Poursuite des efforts de stabilisation de la monnaie : nouvelle intervention de la BCC sur le marché de change

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        La Banque Centrale du Congo va intervenir encore ce matin, sur le marché de change, à travers une nouvelle opération d’adjudication dont les termes seront dévoilés à la clôture. Il s’agit de la seconde opération de vente des devises, tel que recommandé à l’Institut d’émission par le Comité de politique monétaire restreint à la suite de l’évaluation de la situation financière faite le vendredi 14 janvier 2011. Au cours de cette réunion, comme les membres de cet organe ont examiné le comportement du Franc congolais après la vente du paquet de 15 millions de dollars opérée le lundi 10 janvier 2011, par la Banque Centrale du Congo.

       Par la voix de leur président, le gouverneur Jean-Claude Masangu, ils ont apprécié l’impact de cette intervention qui a permis à la BCC de satisfaire à hauteur de 25 millions de dollars, les besoins en devises des banques commerciales qui se chiffraient à 33 millions de dollars. Grâce à cette bouffée d’oxygène, à la date du vendredi 14 janvier, ces besoins étaient revus à la baisse et atteignaient le niveau de 13 millions de dollars. Soit une baisse de 31 %.
       Concernant le marché de change, le relevé fait le week-end dernier sur plusieurs places de référence de Kinshasa, par les experts de la BCC, donnait un taux de change oscillant entre 923 FC et 925 FC le dollar. Cette légère appréciation du Franc congolais a été saluée avec beaucoup d’enthousiasme, même si la prudence était toujours de mise
dans les projections faites pour cette fin du mois. Car, au lendemain des turbulences enregistrées à la fin de l’année 2010, il est vrai que la situation financière reste toujours volatile, bien qu’apparaît une lueur d’espoir quant à la stabilité de la monnaie locale. D’où le déploiement des efforts supplémentaires par l’Institut d’émission pour parvenir à cet équilibre tant souhaité.
       Dans son évaluation de la situation financière, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo a indiqué que pour consolider les acquis de la première opération d’adjudication lancée au début de la semaine passée, une série des mesures   a été prise par l’Institut d’émission. Il s’agit d’arrêter avec les émissions monétaires, et de poursuivre ses interventions sur le marché avec comme objectif final, la stabilité de la monnaie. Et pour le gouvernement, il s’agit du resserrement de la politique budgétaire, assisesur le respect strict du plan de trésorerie, grâce au paiement des dépenses de l’Etat sur base caisse. Toutes ces actions auront comme résultante, la réduction de la volatilité du solde des opérations financières de l’Etat et le renforcement de la stabilité du cadre macro-économique, ainsi que la réalisation des critères quantitatifs du Programme économique de
l’exécutif. Pour plus de lisibilité des actions entreprises sur recommandation du Comité de politique monétaire restreint, Jean-Claude Masangu s’est enfin prêté aux questions de la presse, afin d’apporter un éclairage supplémentaire sur l’évaluation de la situation financière faite par son organe.
       Appelé à juger l’impact de la première opération d’adjudication, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo a fait savoir qu’il y a eu un rapprochement entre le taux parallèle le taux indicatif. Objectif principal des interventions de l’Institut d’émission : la stabilité du Franc congolais par rapport à la devise américaine. Il y a certes, plusieurs marchés de change avec des taux différents, la volonté des responsables de la BCC est de voir les ménages en quête des devises, les acquérir au moindre coût. Il faut, a-t-il insisté, que l’écart entre le taux parallèle et le taux indicatif soit de 1 %.
       A la question de savoir d’où proviennent les fonds destinés à couvrir les opérations de vente des devises, Jean-Claude Masangu n’a pas mâché les mots pour signaler qu’ils provenaient notamment de l’économie nationale, ainsi que des allocations du FMI.
       Au sujet des mesures d’encadrement envisagées pour juguler la spéculation sur la vente des devises, il a fait remarquer que le ministère des Finances a été invité à une meilleure gestion de la liquidité, tant en devises qu’en monnaie locale. Il devra désormais procéder s’il le faut, au paiement en devises de certaines dépenses publiques.
       Alors qu’on s’attendait aux situations pires sur le marché financier, la bataille de la stabilité de la monnaie, a fait savoir le gouverneur de la Banque centrale du Congo, a été gagnée en décembre 2010.
J.R.T.

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