucons » qui préconisaient la « continuité » avec lui. Il n’est plus question ni d’opérer un passage en force par la Constitution ou la Loi électorale, ni par un référendum constitutionnel.

Tout se passe désormais comme si le débat autour de la succession de Joseph Kabila est interdit. Pourtant, l’opinion a soif de connaître les intentions de vote des sociétaires de la Majorité Présidentielle au sujet de la magistrature suprême du pays. Va-t-elle s’inscrire dans la droite ligne de la volonté populaire exprimée lors des journées du 19 au 23 janvier 2015 ou réfléchit-elle à une autre option de prolongation de la mandature en cours ? Une clarification urgente des ambitions politiques de ses affiliés s’impose, car 2016 n’est plus loin.
Kimp