Présidentielle 2018 : Bemba, c’est fini !

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La Cour Pénale Internationale a fixé la peine maximale de Jean-Pierre
Bemba à 12 mois de prison ferme et à 300.000 euros d’amende lors de
son audience d’hier lundi 17 septembre 2018 consacrée à l’affaire de
subornation de témoins. Mais compte tenu du fait que l’intéressé avait
déjà passé 10 ans au centre pénitencier de cette juridiction, sous le
régime de la détention, il ne perd pas le bénéfice de son acquittement
obtenu en juin dernier dans l’affaire principale relative aux crimes
de guerre et crimes contre l’humanité.
La conséquence majeure et immédiate de la condamnation « irrévocable
» du président du MLC (Mouvement de Libération du Congo) au niveau de
la CPI est son élimination définitive de la course à la magistrature
suprême du pays. Cela étant, toute possibilité de remettre en cause la
décision de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante)
d’abord et de la Cour Constitutionnelle ensuite portant invalidation
de sa candidature est exclue.
Même si dans le camp de son parti, on persiste à soutenir l’hypothèse
d’un nouvel appel contre la décision sus évoquée de la CPI, la
participation de Bemba à l’élection présidentielle du 23 décembre
2018. Car, les membres de ces deux institutions congolaises sont
réconfortés dans leur conviction que ce candidat à la présidentielle
est frappé par deux conditions d’inéligibilité prévues à l’article 10
de la Loi électorale.
En effet, selon le législateur congolais, sont inéligibles :
– « les personnes privées de leurs droits civils et politiques par
décision judiciaire irrévocable ;
– les personnes condamnées par un jugement irrévocable du chef de
viol, d’exploitation illégale des ressources naturelles, de
corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, des
tortures, de banqueroute et les faillis ».
Du fait que son cas judiciaire a cessé d’être vierge, Jean-Pierre ne
peut concourir à aucune élection dans le cadre du processus électoral
en cours, car privé des ses droits civils et politiques. Il est
également exclu de toute compétition électorale du fait de sa
condamnation pour subornation de témoins, que le Code pénal congolais
assimile à la corruption, avec circonstance aggravante, selon le
verdict de la Cour Constitutionnelle intervenu le lundi 03 septembre
2018.

Politiquement « mort » pour cinq ans

A la lumière de la peine prononcée contre lui par la CPI hier,
Jean-Pierre Bemba est politiquement « mort » pour au moins cinq ans,
car ne pouvant jouir de ses droits civils et politiques dans cet
espace de temps. Il reste à savoir s’il va donner des consignes de
vote, pour la présidentielle, en faveur du « candidat commun de
l’opposition » à la présidentielle, comme il l’a confié le week-end
dernier à plusieurs médias occidentaux.
S’il a les nerfs solides, comme il l’a démontré pendant ses dix ans
de détention à La Haye, et les cadres et militants du MLC (Mouvement
de Libération du Congo) continuent de croire en lui, il pourrait
rebondir politiquement après 2023. Le grand défi qui l’attend
désormais est celui du maintien de l’unité de son parti, sérieusement
miné par la désertion de nombreux cadres démotivés par sa longue
absence du pays pour les uns, ou poussés à la porte de sortie par des
campagnes de diabolisation pour d’autres. C’est en période délicate
que cadres et militants du MLC vont subir un terrible test de fidélité
à leur leader.
Kimp

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