Procès Kimbangu : retour à la case départ !

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A la requête de l’Auditeur général des FARDC, la Haute Cour Militaire (HCM) a entamé l’examen portant révision du jugement, RP 7359,  du 03 octobre 1921, du Conseil de guerre de Tysville (aujourd’hui Mbanza-Ngungu, dans la province du Bas-Congo), ayant condamné Simon Kimbangu et ses compagnons d’infortune. Cette réouverture des débats dans ce procès a commencé le vendredi 15 octobre 2010, au siège même de cette Haute Cour Militaire, dans la commune de la Gombe. Le ministre de la Justice et Droits Humains, Janvier Luzolo Bambi Lessa a personnellement assisté à cette séance, aux côtés des hautes autorités de l’Eglise kimbaguiste. Pour mieux appréhender l’importance du réexamen de ce procès, il convient de se rappeler que l’histoire de la colonisation de la Rd Congo par les Belges, retient qu’au 20ème siècle de notre ère, plus exactement le 03 octobre 1921, un Congolais du nom de Simon Kimbangu et ses compagnons avaient été condamnés à cause de leurs opinions religieuses nationalistes par ce Conseil de guerre de Thysville.

          Ces opinions religieuses confessaient simplement l’égalité entre les Européens et les Africains, entre les Belges et les Congolais. Opinions qui paraissent normales aujourd’hui mais qui étaient impensables à cette époque de la toute puissance de la colonisation du monde par l’Europe et qui étaient assimilées à une incitation à la rébellion contre le «Bula Matadi» (le Pouvoir colonial). Ainsi, ceux qui prêchaient cette vérité au Congo ne pouvaient apparaître que comme des subversifs, des indélicats qu’on devait faire taire à jamais. Simon Kimbangu et ses compagnons qui annonçaient l’indépendance du Congo-Belge et l’avènement du règne des Noirs sur leur propre pays dérangeaient le pouvoir des colons et avaient subi par la suite une condamnation et des relégations qui ont marqué et dispersé à jamais le mouvement kimbanguiste à travers le Congo et le monde. 

Plusieurs faits nouveaux justifient cette révision 

          Pour tous les fidèles kimbanguistes, il faut que la Rd Congo corrige aujourd’hui ce jugement de la justice coloniale et réhabilite la mémoire de ces patriotes congolais qui étaient en avance sur leur temps, cinquante ans après l’acquisition de notre indépendance. C’est ainsi que par sa lettre du 18 septembre 2010, le ministre de la Justice et Droits Humains, Janvier Luzolo Bambi Lessa, a adressé une injonction à l’Auditeur général des FARDC, pour demander la révision du jugement du Conseil de guerre de Thysville. C’est ainsi que le Haute Cour Militaire a commencé cette révision vendredi dernier. Au cours de cette première audience conduite par le général de Brigade Nyembo, la HCM s’est penchée avant toute chose sur la requête introduite par Simon Kimbangu Kiangani, Chef spirituel de l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre par le Prophète Simon Kimbangu (E.J.C.S.K.), communément appelée Eglise kimbanguiste, demandant la délocalisation du procès en révision vers le territoire de Mbanza-Ngungu, du fait que c’était le lieu où s’était déroulé la condamnation et où résident les survivants.

          La HCM a rejeté cette requête, tout en la déclarant recevable mais non fondé, avant de suivre les arguments de la partie requérante sur les motifs de la demande de révision du jugement du Conseil de guerre de Thysville. Plusieurs événements militent pour cette révision, selon le collectif des avocats de la partie requérante, parmi lesquels le Cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays, en 2010, qui a vu Simon Kimbangu être élevé à titre posthume, dans l’Ordre des Grands Cordons des Héros Nationaux Kabila-Lumumba. Ce collectif d’avocats a aussi rappelé qu’à la veille de l’indépendance de la Rd Congo, en 1959, il y a eu la levée de la suspension des activités du mouvement kimbanguiste, suivi en 1960, de l’octroi de la personnalité civile à l’« Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son Prophète Simon Kimbangu » (E.J.C.S.K.) qui représente ce mouvement jusqu’à ce jour, sans oublier qu’en 1991, il y a eu une ordonnance présidentielle amnistiant le Prophète Simon Kimbangu et ses compagnons à titre posthume. 

La cause renvoyée au 19  octobre 2010 

          De son côté, la Haute Cour Militaire a demandé à la partie requérante d’apporter des copies certifiées conformes d’un certain nombre de textes évoqués par le collectif des avocats. En outre, le Premier Président de la HCM, a demandé que le Conseiller rapporteur de la HCM se rende à Mbanza-Ngungu, afin d’établir l’identité d’autres personnes qui avaient été condamnées avec Simon Kimbangu le 03 octobre 1921. La cause a été renvoyée au 19 octobre 2010. 

SAKAZ

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