Processus électoral 2010-2013 : Malumalu a oublié l’essentiel !

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La Commission Electorale Indépendante (CEI) a surpris plus d’un Congolais en fixant les échéances électorales devant marquer la fin de la législature en cours. A la lumière du chronogramme du processus électoral étalé sur presque trois ans (2010-2013), l’attention des observateurs se focalise sur une date : 27 novembre 2011. Et, ce n’est pas sans raison. Cette date est celle annoncée par la CEI pour l’organisation du 1er tour de l’élection présidentielle.

            Or, selon la Constitution et la loi électorale du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, et en son article 102, «  le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoqué par la Commission Electorale Indépendante, quatre-vingt-dix jours au moins avant l’expiration du mandat du Président en exercice ». 

            Tout le monde peut constater, pour le cas d’espèce, que le mandat de l’actuel chef de l’Etat expire le 6 décembre 2011, soit une semaine avant le 1er tour de l’élection présidentielle. Manifestement, la CEI a marché sur la loi. Si tel n’est pas le cas, elle devrait expliquer à l’opinion nationale sur quel texte elle s’est appuyée pour placer le premier et le second tours de l’élection présidentielle dans des délais qui mettent à mal la légitimité du Chef de l’Etat en exercice.

            En l’état actuel du calendrier électoral, les mandats du Président de la République, des députés nationaux, des députés provinciaux, des sénateurs, des gouverneurs de provinces élus en 2006 et 2006 sont prolongés de de manière automatique de plusieurs mois, sans qu’il soit fait référence à une quelconque disposition légale ou à un cas de force majeure. Ainsi, la première législature, qui aurait dû s’arrêter après cinq ans, connaît une rallonge pouvant varier de un à plusieurs mois.

            Alors que la CEI se veut précise pour les dates probables d’entrée en fonction du Président de la République à élire en 2011 (1er tour) ou 2012 (second tour), elle reste complètement muette sur celles devant marquer l’entrée en fonctions de l’Assemblée Nationale, du Sénat, des assemblées et gouvernements provinciaux ainsi que l’investiture du Premier ministre et du Gouvernement Central. 

Malumalu, un usurpateur

            L’abbé Malumalu passe aux yeux de nombreux compatriotes comme un usurpateur. Les analystes politiques constatent en effet que la CEI, dont la mission était de parachever le processus électoral de 2005-2006 avec l’organisation des élections locales (chefs des secteurs, conseillers des secteurs, bourgmestres, conseillers municipaux, maires, maires adjoints et conseillers urbains) avant la fin de l’actuelle législature, s’est trompé de cible en s’improvisant pouvoir organisateur des scrutins présidentiel, législatifs et sénatoriaux.

La CEI s’est même permise de renvoyer les élections locales à 2013, faisant comme si la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) n’existait pas.

            Comme le soutiennent de nombreuses voix, Malumalu et ses collaborateurs du Bureau de la CEI auraient dû se limiter à l’expédition des affaires courantes. Pareille attitude serait d’autant justifiée que dans sa configuration actuelle, cette équipe dirigeante répond encore à la logique des « Composantes » et « Entités » qui s’étaient partagées le pouvoir d’Etat à l’issue du Dialogue Intercongolais, ce qui tranche avec le contexte politique d’après 2006 et surtout celui voulu par la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI. 

Fichier électoral en question

            Point n’est besoin de rappeler la situation, traumatisante pour des millions de compatriotes, créée par la Commission Electorale Indépendante en 2005-2006, avec la mise au point d’un fichier électoral incontrôlable et partant d’un corps électoral volatile, en contradiction avec le poids démographique de plusieurs circonscriptions électorales. Nombre de compatriotes sont loin de chasser de leurs mémoires les images frustrantes de certains villages du pays plus peuplés que des villes.

            On n’oubliera pas de si tôt le caractère exclusif des opérations d’identification et d’enrôlement de 2005-2005, avec à la clef des millions de Congolais en âge de voter superbement ignorés par la Commission Electorale Indépendante, pour cause de manque de temps et de ressources financières.

            D’où l’on ne peut que saluer la décision du gouvernement, par la voix du ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu, de décréter la caducité de toutes les cartes d’électeur délivrées en 2005-2006, sous le régime de la CEI, et d’obliger celle-ci à reprendre à zéro les opérations de révision du fichier électoral, même celles déjà bouchées à Kinshasa, dans la précipitation que l’on sait, avec des candidats à l’enrôlement s’empoignant au milieu de longues files d’attente finalement dispersées par la police à coups de matraques.

            Ce que les Congolais attendent et exigent de la CEI de Malumalu, c’est l’élaboration d’un fichier électoral qui permette au commun des mortels d’avoir une claire vision de la taille réelle du corps électoral de la RDC. C’est là un des préalables à remplir dans la voie de l’organisation d’élections transparentes. Et, sur ce terrain, l’impression que donne le prélat est de vouloir s’accrocher à l’accessoire, oubliant l’essentiel.

            En tous les cas, si le président de la CEI et ses collaborateurs nourrissent l’espoir, tout à fait légitime, de se succéder à eux-mêmes au sein de la CENI, qu’ils expriment clairement leurs ambitions auprès de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) et de l’Opposition Parlementaire, structures habilités à se partager les postes au sein du Bureau de cette institution.

Kimp.

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