Processus de Kimberley: les priorités de la RDCongo

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Pays participant au système de certification du Processus de Kimberley depuis 2002, la RDC a accédé à la tête de cette organisation internationale le 4 novembre 2010, lors de la 8 ème assemblée plénière tenue à Jerusalem, en Israël. Son mandat a démarré le 1er janvier 2011, et se terminera le 31 décembre prochain.

C’est une fierté pour le Congo démocratique, mais aussi une grande responsabilité quand on sait qu’il aura à gérer entre autres dossiers brûlants, ceux des diamants de guerre et de la contrebande et lutter contre le commerce illicite de cette substance minérale précieuse.

Dans un message à la nation, le ministre congolais des Mines a tenu à rappeler quelques exigences minimales dont notamment l’obtention obligatoire de la carte d’exploitation artisanale pour tout exploitant ou tout négociant, la vente des diamants obligatoire auprès des personnes physiques et morales agréées par le ministère des Mines.

L’achat des diamants ne peut se faire qu’auprès des exploitants artisanaux et des négociants détenteurs des cartes d’exploitation artisanale en cours de validité. On ne peut exporter que des diamants achetés après l’obtention du certificat du Processus de Kimberley délivré par les autorités compétentes de certification de notre pays.

Kabwelulu Martin a insisté pour que les services chargés de la mise en œuvre des exigences minimales du Processus de Kimberley s’attèlent au renforcement des mesures de contrôle internes et à la production des données statistiques fiables de production et d’exportation en application de toutes les recommandations issues de deux missions de revue du Processus de Kimberley effectuées dans notre pays en 2004 et 2009.

Il a enfin, émis le vœu de voir le diamant qui unit tous les pays producteurs, les pays importateurs, les pays consommateurs, la société civile et le monde du polissage, soit une substance minérale qui apporte la paix et participe au développement durable pour tous.

 

Matthieu Yamba : « Ce mandat sera assumé avec courage et responsabilité ! »

 

Pour donner au démarrage de ce mandat, un caractère solennel, le haut-fonctionnaire congolais qui assume la présidence du Processus de Kimberley, Matthieu Yamba Lapfa Lambang, administrateur et ancien mandataire au C.E.E.C., a tenu hier au Grand Hôtel Kinshasa, une conférence de presse qu’il a coanimée avec le directeur de cabinet du ministre Valéry Mukasa, son adjoint José Ikoly, le secrétaire général aux Mines Pascal Mohindo et le secrétaire technique Aubert Mwilambwe.

Dans son discours-programme, il a esquissé la vision de la RDC pour cette présidence du Processus de Kimberley qui repose sur plusieurs actions. Il s’agit de consolider les acquis en poursuivant les actions entreprises par ses prédécesseurs, principalement le renforcement des mesures de contrôle internes pour empêcher l’introduction dans le commerce légal les diamants d’origine illicite.

Des réflexions seront initiées pour permettre le renforcement du contrôle de l’industrie du diamant par les gouvernements, et l’interdiction de la pratique des expéditions indiquant uniquement les boîtes postales du destinataire du shipment.

Seront également envisagés le renforcement des mécanismes pour autoréglementation de l’industrie et la nécessité d’instaurer entre Etats participants des échanges réguliers des informations relatives aux affiliations des opérateurs du secteur du diamant dans les chambres de commerce.

Matthieu Yamba a dévoilé enfin, les avantages particuliers que la RDC peut attendre de cette présidence du Processus de Kimberley, avant qu’il ne puisse profiter de l’occasion pour présenter le coordonnateur de la lutte contre la fraude minière, Me Pascal Nyembo Muyumba, qui n’est autre que le directeur général adjoint au C.E.E.C..

Au-delà des responsabilités à la tête de cette organisation, les préoccupations des Congolais tournent autour des questions suivantes. Comment relancer effectivement la production industrielle de la Miba ? Comment structurer le marché du diamant sur le plan interne et dans la sous-région, pour éradiquer la fraude minière ?

Pour que ce mandat soit couronné de succès, il faudrait que la RDC parvienne à renforcer les capacités opérationnelles de tous les services officiels impliqués dans ce secteur. Matthieu Yamba a plaidé pour l’octroi des moyens d’action à sa structure, afin qu’elle exécute toutes les missions lui dévolues.

J.R.T.

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