Processus électoral 2011-2013 : 22.736.506 d’électeurs déjà enrôlés

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Après sa tournée Afro-euro-américaine, le président de la Commission électorale nationale, Ngoy Mulunda a procédé samedi, 4 juin 2011 à la restitution de son périple à tous les partenaires de la Ceni tant nationaux qu’internationaux concernés par l’organisation des élections, autour d’un dîner organisé à l’Hôtel Sultani de la Gombe.  Outre le récit de ses entretiens à l’étranger, le président de la Ceni a également profité de la soirée pour faire le point sur l’évolution de la révision du fichier électoral  ainsi que les préparatifs de prochaines échéances électorales.

Donnant les raisons de son voyage dans les capitales occidentales (Paris-Bruxelles-Washington) et à Johannesburg en Afrique du sud, Ngoy Mulunda a fait savoir qu’après la publication du calendrier électoral et les nombreuses questions  posées par les partenaires qui ont soutenu les élections de 2006, il était tout à fait normal que son institution qui organise les élections  donne de plus amples explications à ceux-ci, cela   afin d’apaiser leurs craintes et dissiper d’éventuels malentendus. Ainsi, pour ce périple, Daniel Ngoy Mulunda et son vice-président, le professeur  Djoli, se sont partagés les taches, le premier est parti pour les Usa tandis que le second a été l’envoyé de la Ceni auprès des autorités française.

Elections, oui mais….

Sur invitation du député français, Noël Mamère, le professeur Djoli a dit qu’il s’agissait pour lui d’expliquer aux autorités françaises ainsi qu’à de nombreuses Ong (Crisis group et d’autres)  qui avaient émis de  sérieuses réserves quant à la tenue des élections le processus qui a conduit à l’élaboration de ce  calendrier  et le respect de la constitution en fonction de contraintes. Tout en reconnaissant  avoir trouvé une oreille attentive et de la compréhension  de la part de ses interlocuteurs, le Vice-président de la Ceni a reconnu n’avoir pas toujours  eu la tache facile avec son auditoire. Surtout de la part de la diaspora congolaise qui n’a pas toutes les informations en matière électorale, a-t-il déclaré.   Cette compréhension, a-t-il ajouté, est placée sous une forte surveillance  par nos partenaires et la diaspora qui veulent des élections justes, transparentes, crédibles et libres pour tous les citoyens congolais.

Au Usa, Ngoy Mulunda a indiqué avoir conseillé à tous ses interlocuteurs d’éviter un jugement hâtif sur le processus en cours  et a affirmé sa ferme détermination, selon le mandat de la Ceni, d’organiser les élections dans le délai pour consolider le cycle électoral en Rd Congo. Cette volonté,  c’est aussi un exercice pédagogique  pour habituer le peuple congolais au jeu démocratique à travers les urnes afin d’éviter au pays de  retomber dans des cycles de négociations politiques entre les acteurs politiques pour le partage du pouvoir du genre Sun City. Malgré ses hésitations,  le département d’Etat américain a néanmoins  réaffirmé sa participation  au processus électoral à travers un fonds de 11 millions des dollars pour financer  le Centre Carter et Ifes qui travaillent  dans la sensibilisation  électorale et la formation des observateurs.

Comme gage d’assurance pour des élections crédibles,  la Ceni va lancer dans les prochains jours  des invitations à tous les observateurs à se faire connaitre. C’est une manière, a-t-il avoué, de monter à tout le monde  l’engagement de la Ceni d’organiser des élections crédibles et transparentes. En forme de boutade, Ngoy Mulunda a lancé à tous ceux  qui hésitent  encore que le train des élections à belle et bien  quitté  la gare de départ et qu’il va bientôt entrer dans la gare d’arrivée.

22.736.506  enrolés  à ce jour

C’est le chiffre d’enrolés donné par Daniel Ngoy Mulunda pour l’ensemble de la République jusque samedi soir. Cela représente 72% des projections faites pas son institution. Ainsi,  pour ce mois qui reste, la Ceni espère atteindre 31.000.003 d’enrôlés à la fin des opérations. Car ne pas dépasser ce corps électoral, a fait savoir Daniel Ngoy Mulunda,  serait un échec par rapport aux 25 millions d’électeurs de 2006. Cependant, les statistiques varient selon les provinces, cela   malgré les incohérences et les aléas techniques que la Ceni compte corriger dans un bref délai. Au Bas-Congo et dans d’autres provinces, des cas de doublons de plusieurs formes,  de fraude d’identité  et des omis ont été relevés, Daniel Ngoy Mulunda a indiqué que  son institution s’attele a résoudre tous ces problèmes pour nettoyer une fois pour toutes le fichier électoral. Pour les omis en particulier, les listes seront affichées dès le début de cette semaine dans les différents centres, ce,  a-t-il ajouté, pour   permettre à quiconque de vérifier son nom et ainsi permettre à la Ceni d’y apporter le correctif nécessaire. De manière ferme, Ngoy Mulunda a mis tout le monde en garde et a affirmé haut et fort que son institution ne reprendra pas l’enrôlement dans de provinces où les opérations ont déjà été clôturées.

Voici comment se présentent  le  chiffre d’enrôlés  province par province à un mois de la clôture des opérations de révision du fichier électoral dans sept provinces.
Kinshasa : 1.334.131, soit 37% ; Bas-Congo : 1.502.239, soit 122% ; Bandundu : 2.262.234, soit 64% ; Equateur : 2.601.720, soit 73% ; Province Orientale : 2.584.671, soit 96% ; Nord-Kivu : 1.357.447, soit 70% ; Sud-Kivu : 1.343.931, soit 67% ; Maniema : 874.809, soit 115% ; Katanga : 3.948.363, soit 93% ; Kasai-Oriental : 2.437.108, soit 83% ainsi que le Kasaï-Occidental : 2.292.491, soit 93%.  
Par ailleurs, malgré  cette atmosphère détendue et conviviale autour d’un repas, et  loin d’être passifs,  nombreux ont été les invités qui ont tenu à obtenir de plus amples informations à l’issue d’un échange de questions- réponses avec le président de la Ceni.

Elias Mulungula (Vice-ministre honoraire) : Tout est beau à vous entendre, je suis pessimiste quant à l’organisation des élections cette année. Avez-vous consulté les rapports  de Icg du mois de mai ou encore Crisis group  qui émettent  de sérieuses doutes sur l’organisation des  élections en Rd Congo ? Et à combien s’élève le budget pour l’ensemble des élections?

Daniel Ngoy Mulunda : la véracité de ces rapports pose problème. Car, dans ce processus, nous ne travaillons pas seuls, nous travaillons depuis le début en binôme avec le Pnud et la Monusco. Le mieux à faire si vous doutez  de notre travail,  c’est de comparer les différents  rapports aux nôtres. Je vous demande de nous faire confiance,  puisque c’est nous qui sommes à la cuisine. Ecoutez-nous. Pour le budget en trois tranches, la première qui concerne la révision du fichier électoral a été financée par le gouvernement de la Rd Congo et il est exécuté à 90%. Dès cette semaine, nous encore nous allons avec nos partenaires pour actionner la deuxième phase.

Célestin Mbuyu (Ministre des hydrocarbures) : vous annoncez la fin des opérations le 6 juin pour les provinces du Katanga et du Kasaï, alors que dans le Haut Lomami,  il y a des pans de villages qui ne  se sont pas encore enrôlés, qu’allez vous faire ? 

Ngoy Mulunda : notre direction des opérations connait tous les centres qui ont connu de difficultés, nous laissons la direction technique étudier cas par cas. Cependant, donner un mois à une province, c’est exclu. J’ai un calendrier à respecter.

Chantal Kanyimbo (journaliste): N’avez-vous pas cédé à la pression de politiques pour organiser les élections pour échapper au tsunami politique annoncé ?

Ngoy Mulunda : nous sommes otage de la constitution. Nous ne sommes pas sous pression de quiconque.

A.Vungbo  

 

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