Procès Chebeya – Bazana : le dossier reste à la cour militaire !

0
27
            La Cour militaire de la Gombe a rendu, hier jeudi 16 décembre 2010, son arrêt avant-dire droit au sujet des exceptions soulevées par les parties et du réquisitoire du ministère public dans l’affaire de l’assassinat de l’activiste des droits de l’homme, Floribert Chebeya. En somme, de toutes les exceptions soulevées par les différentes parties durant les premières audiences, il en ressort qu’une seule  a été déclarée fondée. Il s’agit de celle liée à la non comparution des témoins du ministère public(les généraux Numbi et Oleko) au motif que leurs noms n’ont pas été communiqués aux parties prévenues comme le veut le code de justice militaire. 
            Cependant, pour toutes les autres exceptions, notamment celle liée à la nullité de la saisine de la cour, telle que soulevée par les parties civiles, elles ont été déclarées recevables mais non fondées. Quant à la demande de mise en liberté provisoire des prévenus soupçonnés trempés dans l’acte ignoble d’assassinat, elle a été aussi rejetée.
            Face à cette décision de justice, la partie civile, par son « porte-parole », le bâtonnier Me Mukendi Joseph,  a tout simplement indiqué à la presse, qu’une rencontre de ses conseils-avocats est prévue en début de semaine prochaine. C’est à son issue que les parties civiles vont donner leur position quant à la décision de la cour.        
Pour sa part, la défense a déclaré être en partie satisfaite de la décision de la cour parce que cette dernière, finalement, ne parvient pas à dire qu’il y a d’indices sérieux de culpabilité à charge de ses clients mais seulement elle a dit que c’est « prématuré ». « C’est tout ce qu’elle a avancé comme raison… » a clamé Me Dimina Didier. Pour justifier son refus de voir certaines personnalités venir comparaitre comme témoins, Me Dimina a rapporté que la cour a estimé que le dossier est vide et qu’il ne fallait pas aller chercher des gens pour qu’ils viennent compléter ledit dossier à charge de ses clients. 
            Pour rappel, c’est en date du 2 juin 2010 qu’on a découvert le corps inanimé de l’activiste des droits humains, Floribert Chebeya, président de l’ONG « la Voix des Sans Voix », après un rendez-vous manqué la veille avec l’Inspecteur général de la Police nationale, le général John Numbi. Il faudrait noter qu’à la suite de cette macabre découverte, l’inspecteur provincial de la Police, le général Jean de Dieu Oleko, avait attesté la présence des objets suspects dans le véhicule du défunt (préservatifs, cheveux artificiels de femme, etc.)
Cependant, alors que les activistes des droits de l’homme réclament à cor et à cri l’arrestation du général Numbi, premier suspect selon eux, c’est plutôt son adjoint, le colonel Daniel Mukalayi, ainsi que d’autres policiers qui ont été inculpés. A la suite de l’ouverture du dossier par le Procureur général de la république(PGR), une autopsie a été faite par les médecins congolais et hollandais, avant son transfert auprès de l’auditeur général des FARDC. L’affaire est fixée depuis lors devant une cour militaire, sans que jusqu’à ce jour le corps de Bazana Fidèle, chauffeur de l’activiste, ne soit retrouvé.
La prochaine audience se tiendra le jeudi 23 décembre prochain à la Prison centrale de Makala.  
 
Tshieke Bukasa 

LEAVE A REPLY

*