PPRD : les députés de l’Ituri refusent   désormais de cotiser

0
333
militants_pprd2Une correspondance peu ordinaire, avec copies pour information au Secrétaire général de la MP (Majorité Présidentielle) et au Questeur de l’Assemblée Nationale), a atterri le lundi 26 décembre 2016 au Secrétariat général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), que tient Henri Mova Sakanyi. Signée par des députés nationaux originaires de la nouvelle province de l’Ituri, cette lettre au vitriol s’articule autour de leur refus catégorique de subir désormais des retenues de leurs émoluments, à hauteur de 10%, pour le compte de leur parti.
 Selon les intéressés, la hiérarchie du PPRD ne joue pas franc jeu dans le partage des postes de responsabilités entre ses sociétaires dans les institutions de la République et les entreprises publiques. En effet, en dépit de son « poids politique, exprimé par 12 députés nationaux sur les 26 élus de la province de l’Ituri, plus un Sénateur, nombre qu’aucune province n’a atteint après le démembrement », le PPRD/Ituri est superbement ignoré, depuis l’année 2012, dans les différents gouvernements mis en place au niveau central.
L’autre motif de la colère des députés du PPRD/Ituri réside dans le fait que « depuis 2006, l’opacité règne dans la gestion de nos cotisations au sein du parti, dont les effets ne se font pas sentir dans nos cellules de base, ne fut-ce qu’en terme de frais de fonctionnement ».
            On apprend également que les témoins recrutés par le PPRD lors de l’élection présidentielle de novembre 2011 continuent d’attendre le paiement de leurs jetons de présence. Très critiques, les élus du peuple originaires de la province de l’Ituri accusent le Secrétariat général du parti «  d’avoir réduit le PPRD à un parti de la ville de Kinshasa, où il est très actif, favorisant ainsi nos collègues de Kinshasa, au détriment de ceux des provinces. Au contraire, il a cessé de jouer son rôle politique, pour devenir une école du parti et un fond de placement social au profit des Kinoises et Kinois ».
            Cette fronde qui ne dit pas son nom va sûrement soulever des vagues au niveau de la haute direction du PPRD. Car, il s’agit d’une déclaration de guerre à peine voilée non seulement contre le Secrétaire général, Henri Mova Sakanyi, mais aussi le Secrétaire général de la Majorité Présidentielle, Aubin Minaku, par ailleurs président de l’ Assemblée nationale, et surtout « l’Autorité morale » de cette famille politique, Joseph Kabila pour ne pas le citer. Comment vont-ils réagir face à la menace de fermeture du « robinet » de l’Ituri, susceptible de faire tache d’huile dans les rangs des députés nationaux/PPRD d’autres provinces de la République ?
Il appartient aux responsables de la Majorité Présidentielle et du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie de se pencher sérieusement sur cette situation et d’apporter une réponse convaincante aux requérants, d’autant que la nouvelle Transition en gestion va ouvrir la voie à un nouveau partage des postes dans plusieurs institutions de la République.
 
                                         Kimp