Poursuivi au TGI/ Gombe, Fally Ipupa absent à la barre

0
2055

Fally-Ipupa-slideL’artiste-musicien Fally Ipupa est poursuivi,  sous le RP 23.711, devant le Tribunal de Grande Instance de Gombe, par Domingos David Tati, Administrateur de sociétés, de nationalité angolaise, pour abus de confiance, extorsion de signature, arrestation et détention arbitraires. Selon l’acte d’accusation, en date du 28 avril 2011, Domingos David Tati avait signé un contrat de production musicale avec l’artiste-musicien Fally Ipupa. Ce contrat prévoyait la production du cité et son orchestre en Angola pour les dates du 20 et 21 mai 2011. Son cachet global était fixé à 45.000 dollars américains. Ce dernier avait déjà perçu, à titre d’accompte, 30.000 USD.

Il était convenu entre parties que le cité et son groupe musical devaient arriver à Cabinda au moins deux jours avant le concert, pour une bonne préparation du spectacle. Mais Fally et son groupe avaient préféré arriver à Moanda le 19 mai à 15 heures pour entrer le même jour du spectacle à Cabinda, ont indiqué les avocats-conseils du plaignant, au cours de l’audience publique tenue dans la chambre III.

Après avoir bénéficié d’un logement décent le 19 mai 2011 de la part de Domingos, le musicien Fally et son groupe sont arrivés à Yema, à la frontière de congolo-angolaise, le 20 mai 2011 à 11 h30’. Durant ce temps, les préposés de Domingos ont obtenu pour le cité et son groupe un « laissez-passer collectif »,  afin de leur permettre de traverser la frontière de la RDC pour celle de Cabinda, en Angola.

Vers 13h 30’, le cité et son groupe se sont bel et bien retrouvés au niveau de la frontière angolaise à Cabinda, où il leur avait été demandé d’attendre le visa d’entrée qui devait être apposé sur le document du « laissez-passer collectif », par un agent de l’immigration angolaise, qui se trouvait encore dans une réunion de service.

Deux heures plus tard, soit à 15 h 30’, le cité a commencé à s’agiter. Pour des raisons inavouées, il a finalement décidé de quitter Cabinda pour Kinshasa, alors que quelques minutes après, l’agent de l’immigration angolaise qu’on attendait était venu pour viser le « laissez-passer collectif ». Le fonctionnaire angolais et le plaignant étaient surpris de constater que le cité et son groupe ne répondaient plus aux appels.

Au vu de cette attitude discourtoise et irresponsable de Fally, les avocats du plaignant ont demandé au tribunal de prendre acte de son comportement, constitutif de l’infraction d’abus de confiance, prévu et puni par les dispositions de l’article 95 du Code pénal congolais, Livre II.

            Ces praticiens du droit ont indiqué que Domingos était obligé de venir à Kinshasa revendiquer le remboursement de l’acompte de 30.000 remis à Fally. A cet effet, leur client avait, le 30 septembre 2011, déposé une plainte contre le cité auprès des autorités tant judiciaires qu’administratives de la RDC à Kinshasa. Mais, bien avant d’entamer cette démarche, le citant avait approché le cité dans le but d’obtenir le règlement à l’amiable du litige financier.

            Le plaignant était surpris, en date du 24 octobre 2011, de recevoir une invitation du cité au restaurant 615, à la place Royal, sur le boulevard du 30 juin, pour une prétendue négociation. Présent sur le lieu vers 19 h, après une longue discussion, le cité l’avait contraint de signer un document écrit en français, sous la menace des policiers.

            Cette attitude est constitutive de l’infraction d’extorsion de signature telle que prévue et punie par les dispositions de l’article 84 du Code pénal congolais. Ce fait constitue aussi une atteinte à la liberté individuelle. Au finish, le plaignant a sollicité la condamnation de Fally aux dommages et intérêts de 150.000 dollars pour tous les préjudices confondus, au remboursement de son argent ainsi qu’aux frais d’instance.

            Le tribunal a pris en délibéré cette cause pour un jugement à intervenir dans le délai légal. Etant donné que le cité Fally Ipupa n’avait pas comparu en personne, comme l’exige la loi, le tribunal a retenu le défaut à sa charge et demandé à ses avocats de se retirer de la barre.

            Le ministère public a requis 3 ans pour Fally Ipupa, car il a estimé que l’infraction d’abus de confiance était établie en fait comme en droit.

Murka