Présidentielle : escrocs politiques : le grand réveil !

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La présidentielle de 2011 est en train d’installer une véritable surenchère dans le microcosme politique congolais. Les observateurs pensent que le plafond de 30 prétendants à la magistrature suprême du pays, considéré déjà comme un nouveau record à travers notre planète en 2006, va être largement dépassé en 2011. Le scrutin étant ouvert à tous les Congolais et à toutes les Congolaises remplissant les critères d’éligibilité, il serait anormal d’interdire à quiconque de rêver du fauteuil de Chef de l’Etat. A cet égard, nul ne devrait se sentir scandalisé de voir cinquante, cent ou mille candidats se bousculer au portillon de la présidence de la République.

Ce que l’on peut néanmoins déplorer, c’est la mauvaise lecture, par certains compatriotes, de leurs ambitions politiques. Les annales de l’histoire nationales renseignent qu’en 2006, plusieurs candidats présidentiables n’ont même pas pu tenir un seul meeting dans leur village natal, dans leur territoire d’origine ou dans leur quartier de résidence.

    C’est à peine si l’on a vu des affiches de quelques uns à travers des ruelles de Kinshasa, Boma, Matadi, Bandundu, Kikwit, Kananga, Ilebo, Mbuji-Mayi, Mwene-Ditu, Lubumbashi, Kolwezi, Likasi, Kisangani, Isiro, Kindu, Bukavu, Uvira, Goma, Beni, Butembo, Mbandaka, etc.

 

Publicité gratuite

 

    L’on a eu l’impression que certains politiciens, hommes comme femmes, se sont portés candidats à la présidence de la République juste pour se taper une publicité gratuite dans les médias. En effet, la Haute Autorité des Médias, grâce à l’appui des bailleurs extérieurs du processus électoral, avait réussi à arracher un petit fonds destiné à couvrir les frais de publication ou de diffusion des messages de tous les candidats à la présidentielle dans les journaux, radios et télévisions du pays, selon une grille de passation préétablie.

    Le hasard a ainsi permis à certains lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs de prendre connaissance, une ou deux fois, des projets de société de leurs futurs présidents. Et, le tout s’est arrêté à une ou deux apparitions sur les écrans ou dans les tabloïds. Au terme de 30 jours de campagne, les électeurs ont commencé à se demander si certains présidentiables étaient « morts » ou « vivants », tellement ils étaient restés aphones et invisibles. Des téméraires qui sont restés en course jusqu’aux urnes, ont réalisé des scores ridicules : moins de 1%

    Ces fantômes se sont au moins retirés avec une satisfaction : c’est celle de s’être tapés une publicité gratuite, d’avoir fait parler d’eux l’espace de 5 minutes ou d’un quart de page d’un journal.

 

L’escroquerie politique

 

    Qu’a constaté l’opinion nationale ? Le constat général fait à l’occasion est qu’après avoir grassement bénéficié des colonnes des journaux, antennes des radios et plateaux de télévision, aux frais de la princesse, la plupart des candidats sont rentrés dans leur coquille. Certains se sont vendus aux plus offrants, dès le premier tour de l’élection présidentielle. L’argent des « puissants » a en effet largement circulé, pour obtenir le silence des faire-valoir.

    Pour sauver les apparences, certains candidats présidentiables ont trouvé le moyen de désister, alors que leur « base » s’arrêtait à leur propre personne, à celles de leurs conjoints et de leurs enfants.

    L’escroquerie politique était là : l’inscription sur la liste des présidentiables a rapporté une petite cagnotte à quelques uns.

    Apparemment, de nouveaux escrocs politiques s’annoncent aux quatre coins de la République, dans le dessein de jouir de nouveau d’une petite publicité gratuite dans les médias avant de se retirer  de la course à mi-chemin, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

    Pourquoi viser la présidentielle lorsque l’on se sait incapable de verser la caution financière (50.000 dollars Usd en 2006) à la CENI, de prendre en location un taxi-bus ou une pirogue, de payer une minute à la télévision ou ¼ de page dans un journal, de faire imprimer 10 pagnes, d’offrir la limonade à ses militants, de faire don d’un lit à un dispensaire… ?

    Pourquoi postuler à la magistrature suprême du pays lorsque l’on entretient un parti qui n’existe que dans sa mallette? Pourquoi le faire dès lors que l’on a conscience d’être incapable de se faire élire comme chef de quartier ou de secteur ?

Les Congolaises et Congolais devraient tout de même avoir l’honnêteté de tenir compte de leurs limites.

            Kimp

 

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