Procès des experts de l’ONU dans le Kasaï : la Monusco veut de la lumière

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Le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BNUDH) suit avec attention le procès ouvert le lundi 5 juin 2017 à Kananga sur l’assassinat en mars dernier de deux experts de l’ONU, Michael Sharp et Zaina Catalan. Théophane Kinda, porte-parole ai. de la
Monusco, l’a affirmé au cours de la conférence de presse des Nations Unies qu’il a animée hier mercredi 7 juin 2017au Quartier général de la Monusco. Questionné au sujet de la participation de la Monusco ou des Nations Unies à ce procès notamment en tant que partie civile, Théophane Kinda s’est abstenu de tout commentaire, précisant que le procès était en cours et la prochaine audience renvoyée au 12 juin prochain.  Il a indiqué par ailleurs que la Monusco souhaite que toute la lumière soit faite au travers d’un procès juste et équitable, afin que les auteurs de ces crimes soient punis.

Faisant référence à un dernier message du Haut Commissaire des NU aux Droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, au cours de la 35ième session du HCNUDH le mardi 6 juin 2017 à Genève, donnant un ultimatum de 48 heures au gouvernement congolais pour fixer les NU sur une enquête conjointe par rapport à ces meurtres et aux massacres perpétrés dans cette partie du pays, Théophane Kinda a indiqué que son institution soutient cette démarche, à laquelle le gouvernement congolais, par le billet de sa ministre des Droits Humains, a répondu favorablement. S’agissant de la volonté exprimée par le gouvernement congolais de garder la direction de cette enquête conjointe, le conférencier a laissé entendre que les discussions se poursuivent
entre la Monusco et le gouvernement afin de trouver un modus vivindi.
A en croire Théophane Kinda, la Monusco reste très préoccupée et très
consciente des développements de violences qui se produisent dans le
Kasaï où on dénombre actuellement environ 2 millions de déplacés
internes, 639 écoles détruites. Au regard de cette situation, la
Monusco, a-t-il indiqué, a essayé de renforcer sa présence dans la
région, en plus des récentes descentes sur terrain (Kanaga et
Tshikapa) du représentant spécial adjoint du secrétaire général des NU
en RDC et coordonnateur des affaires humanitaires des NU (OCHA-RDC),
Mamadou Diallo,  pour s’entretenir avec les autorités locales, et de
la mobilisation des fonds d’urgence pour venir en aide aux personnes
dans le besoin.
L’autre sujet abordé au cours de cette conférence hebdomadaire est
celle liée au processus électoral en RDC. Répondant à la question d’un
journaliste sur la lecture que fait la Monusco, en tant que partenaire
de la CENI,  du le dernier  discours du président de la République
quant à la tenue ou non des élections en décembre 2017, Théophane
Kinda a expliqué une fois de plus que les Nations Unies ne
souhaitaient pas commenter les déclarations du chef de l’Etat. Il a
indiqué par ailleurs que les NU sont attachés à l’application de la
Résolution 2348, que les élections soient organisées à la date
indiquée conformément à l’Accord de la Saint sylvestre.
En ce qui concerne le soutien des Nations Unies aux opérations de
révision du fichier électoral en RDC, la Monusco note la poursuite de
l’opération d’enrôlement des électeurs avec l’ouverture de nouveaux
centres d’inscription dans la ville province de Kinshasa. A la date du
3 juin 2017, 115 centres d’inscription sont ouverts sur les 969
prévus. La formation des agents de la CENI est terminée et l’ouverture
de nouveaux centres d’inscription se poursuit de manière progressive.
Myriam Iragi