«Pourquoi j’avais choisi Kimbuta» : L’Honorable Ngobila s’explique

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Q.l/ Honorable NGOBILA, pourriez-vous vous présenter brièvement ?

R./ Je suis Félly NGOBILA MAYO, né à Kinshasa (ex-Léopoldville) dans les années soixante, plus précisément au début de la 2è République.

Je suis marié et père de 4 enfants, diplômé d’Etat de l’Institut de la Gombe (lG) dans la section scientifique, option bio-chimie à Kinshasa/RDC; diplômé d’Economie Appliquée à la Gestion Commerciale de l’Institut Catholique des Hautes Etudes Commerciales (lCHEC) à Bruxelles/Belgique; diplômé en Droit Economique et Social de l’Université Libre de Kinshasa (ULK) à Kinshasa/RDC; député honoraire de la Ville Province de Kinshasa; Avocat près la Cour d’Appel de Matadi/RDC; expert en Droit Fiscal et Spécialiste en TVA; président de l’ONG qui porte mon nom : «Fondation Ngobila».

Q.2/ Dites-nous pourquoi vous aviez choisi KIMBUTA lors du scrutin de 2007 concernant l’élection du Gouverneur et du Vice-gouverneur de la Ville Province de Kinshasa alors que vous étiez vous-même candidat Vice-gouverneur ?

R./ Etant donné que j’étais moi-même candidat Vice-gouverneur avec  l’Honorable Martin Fayulu comme candidat Gouverneur, nous avions un programme à présenter et à défendre auprès de nos collègues Députés et Grands Electeurs. Notre ticket partait avec un handicap de +2 voix du fait que nous faisions partie des Grands Electeurs lors de ce scrutin, la charité bien ordonnée oblige.

A la suite des entretiens avec les collègues Députés, j’avais pris conscience que malgré nos deux longueurs d’avance par rapport aux autres Candidats, notre ticket n’était pas favori dans la course pour le maïorat de la Ville Province de Kinshasa. L’honnêteté intellectuelle aidant, j’avais scrupuleusement exploré et étudié les programmes des autres candidats; celui du Candidat KIMBUTA m’avait semblé très ambitieux. Il avait l’avantage de répondre aux besoins des Kinoises et des Kinois, plus particulièrement dans les domaines tels que: l’environnement, l’éducation, la santé, le transport, le logement et la sécurité. A cela s’ajoutaient d’autres considérations sur le plan stratégique, ce qui avait porté mon choix sur le candidat KIMBUTA que je considérais comme le meilleur.

Q. 3/ Honorable Ngobila, si c’était à refaire, vous comporteriez-vous de la même manière et pourquoi?

R./ Bien sûr que oui.

Je ne suis pas là pour juger les actions de l’exécutif provincial que dirige son Excellence le Gouverneur André KIMBUTA YANGO, mais je vais signaler quelques faits.

Partant, d’une part, de la Constitution de la République Démocratique du Congo, notre guide, les domaines des compétences ont été clairement répartis entre le pouvoir Central et les Provinces. L’exécutif provincial de Kinshasa a bel et bien intériorisé cette donne constitutionnelle et s’y est engagé pour le bien-être des Kinoises et Kinois.

Notons, d’autre part, que notre loi fondamentale a bien circonscrit les domaines de compétences exclusives des provinces et ceux de collaboration. Kinshasa, Capitale de la République Démocratique du Congo, siège des institutions, est sous les projecteurs de plus d’un citoyen.

En dépit de leurs critiques, nous devons avoir l’honnêteté de reconnaitre et de saluer le travail abattu par l’équipe KIMBUTA durant ces 7 dernières années dans une mégapole de plus de 10.000.000 d’habitants, aussi peuplé que la Belgique.

Q.4/ Honorable Ngobila, que pouvez-vous dire aux Kinoises et Kinois qui critiquent la politique du Gouverneur KIMBUTA? 

R./ La population. kinoise a le droit de critiquer la politique menée par son Gouverneur pour autant que ces critiques soient objectives, c’est-à-dire proférées dans un but constructif et non destructeur, dans le souci de faire  améliorer les actions menées et non le contraire, car le Gouverneur KIMBUTA lui-même ne cesse de le répéter, je cite: « Kinshasa pour tous et par tous», autrement dit « Kinshasa ya biso nionso », fin de citation.

En plus, les Kinois ont délégué leurs pouvoirs aux Honorables Députés Provinciaux dont le rôle est de légiférer, de contrôler l’exécutif provincial ainsi que les services publics de la Ville.

Alors, il n’appartient pas à un Citoyen Congolais de se servir de n’importe quelle casquette et surtout pas celle de député national pour distraire la population kinoise sur la gestion de la Ville.

Le Député national a ses prérogatives, parmi lesquelles on ne trouve nulle part le fait de saborder l’espoir de tout un peuple, de critiquer une institution républicaine et moins encore de tenir des propos malsains à l’encontre des autorités de la république.

 

Q.5/ Honorable Ngobila, en tant qu’acteur et témoin vivant de la victoire du candidat KIMBUTA à la tête de l’exécutif provincial de Kinshasa, racontez-nous un peu comment cela s’était passé ?

R./ A la publication des résultats des élections législatives provinciales d’octobre 2006 par la Commission Electorale Indépendante (CEl), le paysage politique de la Ville de Kinshasa s’était dressé comme suit:

Sur les 44 députés élus: 22 MLC, 8 PPRD, 3 ABAKO, 2 PALU, 2 INDEPENDANTS, 2 RCD, 1 CODELI, 1 CAMP DE LA PATRIE, 1 ADECO, 1 OC et 1 PRP.

Le bureau provisoire étant installé conformément à la législation, la commission de validation des pouvoirs des députés fut mise en place, la cooptation des 4 chefs coutumiers sans connotations politiques bien définie, le règlement intérieur de l’Assemblée adopté, le bureau définitif installé après la votation des membres devant le constituer.

Et puis viendra l’élection des Sénateurs conformément à la Constitution; et il restait le choix du Gouverneur et du Vice-gouverneur par les Assemblées Provinciales. Et celle de Kinshasa devrait retenir toute notre attention.

La CEl publia la liste des Candidats ci-après:

1) Adam BOMBOLE MLC

2) Martin FAYULU     INDEPENDANT

3) André KIMBUTA    PPRD

4) Lily LUMANDE      INDEPENDANT

5) Joseph OLENGA NKOY   INDEPENDANT

6) Pascal TABU LEY             INDEPENDANT

Suivant la loi électorale qui stipule ce qui suit: «Sont élus Gouverneur et Vice-gouverneur, les Candidats ayant obtenu la majorité absolue au premier tour, au cas où aucun candidat ne serait élu au premier tour, les deux premiers vont se départager au second tour par une majorité simple des voix exprimées».

Dans notre cas, la majorité absolue était de 25 voix pour une Assemblée composée de 48 députés.

Or, au regard du paysage politique qui s’était dessiné au sein de notre Assemblée, aucun parti politique ni même un regroupement politique ne remplissait théoriquement la condition favorable pour élire son candidat dès le premier tour, c’est-à-dire avoir la majorité absolue.

D’où, il avait fallu recourir au jeu des alliances entre partis et regroupements politiques pour pouvoir atteindre la majorité favorable afin d’élire son candidat dès le premier tour.

Dans ce jeu d’alliances, le MLC était largement favori, fort de ses 22 élus et de son allié traditionnel qu’était CODELI.

Le constat d’échec dans le jeu des alliances entre l’ABAKO et le MLC suite au refus de ce dernier de laisser à l’ABAKO le poste du Vice-gouverneur, entraîna un bouleversement des intentions de vote pour le premier tour, dont voici le résultat du sondage:

lè) Adam BOMBOLE avec 23 Voix soit 47,9 %

2è) André KIMBUTA avec 22 Voix soit 45,8 %

3è) Martin FAYULU avec 3 Voix soit 6,3 %

C’est à l’issue du résultat de ce sondage que j’avais profondément réfléchi, m’amenant à explorer les programmes des deux premiers candidats, ajoutez à cela d’autres considérations stratégiques. J’avais tout simplement refusé d’endosser cette lourde responsabilité qui nous aurait obligés à jouer le rôle d’arbitre au second tour. Par conséquent, l’honnêteté intellectuelle nous poussa au désistement de notre candidature en faveur du candidat KIMBUTA.

Ceci étant, après le vote, la CEl proclama comme élus Gouverneur et Vice-gouverneur le ticket représenté par KIMBUTA et BAFIBA avec 26 Voix soit 54,2 % contre le ticket représenté par BOMBOLE et BABALA avec 22 Voix soit 45,8%.

Voilà comment les choses s’étaient déroulées.

 

Q./ Honorable Ngobila, pourquoi seulement maintenant? Que pouvez-vous ajouter pour conclure?

R./ Depuis cet événement qui avait porté André KIMBUTA à la tête de l’exécutif de la ville province de Kinshasa, j’étais assailli par les médias tant congolais qu’étrangers voulant comprendre comment le MlC qui partait largement favori avait perdu cette élection. Plusieurs questions m’avaienont été posées. Ne voulant pas aller vite en besogne, j’avais pris tout mon temps pour mûrir certaines réponses qui nécessitaient une bonne période d’observation pour être éclairées;

Et pour finir, je vous donne d’ores et déjà rendez-vous pour parler de prochaines échéances électorales afin de vous livrer quelques stratégies pouvant servir aux futurs candidats Gouverneurs de provinces.

Interview réalisée par

Rosinadine Kabeya (CP)

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