Prison de Makala : la dictature de Kamikaze se porte bien

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En dépit des alertes données dernièrement par la presse, la Prison Centrale de Makala est loin de retrouver son statut de centre de rééducation. Par la volonté d’un condamné à mort dénommé « Kamikaze », militaire de son état, ce site pénitencier continue de vivre dans un climat de terreur instauré par le précité depuis quelques semaines. Ce criminel, qui s’est autoproclamé « Président » de la Prison Centrale de Makala, avec comme « Vice-Président » un certain Kalo, au mépris de l’organisation interne qui régit ce lieu de détention des concitoyens privés de liberté pour diverses raisons, semble régner effectivement sur un espace où tout lui semble permis.

Le nouveau patron des détenus, qui n’est jusque-là interpellé, ni le « Gouverneur » et « Vice-Gouverneur » de Makala, ni par les chefs des pavillons, encore moins les cadres et agents de l’administration du ministère de la Justice ayant en charge la gestion des prisons, pilote un « gouvernement » de fait qui s’est assigné plusieurs basses besognes : le passage systématique à tabac, la séquestration voire la mise à mort de tout prisonnier réfractaire à ses « lois » et principes non écrits. Détenus civils comme militaires ont commencé à le craindre sérieusement, au vu de l’impunité dont il bénéficie.

Les actes répréhensibles à sa charge ne se comptent plus, comme l’ont signalé dernièrement des Ong de défense des droits de l’homme ainsi que des avocats qui fréquentent régulièrement le coin. Le week-end dernier en effet, un détenu a été l’objet de voies de fait perpétrées sur sa personne sur ordre de « Kamikaze », assisté de Kalo, son fidèle lieutenant. La scène, révoltante, s’est passée sous les regards indifférents de la hiérarchie de la Prison Centrale de Makala, soutient un avocat, témoin direct des faits, lui-même menacé de subir le sort de la personne qu’il tentait vainement de défendre.

«En laissant agir de la sorte le détenu Kamikaze et sa bande, l’autorité démontre sa complicité et cela fait craindre le pire. Ce monsieur se promène, depuis un certain temps, avec une liste noire de détenus à punir », a révélé, inquiet, l’homme en toge noires. Plus grave, un adjudant du D.A.P., chargé de l’inspection des lieux, a échappé à une arrestation en bonne et due forme des hommes que Kamikaze venait de lancer à ses trousses, sans qu’aucune autorité légalement établie de cette prison ne bronche.

Le phénomène des hors-la-loi en pleine prison de Makala prend une ampleur telle que les bonnes consciences en appellent à une riposte urgente de l’administration pénitenciaire ou, à défaut, de celle du ministère de la Justice. La solution la plus pratique serait de délocaliser, sans délai, Kamikaze, Kalo et consorts vers la Prison militaire de Ndolo. L’ordre et la discipline devraient être restaurés rapidement à Makala, ce nom qui fait trembler plus d’un Congolais en liberté.

Jacques Kimpozo

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