Problématique des véhicules de plus de dix ans d’âge : nécessité préalable des mesures d’encadrement

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vehiculesIl s’observe un ralentissement progressif des activités bancaires au niveau de Boma et Matadi depuis quelque temps. Cet aveu du Gouverneur de la Banque Centrale a été récupéré par les associations congolaises des Courtiers d’assurances et des Déclarants en douanes au niveau de ces deux points d’entrée de sortie au Bas-Congo. Déo MUTOMBO Mwana Nyembo a fait ce constat amer suite à de nombreux rapports lui expédiés par les services de deux succursales de la Banque Centrale installées à Boma et Matadi et relayés par ceux des régies financières de l’Etat opérant dans cette province. En plus des plaintes innombrables émanant de tous les opérateurs économiques locaux et provenant de la capitale politique.

 Lors d’une conférence conjointe tenue hier au siège de l’association des Déclarants en Douane situé sur l’Avenue du Haut Commandement à Gombe, Albert MUWALA et son collègue Gilbert KABEYA, des Courtiers d’Assurances, ont rebondi sur cet aveu de l’autorité bancaire du Congo pour rejeter la faute à la mesure gouvernementale de l’interdiction d’importation des véhicules de plus de dix ans d’âge comme cause principale du ralentissement des activités au niveau des banques commerciales privées en RDC opérant au Bas-Congo. Ils ont relevé aussi que les activités au niveau de deux ports d’entrée et de sortie de la République par la voie du fleuve Congo vers l’Océan Atlantique est dû particulièrement à cette décision contre productive sur le plan économique et financier. Toute personne qui débarque aujourd’hui à Boma et Matadi est frappée par un constat amer : on dirait que la journée a été déclarée chômée et payée sur les deux villes ou qu’il y a une grève au niveau de ces deux ports.

 Nécessité des mesures d’encadrement

Les deux orateurs sont d’avis que cette décision d’interdiction n’est envisageable que si elle s’accompagne des mesures d’encadrement à plusieurs niveaux. Le gouvernement sénégalais avait mis un plan d’action pour appliquer cette décision d’interdiction d’importation des véhicules totalisant plus de dix ans d’âge en l’accompagnant par des mesures d’encadrement efficaces et étalées sur cinq ans, ont indiqué Albert MUWALA et Gilbert KABEYA. Pendant cinq ans, le gouvernement sénégalais avait décrété une exonération des taxes à l’importation des véhicules neufs, notamment les taxes douanières, fiscales et parafiscales pour permettre aux résidants locaux de pouvoir acheter au moyen d’un crédit bancaire des véhicules à des prix abordables. Un véhicule neuf coûtant dix mille Euros dans un pays d’Europe Occidentale ou d’Asie peut revenir à dix mille cinq cents à Dakar. Dès lors que les frais de transport maritime ne dépassent pas cinq cents Euros. Ce prix pourra diminuer au fur et à mesure que les années passent jusqu’à ne coûter que deux mille Euros au bout de dix ans.

Ces mesures d’encadrement sont de nature à attirer les investisseurs occidentaux pour installer des usines de montage des véhicules neufs à Dakar. Les deux orateurs ont rappelé à l’assistance que des usines de montage des véhicules avaient existé au Congo, notamment la société britannique LEYLAND  située à Kingabwa sur l’avenue des Poids Lourds pour les gros véhicules de transport, les tracteurs et autres engins de génie civil. A Masina sur le Boulevard LUMUMBA, la société américaine Général MOTORS produisait des véhicules lourds et des camionnettes Pick Up de transport ainsi que des voitures de tourisme de marque Chevrolet. Cette société fut rachetée plus tard par le sujet rwandais feu Médard GAHIGA pour financer le trésor de guerre du Front Patriotique Rwandais avant l’invasion du Rwanda en 1990. Deux sociétés françaises, à savoir Renault et Peugeot montaient des voitures de tourisme et des camionnettes Pick Up dans leurs usines installées à Ndolo et à Limete au quartier industriel. La société allemande DIFCO plus tard débaptisée AZDA montait des voitures de tourisme de marque V.W. à Ndolo aux environs du grand magasin Hasson et Frères et sur l’Avenue du Haut Commandement à Gombe.

            Albert MUWALA et Gilbert KABEYA ont indiqué que les demandes des véhicules sur le  marché congolais sont très fortes au regard du nombre des importations des véhicules vétustes en provenance de l’Europe et neufs en provenance du Japon, de l’Inde et de la Chine. Les perspectives du décollage économique sont prometteuses avec la fin de la guerre à l’Est du pays. Mais à condition que le gouvernement réinstaure la sécurité judiciaire et bancaire pouvant attirer les investisseurs étrangers. Que de nouveaux emplois directs et indirects vont-ils être progressivement créés ! Ce sera aussi l’occasion tant rêvée de rajeunir le charroi automobile et de chasser sans décret les importateurs des véhicules vétustes en provenance d’Europe, d’Amérique et  d’Asie. A l’instar de la  mémorable société de transport en commun « Auto Service » de feu André MUTAMBAYI qui avait rendu d’éminents services aux kinois après la mort programmée des sociétés de transports O.T.C.Z et S.T.K. de triste mémoire chassées sans décret ministériel par le marché de troc  « Cobalt contre les bus Renault » ayant abouti à la création de la société franco-zaïroise SOTRAZ qui a fait la pluie et le beau temps à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi vers les années 1972-89. C’est peut-être les vœux des initiateurs de la société de transport TRANSCO qui est appelée à chasser sans décret ministériel les bus de marque Mercedes 207 communément appelés « Esprit de mort », ont repris en chœur M. Albert MUWALA et Gilbert KABEYA.

F.M.       

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