Procès Ruto et Sang devant la CPI : l’ACAJ salue les poursuites menées par le procureur près la CPI

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PENTAX DIGITAL CAMERAAu cours d’un point de presse animé le mardi 10 septembre 2013, à la Gombe, Me Georges Kapiamba, président de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a salué l’ouverture du procès du vice-président du Kenya, M. William Samoei Ruto et du journaliste de la radio Kass FM, Joshua Arap Sang. Ils sont accusés de crimes contre l’humanité, de déportation forcée de la population et de la  persécution commis en relation avec les violences post-électorales de 2007-2008 au Kenya.

Le président de l’ACAJ, a indiqué que le début de ce procès à La Haye est une interpellation pour tous ceux qui pensent que pour accéder au pouvoir il faut faire couler le sang des citoyens.

Il a relevé que ce procès va permettre à tout le monde, particulièrement les Kenyans, de connaître la vérité sur les actes de violence perpétrés après l’élection présidentielle de 2007.

C’est aussi un réconfort pour les victimes qui sont finalement assurées que la justice leur sera rendue par une Cour indépendante.

Ce procès constitue pour l’ACAJ une occasion pour véhiculer davantage le message de lutte contre l’impunité des plus hauts responsables des crimes graves, jeter les bases d’une paix durable, favoriser l’instauration d’un Etat de droit et prévenir la répétition des atrocités commises en 2007-2008 lors de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle Kenyane.

         En effet l’ACAJ a saisi l’occasion pour interpeller les journalistes sur le respect de la déontologie et de la vie humaine. Il leur a demandé de ne pas se laisser abuser par les démarches de certains politiciens qui pensent que pour accéder au pouvoir, il faut verser le sang, soumettre les  populations aux tortures, aux violences sexuelles comme cela a été le cas au Kenya avec le journaliste SANG. Il a demandé aux journalistes d’éviter l’apologie des crimes.

L’ACAJ, en tant que membre du programme de lutte contre l’impunité dans la région de l’Afrique de l’Est et centrale, demande aux médias d’informer objectivement la population du déroulement dudit procès, de ne rien rapporter qui risquerait d’aggraver la situation des victimes, d’encourager tous les africains à soutenir le travail de la CPI, car elle constitue l’ultime rempart pour les victimes des crimes les plus graves qui ne savent obtenir justice au niveau de leur juge naturel.

Il a fait savoir que depuis la création de la cour, c’est la première fois qu’un vice-président en exercice comparaisse devant la CPI, conformément au principe qui consacre le défaut de pertinence de la qualité officielle d’un inculpé. En vertu du Statut de Rome, aucun chef d’Etat ou de gouvernement ni aucun membre de gouvernement ne peut bénéficier d’une immunité face à des poursuites judiciaires devant la CPI. Leurs positions ne leur octroient aucun privilège et ne les privent pas non plus des droits qui leur sont consacrés en vertu des textes juridiques de la CPI dont l’article 27.

Il a rappelé que la CPI n’est pas un instrument au service des colonisateurs ni du racisme à l’égard des africains et ne peut remplacer les tribunaux nationaux, mais elle intervient pour pallier l’incapacité des autorités nationales à rendre véritablement justice aux victimes des crimes. Elle intervient notamment lorsque les autorités ne manifestent pas de volonté d’enquêter et de poursuivre les auteurs de ces crimes.

L’ACAJ a également épinglé le cas de UHURU MUINGAI KENYATTA, président du Kenya en exercice, qui ira répondre devant la CPI le 14 novembre 2013 d’accusations de meurtre, etc.

         Maître Georges KAPIAMBA a martelé que le Procureur de la CPI avait demandé l’autorisation d’ouvrir une enquête sur les violences post-éléctorales au KENYA après que les autorités de ce pays ont failli à leurs responsabilités de traduire en justice les responsables des crimes commis pendant la période post-éléctorale. Les victimes n’avaient pas eu la chance d’obtenir un procès équitable devant les tribunaux nationaux.

 

           Muriel Kadima

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