PPTE : Masangu prône la prudence

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Au fur et à mesure que le gouvernement congolais s’engage dans la phase d’approche de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE, toute la population vit dans l’expectative. On retient son souffle, même si la RDC est classée parmi les bons élèves des Institutions de Bretton Woods. N’est-ce pas que les bons pilotes arrivent aussi à rater les atterrissages ? On peut se rappeler à l’occasion, le report de la décision du conseil d’administration des Institutions de Bretton Woods sur le sort de notre pays. D’abord prévue avant le 30 juin 2010 – ce qui allait permettre de l’offrir comme cadeau au peuple congolais dans le cadre des festivités du Cinquantenaire, la décision a été reportée en juillet prochain.

Et la RDC a été maintes fois prévenue par les experts de ces deux institutions, que rien n’est gagné d’avance si on ne respecte pas les sept déclencheurs. Alors, prudence et retenue sont recommandées aux autorités congolaises.

Vendredi dernier, en dépit de la marge de positivité importante enregistrée dans la mise en œuvre de la politique financière et monétaire, le gouverneur de la Banque centrale s’est montré très prévenant. C’était à l’issue de la 5 ème réunion ordinaire du Comité de politique monétaire qu’il avait présidée lui-même, à la Banque centrale du Congo.

Répondant à une question du Phare de savoir si d’ici fin juin 2010, la RDC allait respecter les critères d’évaluation du Programme économique du gouvernement (PEG II), Jean-Claude Masangu a tenu à préciser que ce programme triennal 2009 – 2012, est en marche. Sur les sept déclencheurs, cinq ont été observés totalement, tandis que les deux autres le sont partiellement. Les documents y relatifs viennent d’être transmis aux Institutions de Bretton Woods. Tous les espoirs sont permis, a-t-il dit, surtout qu’il se dégage une marge de manœuvre favorable pour la RDC.

A deux doigts de l’échéance importante du 30 juin qui permettra l’évaluation de sept déclencheurs, et sur base de l’examen de tous les indicateurs macro-économiques et rapports de ses différents services techniques, le patron de l’Institut d’émission conseille : «  Soyons prudents et demeurons vigilants ! ».

A une autre question sur l’impact que pourraient avoir les dépenses des festivités du 30 juin sur l’évolution de la situation financière et monétaire, le gouverneur Masangu a fait savoir que nous avons une marge importante de 120 milliards de FC. «Prudence», recommande Masangu Mulongo, et d’enchaîner que «nous devons respecter notre plan de trésorerie et continuer à fonctionner sur base caisse. Cela pour éviter que nous puissions enregistrer une augmentation de l’inflation».

La situation monétaire et financière est passablement bonne

Jetant un regard critique sur la situation financière et monétaire, le patron de l’Institut d’émission note qu’au 20 juin 2010, l’inflation poursuit sa tendance baissière sur le marché des biens et services. Le taux d’inflation annualisé  est tombé à 12,7 % au 16 mai contre un objectif de 15 % à fin décembre 2010. En rythme hebdomadaire, il s’observe que l’inflation est passée d’environ 0,1 % aux deux dernières semaines au mois d’avril à 0,04 % au 16 mai. Cependant en cumul annuel, le gouverneur Masangu note que le niveau d’inflation a atteint 4,47 % contre 4,38 % à fin avril 2010.

Epluchant les données du marché des changes, il s’est réjoui de voir que le taux de change s’est globalement apprécié de 0,8 % face au dollar américain au 19 mai par rapport à fin décembre 2009. Cette tendance à l’appréciation a été également observée sur les autres segments du marché de changes. La satisfaction du patron de la Banque centrale se justifie également par le fait que sur le marché monétaire, la marge de positivité du taux directeur s’est située à 39,27 points au 16 mai contre 48 points au 17 mars. Cette baisse est expliquée par le recul de l’inflation et du taux directeur nominal.

Cette embellie sur le plan monétaire et financier n’a été possible que parce qu’il y a eu renforcement de la coordination et de la prudence dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire.

Grâce au pilotage avec dextérité des instruments de politique monétaire, la BCC a pu neutraliser 35,4 milliards de FC, dont 10,6 milliards de FC par le biais des BTR, 16,8 milliards de FC via la réserve obligatoire et 8,1 milliards de FC par le concours des remboursements et de refinancement. Cette action, a fait remarquer Jean-Claude Masangu, a été rendue nécessaire par l’augmentation de la liquidité bancaire observée au cours du mois en cours.

Au regard de ce panorama de la politique monétaire et financière, quelles ont été les décisions prises par le Comité de politique monétaire ?

Compte tenu de la poursuite du mouvement baissier de l’inflation, il a été décidé la révision à la baisse du taux directeur de la Banque centrale de 52 à 42 %. Cependant, en vue de prévenir tout dérapage du cadre macro-économique, le comité de politique monétaire a décidé de maintenir le coefficient de la réserve obligatoire à 7 %.

Affichant leur satisfaction au sortir de cette 5 ème réunion, tous les membres du comité de politique monétaire ont été unanimes pour reconnaître que la poursuite de la désinflation de l’économie ne fait l’ombre d’aucun doute, car c’est l’élément essentiel à la consolidation de la stabilité du cadre macro-économique et au soutien de la croissance économique. Recommandation faite à l’Etat et à la BCC : poursuite dans le strict respect du plan de trésorerie, afin de pouvoir réaliser les différents critères quantitatifs et repères prévus à fin juin 2010.                    

                                 J.R.T. 

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