Président réélu et investi : les défis de Kabila II

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Joseph Kabila Kabange a prêté serment hier mardi 20 décembre 2011, devant la Cour Suprême de Justice, toutes chambres réunies, en qualité de Président élu de la République Démocratique du Congo. La cérémonie de son investiture s’est déroulée à l’esplanade de la Cité de l’Union Africaine, en présence du Chef de l’Etat du Zimbabwe, Robert Mugabe, des Premiers ministres du Rwanda, du Gabon, de la Namibie et de la Tanzanie, des diplomates accrédités à Kinshasa, des chefs des corps constitués de la République ainsi que d’une nombreuse assistance.

La manifestation a démarré par des prières dites par les représentants des confessions religieuses. Peu après, le Procureur Général de la République, Kabange Numbi, a formulé ses réquisitions allant dans le sens de la réception, par la Cour Suprême de Justice, du serment du Président de la République, reconnu vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Rien ne s’opposant à une telle formalité après le rejet de la requête en annulation de ce scrutin déposée par le candidat Vital Kamerhe et l’Union pour la Nation Congolaise, le premier président de cette haute Cour, Kitoko Kimpele, a aussitôt invité Joseph Kabila, à prêter solennellement le serment constitutionnel le consacrant Chef de l’Etat pour un second mandat (2011-2016).
Les symboles du pouvoir lui ont été remis pour la circonstance à la fois par le numéro un de la Cour Suprême de Justice et les délégués des autorités traditionnelles de chacune des onze provinces de la République, le tout ponctué par 21 coups de canon.

Les défis de Kabila II

En marge de son investiture, Joseph Kabila, qui succède à lui-même, a prononcé un discours-programme à l’intention de la Nation. Il a été constaté que les principaux défis de son second quinquennat s’articulent autour du social, des infrastructures, de l’industrialisation, de l’éducation, des mines, de l’agriculture, etc. Après s’être réjoui d’avoir achevé son mandat sans crise de légitimité et promis de poursuivre les efforts de consolidation de la démocratie, de la paix et de la stabilité, il s’est défini comme le Président de tous les Congolais, aussi bien ceux lui ayant apporté leurs suffrages dans les urnes que ceux ayant voté les auteurs des « promesses chimériques ». Il a promis de se mettre au service de la patrie, de n’être l’otage d’aucun camp politique.

Fort des enseignements ramenés de ses missions d’itinérance pendant 5 ans et de sa campagne électorale, Kabila II s’est engagé à répondre en urgence, à la forte attente des masses congolaises de voir s’améliorer rapidement leur vécu quotidien grâce aux retombées de l’annulation de notre dette extérieure et de l’amélioration du cadre macro-économique. La satisfaction des « besoins sociaux de base » devrait, à ce titre, cesser d’être un slogan.
Pour ce, il compte s’appuyer sur son programme de campagne fondé sur « la Révolution de la modernité », lequel a pour finalité de faire du Congo  « un pool d’intelligence et de savoir-faire, un grenier agricole, une puissance énergétique et environnementale, un pool économique et industriel, une terre de paix et de mieux-être, une puissance régionale au cœur de l’Afrique ». Le Chef de l’Etat « sortant-entrant » a sans doute fait siennes les critiques relatives à la visibilité limitée de ses réalisations dans le secteur social.

S’agissant des infrastructures, déjà inscrites dans les 5 chantiers de la République, un accent particulier devrait être mis, durant les cinq prochaines années, sur les voies de communications tant nationales que de desserte agricole. L’aménagement et l’équipement du territoire devraient accélérer, selon cette vision, la lutte contre la pauvreté. Dans ce volet, le Président de la République rêve de rendre accessibles au plus grand nombre de Congolais, l’électricité et l’eau potable, notamment à travers la construction des centrales électriques provinciales et interprovinciales ainsi que des usines de production d’eau, en synergie avec le développement du site d’Inga.

Dans le secteur de l’éducation, l’objectif avoué est la réduction du taux d’analphabétisme, la gratuité effective de l’enseignement primaire, l’octroi des bourses d’études aux finalistes de l’enseignement supérieur et universitaire, la professionnalisation de l’enseignement.
L’autre grand rêve de Kabila II est d’amener le Congo au stade de pays émergent d’ici 2016, grâce à la stabilisation du cadre macro-économique, à l’amélioration du climat des affaires, à la stimulation des secteurs porteurs, notamment l’agriculture, les mines, les hydrocarbures.
L’autosuffisance alimentaire est ciblée comme un des objectifs de la relance de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage. La RDC de demain devrait tout faire pour récupérer ses parts de marché dans les cultures d’exportation (café, cacao, coton, hévéa, huile de palme). « Consommer congolais » et, forcément, « produire congolais » devrait être le maître-mot chez nos compatriotes.

Le Code minier devrait être revu et corrigé, afin que le cuivre, le cobalt, l’étain, l’or, l’uranium…participent réellement à la création des richesses nationales. L’idéal serait, selon le premier d’entre les Congolais, de briser la spirale de l’exportation de nos produits miniers à l’état brut.
La même bataille devrait être gagnée dans le domaine des hydrocarbures. Mais, pour prétendre à son indépendance économique, le Congo devrait fonctionner sous un plan général d’industrialisation.

La Fonction Publique, un des canards boiteux de la République, préoccupe fortement Joseph Kabila, qui pense devoir en faire un instrument de développement. La diplomatie congolaise devrait, quant elle, se présenter à l’avenir comme la « vitrine » d’un Congo gagnant. Travail, rigueur, discipline devraient aller de paire pour relever les défis du nouveau quinquennat.
Les Congolaises et Congolais ont donc cinq années devant eux pour juger de la sincérité des engagements de Kabila II. Au regard des termes de référence du mandat précédent, l’intéressé n’a plus droit à l’erreur. A la lumière des promesses électorales de 2006, dont beaucoup attendent toujours des réponses, l’opinion publique serait plus critique à la moindre défaillance. Le président de la République s’est voulu rassurant à l’égard des indécis. Ceux-ci ne pourraient croire en ses œuvres que si leur visibilité ne prête pas à controverse.

Kimp

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