Pour un véritable décollage de l’économie congolaise : les principales pistes de solution du patronat congolais

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On se pose toujours de tas des questions pour résoudre les principaux maux qui rongent l’économie nationale. On s’interroge toujours sur la lenteur de son vrai décollage. A ces trois questions essentielles qui constituent des préoccupations majeures pour le gouvernement, la FEC, par la voix de son président national, Albert Yuma Mulimbi, vient d’apporter des pistes de solution. Cet économiste doublé de casquette de manager, a partagé ses convictions, ainsi que celles de l’ensemble du patronat congolais, avec les milieux politiques et socio-économiques de la RDC, auxquels il a associé les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques accrédités à Kinshasa.

Il a choisi pour ce faire, la cérémonie de présentation de vœux de Nouvel an 2015, qui a eu pour cadre Le chapiteau Fête parfaite sur l’avenue de la Justice. Signalons qu’on a noté la présence du président du Sénat, Léon Kengo, des sénateurs, des députés pour le gouvernement le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Evariste Boshab à la tête d’une délégation des ministres des secteurs économique et financier, du gouverneur de la Banque centrale Deogratias Mutombo, du gouverneur honoraire de l’Institut d’émission Jean-Claude Masangu, des représentants de régies financières et des organismes publics. Parmi les ambassadeurs, Jean Michel Dumond de l’Union européenne et les représentants des ambassadeurs de Belgique et de France, ont rehaussé de leur présence, cette soirée.

Evoquant les principales difficultés rencontrées en 2014, par ses membres et l’ensemble des opérateurs économiques de notre pays, Albert Yuma a épinglé l’insécurité due à l’activisme des groupes armés locaux et étrangers à l’Est, notamment à Beni, la dégradation des infrastructures routières et ferroviaires occasionnant des surcoûts, ainsi que des pertes dues à l’avarie des marchandises, et à la prolongation des délais d’acheminement des produits alimentaires.

Au Nord et Sud Kivu, les commerçants sont obligés par exemple, de passer par le Rwanda pour contourner les tronçons impraticables. Il y a en outre, l’insuffisance et la mauvaise qualité de l’énergie électrique et de l’eau potable, obligeant les entreprises, soit à réduire leur niveau d’activité, soit à recourir à des sources énergétiques alternatives plus coûteuses, une concurrence déloyale dans les zones frontalières où des produits importés causent la mévente des produits locaux, et le refus de certaines provinces à appliquer les décisions gouvernementales interdisant la perception illégale de 38 taxes dans le secteur du transport fluvial et lacustre. Et comble de tout, les tracasseries policières et administratives lors de contrôle fiscal et des recettes non fiscales. Et ce, en violation des textes légaux et réglementaires en vigueur.

 

  La recette de la FEC

 

La FEC avait suggéré lors des travaux de concertations nationales, la relance et le développement de l’économie nationale, grâce à l’amélioration significative du climat des affaires, avec une participation active du secteur privé dans la définition des politiques et stratégies économiques, et la poursuite de grands travaux d’infrastructures dans les secteurs qui permettent d’améliorer la compétitivité de notre économie, et la mise en place du fonds de garantie pour faciliter l’accès au crédit pour les PME.

Enfonçant le doigt dans la plaie, Albert Yuma a plaidé pour le paiement de la dette intérieure qui pourra permettre aux entreprises d’assurer le maintien de leurs activités et d’accroître leurs investissements, ainsi que la nécessité de finaliser le processus de réforme des entreprises publiques en sociétés commerciales.

Plus précis, le président national de la FEC note aussi que les succès obtenus en 2014 par le gouvernement pour la stabilité du cadre macro-économique, ne doivent pas occulter les dysfonctionnements des structures économiques qui handicapent la consolidation de la croissance économique. Entre autres déficiences, il a relevé celles dans l’allocation des ressources en faveur des secteurs productifs et sociaux qui limitent les possibilités de réduction des inégalités et de la lutte contre la pauvreté.

Les recettes propres de l’Etat connaissent depuis des années, un niveau très moyen de mobilisation. Jusqu’à fin novembre 2014, le taux d’exécution de recettes ne représentait que 44 % contre 59 % en 2013.

Selon la FEC, des efforts supplémentaires méritent d’être déployés pour élargir l’assiette fiscale, en supprimant les régimes dérogatoires et des exonérations fiscales non réglementaires, la lutte contre la fraude et le coulage des recettes. Le patronat congolais note aussi les dépassements de plus de 100 % de dépenses publiques au détriment d’autres services, la faiblesse des dépenses en faveur des secteurs sociaux et agricoles, ne permettant pas l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement.

Albert Yuma a prévenu que tout en appréciant quelques performances, notamment la consolidation de la croissance économique en RDC, une analyse qualitative dévoile le caractère non inclusif et non partagé de cette croissance. Et sur le plan minier, il reste convaincu que sans cycle de transformation localement de nos produits miniers, il n’y aura pas domestication de la valeur ajoutée. Donc, pas de création d’emplois et de richesses. D’ailleurs, les cours mondiaux de ces produits connaissent une chute.

Nouvelle piste de solution : mettre en place des politiques incitatives pour promouvoir l’industrie locale de transformation, pour offrir au plus grand nombre le bénéfice du développement socio-économique, en poussant la production agro-industrielle et la sous-traitance locale. A ce sujet, les recommandations de la Table-ronde de Lubumbashi de janvier 2014, ne sont pas appliquées, tel que le projet du nouveau code minier qui n’est toujours pas adopté, et tant d’autres.

J.R.T.