Prison centrale de Makala : Kutino sollicite un « check »

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Dans une lettre datée du 09 mars 2011 et adressée à l’Auditeur Général des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), avec copies aux ministres de la Défense et de la Justice, au Procureur Général de la République, au Directeur de l’Administration Pénitentiaire et son médecin traitant, l’Archibishop Kutino Fernando, par le biais de son avocat, sollicite un « check » dans une formation médicale spécialisée. Selon cette correspondance, ce prisonnier condamné à 10 ans de servitude pénale pour « tentative d’assassinat » et qui est à sa cinquième année de bagne, se plaint de plusieurs maux : traumatisme cérébral, douleurs thoraciques, troubles de sommeil, palpitations cardiaques et tuméfaction douloureuse au genou.

Cet état de santé précaire, explique le même document portant la signature de Me Don Divin Dodivewa Vuakio, est consécutif à l’agression dont il fut l’objet, dans sa cellule du Pavillon 1, dans la nuit du 27 février 2011, de la part d’une bande de détenus conduits par un certain Katende, Commandant général de cette prison, condamné à mort de son état.

Avant de saisir l’Auditeur Général des FARDC, un autre avocat de Kutino, Me Parfait Kanyanga, avait porté la même situation à la connaissance du Premier Avocat Général des FARDC. Compte tenu de l’insécurité dans laquelle se trouve son client à la Prison Centrale de Makala, l’homme en toge noire avait sollicité une mesure exceptionnelle pour ce détenu civil, à savoir son transfert à la Prison militaire de Ndolo. Cette délocalisation, selon l’avocat, devait permettre à Kutino d’échapper au harcèlement dont il continue d’être l’objet de la part du sieur Katende et consorts, en dépit de son déplacement du Pavillon 1 au Pavillon 8.

 

A propos des conditions carcérales de ce ministre de Dieu, dont notamment un traitement inhumain et dégradant de la part de Katende et consorts, sous l’œil impassible de l’administration pénitentiaire, Me Don Divin Dodivewa Vuakio s’en était déjà ouvert à l’Auditeur général des FARDC. Dans cette lettre, il était demandé au destinataire de diligenter une instruction sur une agression antérieure dont avait été victime son client en vue de sanctionner ses auteurs. Pendant que Kutino attendait la suite du dossier, il y a eu une seconde agression, en toute impunité.

C’est cette récidive qui fait problème et qui pousse ce détenu à croire qu’il serait victime d’un complot téléguidé par une main invisible. Les observateurs pensent que les relations entre détenus à la Prison Centrale de Makala méritent une enquête de la part de qui de droit, afin de savoir dans quelles circonstances un condamné à mort a pu accéder au statut spécial de « Commandant général » et dans quelles conditions exerce-t-il ses fonctions. Il faudrait également chercher à savoir si des pensionnaires de la prison ont le droit de sanctionner d’autres détenus par des sévices corporels et le «pillage» de leurs effets personnels.

Kimp

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