Primature : F. Tshisekedi ni demandeur… ni preneur !

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Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

En mission d’information en Europe depuis le début de la semaine, pour le compte de leur parti, en compagnie de Jean-Marc Kabund, Secrétaire général, Félix Tshisekedi, président du Rassemblement et Secrétaire national aux Relations Extérieures de l’UDPS, se trouve au centre des spéculations depuis que Kudura Kasongo, membre de l’Opposition et ancien porte-parole de Joseph Kabila, a jeté un petit pavé dans la mare. Dans un twitt qui a rapidement fait le tour du pays et d’autres parties du monde, il a affirmé avec force que le fils d’Etienne Tshisekedi allait succéder à Bruno Tshibala à la Primature, en septembre prochain, et diriger une période de transition de 24 mois, avec comme Chef de l’Etat Joseph Kabila.

Après le démenti à chaud du porte-parole de l’UDPS, Augustin Kabuya,
qui s’est interrogé à quel titre s’exprimait cet ancien membre du
cabinet du Président de la République et qui a nié l’existence d’un
quelconque deal politique entre ce parti et la Majorité Présidentielle
au sujet de la conduite d’une nouvelle équipe gouvernementale, c’est
Félix Tshisekedi lui-même qui est monté au créneau. Usant à son tour
de compte twitter, il a fait savoir, sur un ton ferme, qu’il n’était «
ni demandeur », « ni preneur » pour le poste de Premier ministre.
Il a sèchement renvoyé tous ceux qui cherchent à intoxiquer l’opinion
depuis plusieurs mois à l’Accord du 31 décembre 2017, dans lequel sont
clairement définis les termes de référence pour la gestion
consensuelle de la période de transition entre les parties signataires
de ce compromis politique.
Félix Tshisekedi a, sur un ton ironique, fait remarquer que si le
pouvoir était à la recherche d’une bouée de sauvetage pour échapper au
naufrage, il n’avait qu’à se débrouiller tout seul.
Cette énième mise au point du numéro un du Rassemblement va-t-elle
tordre le cou aux rumeurs qui ne cessent de faire état de la
probabilité d’un troisième dialogue entre cette méga plate-forme
politique et la Majorité présidentielle, en vue de la mise en œuvre
d’une nouvelle transition ? Il est difficile de l’affirmer ou
l’infirmer dans cet environnement politique où nombre d’analystes
politiques considèrent l’équipe gouvernementale pilotée par Bruno
Tshibala et le Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint
Sylvestre placé sous la responsabilité de Joseph Olenghankoy comme des
« parenthèses » d’une transition qui n’a pas encore commencé.
Au regard de l’application controversée de l’Accord du 31 décembre
2016 et son Arrangement particulier tripatouillé par la famille
politique du Chef de l’Etat ainsi que du tollé que suscite, à
l’intérieur comme à l’extérieur, le « glissement » du calendrier
électoral, d’aucuns pensent que la mise en œuvre de l’architecture
institutionnelle convenue entre parties au Centre interdiocésain est
l’unique voie de sortie de l’impasse.
L’autre constat à faire est que la Majorité Présidentielle est allée
tellement loin dans des actions de déstabilisation du Rassemblement
originel qu’il est devenu pratiquement impossible de réussir, en son
sein, une nouvelle opération de débauchage pour le décor du report
sine die des élections.
Kimp