Poursuivis pour tentative de coup d’Etat : 20 Congolais avec Etienne Kabila en tête devant la Cour de Pretoria

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-Etienne_KABILA_TARATIBU_971901760 20 sujets congolais résidant en Afrique du Sud sous le régime de réfugiés politiques, et dont on dit qu’ils effectuent de petites activités pour survivre, font actuellement l’objet des poursuites judiciaires pour tentative de coup d’Etat contre le président congolais Joseph Kabila. L’affaire avait fait grand bruits, l’année dernière en Afrique du Sud, où ces compatriotes avaient tous été appréhendés, et fait couler beaucoup d’encre et de salive en RDC, ainsi que dans les milieux de la diaspora congolaise.

         Ironie du sort ! L’homme présenté dans cette affaire comme le cerveau-moteur et l’âme du complot, serait Etienne Kabila, fils aîné présumé de feu Mzee Laurent-Désiré Kabila. D’où les spéculations qui enflent dans tous les milieux politiques et les rumeurs qui se répandent dans tous les sens.

            Jusqu’à ce jour, dans les milieux de l’opposition congolaise, on ne croit toujours pas à la matérialité d’un tel projet, dont la réussite ne serait possible que si ses exécutants étaient sur le territoire congolais. Car souvent, laisse-t-on entendre dans ces milieux, un complot monté à de milliers de kilomètres du lieu de son exécution, n’offre des garanties d’une réalisation harmonieuse que si la plupart des exécutants vivent sur le terrain.

            Pourtant, le procureur de la Cour de Pretoria qui a eu à se prononcer sur cette affaire, et engagé cette action judiciaire, soutient disposer des preuves matérielles établissant la participation de ces 20 compatriotes à un mouvement insurrectionnel visant le renversement du pouvoir établi à Kinshasa. Ce mouvement insurrectionnel agirait, selon des éléments que détiendrait l’organe de la loi, sous la bannière d’un parti politique dénommé «  Union des nationalistes pour le renouveau » et dont on ajoute que la plupart des activités se déroulent sur la terre sud-africaine.

            Selon les éléments du dossier Etienne Kabila s’était présenté de son propre chef à la justice sud-africaine, estimant qu’il n’avait rien à se reprocher, ni rien à cacher. Et c’est dans ce cadre qu’il entendait apporter librement toute la lumière dans ce dossier où ses co-détenus, eux, prétendent avoir été piégés.

            En effet, ils se disent piégés par les Sud-africains qui depuis des mois, avaient infiltré cette organisation, participant à toutes les réunions, discutant de l’organisation matérielle du complot, et évaluant la logistique à utiliser pour cette opération commando.

            Ces compatriotes relèvent d’autre part qu’ils ont été amenés sous de faux prétextes à participer à un camp d’entraînement militaire, où ils étaient retenus contre leur gré. Ce  qui laisse entrevoir qu’ils avaient mordu à l’hameçon, sans présager de l’issue de cette opération commando hasardeuse et très risquée.

            Dans une des audiences de ce procès, Etienne Kabila prétend qu’il avait quitté la RDC en 2002, craignant d’être assassiné et c’est pour sa sécurité, qu’il était allé vivre en Afrique du Sud, en tant que réfugié. Le procureur qui est d’un avis contraire aux allégations des prévenus note qu’ils n’ont apporté aucune preuve allant à l’encontre des éléments à charge récoltés par des policiers sud-africains qui avaient infiltré le groupe.

            Leur conseil, brillant avocat, insiste lui sur le fait que les prévenus, en tant que simples réfugiés, n’ont pas les moyens de mettre sur pied une opération aussi lourde que l’assassinat d’un président ou un coup d’Etat.

            Pour leurs proches, cette affaire n’est plus ni moins qu’une machination montée de toutes pièces par la police sud-africaine et le régime de Kinshasa.

            En son temps, les prévenus avaient introduit à la Cour de Pretoria, une demande de libération conditionnelle, espérant que la justice sud-africaine se prononcerai en leur faveur. Mais ils sont maintenus en détention, tandis que la police recherche encore le 21ème membre du complot.

Dans les milieux de la justice de Pretoria, on dit les 20 prévenus risquent d’encourir de lourdes peines d’emprisonnement et l’extradition en RDC.

            L’affaire de ces 20 compatriotes poursuivis par la justice de Pretoria, prévue hier 21 juillet 2014, a été renvoyée à la semaine prochaine. Le procès est suivi avec une attention particulière par la communauté congolaise d’Afrique du Sud et en RDC. On attend de voir si l’arrêt de la Cour de Pretoria va refléter l’indépendance de la justice de ce pays, vis-à-vis de l’exécutif.

J.R.T.

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