Pour Mukwakani, le Palu est un simple bouc-émissaire

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Cadres et militants du Parti Lumumbiste Unifié (Palu) ne se reconnaissent pas dans le cliché de « casseurs » qu’on tente de leur coller depuis les événements du mercredi 18 mai 2010 au Palais du Peuple. Certes, il y a eu des dérapages. Mais, à leur avis, cette situation malheureuse aurait pu être évitée si les forces de l’ordre n’avaient pas interdit l’accès de cette concession aux partisans du parti cher à Gizenga venus pourtant participer à une séance ouverte au public. C’est l’usage des gaz lacrymogènes, soutient-on, qui avait mis le feu aux poudres. Bref, au Palu, on accuse la police d’avoir très mal fait son travail de maintien de l’ordre public et une main noire d’avoir voulu priver Adolphe Muzito d’un soutien moral dont il avait grandement besoin dans l’épreuve de force que cherche à lui imposer l’opposition parlementaire, avec la complicité de quelques aigris de l’Alliance de la Majorité Présidentielle.

 

 Intervenant sur plusieurs médias, le président du groupe parlementaire du Palu, Zémon Mukwakani Gahungu, a estimé que son parti a servi de bouc émissaire à une opposition incapable de réunir 125 signatures pour la recevabilité de sa motion de censure contre le Premier ministre. Consciente de ses limites mais aussi de graves actes de tricherie commis au niveau des listes des signataires de la fameuse motion, martèle-t-il, l’opposition parlementaire s’est saisie des incidents ayant précédé la plénière pour camoufler sa déconfiture.
Qu’à cela ne tienne. Le discrédit est là, irréfutable. Selon Zémon Mukwakani, la tricherie dans laquelle s’est illustrée l’opposition parlementaire devrait appeler des sanctions de la part du Bureau de l’Assemblée Nationale.
 D’autres voix proches de l’Alliance de la Majorité Présidentielle ont parlé du mercredi de la honte au Palais du Peuple, allusion faite à l’acte de retrait de la motion de censure contre le Premier ministre suite aux anomalies y constatées, lesquelles auraient dû consacrer sa  disqualification pure et simple et non pas son retrait. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, souligne-t-on, l’opposition parlementaire n’a d’autre alternative pour remettre sa motion en selle que de retomber dans le faux et usage de faux.

Que se passe-t-il
à Lubumbashi ?
La nouvelle est tombée aussi brutalement que laconiquement lundi à Kinshasa : «les forces de sécurité sont en état d’alerte à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga». Confirmée rapidement par la radio onusienne Okapi, elle a constitué la grande surprise de la journée à côté de la reccurente question de la motion de censure qui empoisonne la vie politique du pays depuis près d’un mois.
 Face au flot de rumeurs suscité par la nouvelle livrée par Radio Okapi, on était en droit d’attendre de plus amples explications du gouvernement pour à la fois éclairer l’opinion et apaiser les esprits. Mais rien n’est arrivé jusqu’au moment où nous mettions sous presse. De sorte que la population lushoise en particulier reste prisonnière des rumeurs les plus affolantes sur la présence des rebelles hutus ou sur la proclamation unilatérale d’une nouvelle province ayant pour chef-lieu Kolwezi. Une simple mise au point officielle aurait permis d’évacuer les incertitudes. Ci-dessous, la dépêche de Radio Okapi.

Les FARDC et la police ont investi l’aéroport de la Luano et d’autres points stratégiques de Lubumbashi ©patpozaire.free.fr
Des éléments des forces de sécurité lourdement armés ont été déployés dimanche soir 23 mai dans les points stratégiques de la capitale du cuivre, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie.
Dès 20h locales, des militaires FARDC et des éléments de la police nationale ont investi la chaussée M’Zee Kabila, l’avenue Kamanyola où se trouve la résidence présidentielle, les abords de la RTNC locale, le bureau du gouvernorat de la province et même l’aéroport international de la Luano.
Les  autorités provinciales ont convoqué en urgence une réunion de sécurité lundi matin.

Attaque imminente?

Avant le déploiement des forces de sécurité dimanche soir, entre 16 heures et 17 heures locales, une situation confuse a été observée à l’aéroport de la Luano selon plusieurs témoins, sans en préciser la nature exacte.
Certaines sources parlent cependant d’une attaque imminente sans déterminer l’identité des éventuels assaillants ni le motif de leur action.
D’autres sources affirment qu’au cours de la même nuit, une vingtaine de personnes ont été arrêtées.
Au mois de décembre 2009, des dizaines de personnes soupçonnées de chercher à déstabiliser le pouvoir en place avaient été arrêtées à Lubumbashi.
Au mois de février dernier, des hommes armés avaient fait irruption au quartier Taba-Congo, mais la police n’avait pas réussi à mettre la main sur eux.

    
Lumanu aux Russes : «  Si vous, vous détenez des capitaux, nous, nous avons d’importantes ressources naturelles ! »

Le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité a ouvert hier, au Grand Hôtel Kinshasa, au nom du Premier ministre empêché, le 2 ème Forum d’affaires russo-congolais organisé conjointement par le Groupe Metropol, l’Anapi et la Mining Bank of Congo, après celui tenu en avril 2009 en Russie. Et ce, en présence de quelques membres du gouvernement, des responsables des entreprises du Portefeuille, des dirigeants des organisations patronales et professionnelles congolaises, FEC, Copemeco et Fenapec et de leurs membres.
 
 Dans son allocution de circonstance, Adolphe Lumanu a d’abord salué l’arrivée en RDC, d’une forte délégation russe, après celles des autres pays amis qui ont séjourné à Kinshasa. En ce moment, sous l’impulsion du président Joseph Kabila, mon pays est en train de réussir son grand pari de développement, à travers de grands chantiers de réformes et construction d’infrastructures, les Cinq chantiers. Tout est en train d’être reconstruit et modernisé», a-t-il indiqué. 
 Face à un marché prometteur qu’est celui de la RDC, avec ses 65 millions d’habitants, il a invité les hommes d’affaires russes à venir investir dans plusieurs secteurs et à s’associer à leurs partenaires congolais.
 Sur le plan des investissements, a-t-il dit, notre gouvernement a lancé une diplomatie d’ouverture à l’égard des pays amis dont la grande nation russe. Aussi a-t-il évoqué quelques similitudes entre la Russie et la RDC dont la taille s’apparente à des continents, des richesses naturelles immenses, une grande diversité culturelle et des défis énergétiques sont des atouts pour leur développement.  Il a présenté quelques facettes des opportunités qu’offre notre pays, susceptibles de répondre aux
Besoins des entreprises russes en quête de nouveaux marchés.
«  Si vous, vous détenez des capitaux, nous, nous avons d’importantes ressources naturelles ! »
Lumanu Bwana Nsefu les a exhortés à inaugurer une nouvelle ère de coopération économique et commerciale pour la prospérité de nos deux peuples et l’essor de nos entreprises.
Après avoir déploré le faible volume des échanges commerciaux entre nos deux pays, le représentant du Premier ministre a émis le vœu de voir changer cet état de choses.
 L’ambassadeur de la Fédération de Russie en RDC a pour sa part, rappelé l’appui de son pays aux indépendances africaines et la dernière visite du président Medvedev dans quelques pays africains. Celle du ministre des Affaires étrangères Thambwe Mwamba à Moscou, en 2009, à la tête d’une délégation des hommes d’affaires congolais.
 Et celle récente à Kinshasa, de l’envoyé spécial du président russe auprès de son homologue congolais. La Russie, a-t-il indiqué, a toujours soutenu les dirigeants africains et œuvré pour la sauvegarde de leur stabilité et leur intégrité territoriale. Autant des manifestations qui illustrent la volonté des autorités russes à renforcer davantage les relations de coopération entre Moscou et Kinshasa.
 Si le niveau de relations politiques est satisfaisant, Anatoli Kli Menko a lui aussi déploré le faible niveau des échanges commerciaux, avant de relever les similitudes entre son pays et la RDC qui possèdent la plupart des éléments de la table de Mendeleiev.

Un protocole d’accord pour sceller les relations d’affaires entre Kinshasa et Moscou

 La signature du protocole d’accord entre les la Chambre de commerce et d’industrie de Russie et la Fédération des entreprises du Congo constituera, à ses yeux, la feuille de route pour nos relations futures.
Le président de la FEC a déclaré que ce forum va certainement régler une anomalie entre nos deux pays qui, dès l’accession de notre pays à l’indépendance, avaient signé de nombreux accords qui n’ont pas été concrétisés. Albert Yuma croit savoir que le présent forum d’affaires pourra alors renforcer les liens de partenariat entre les hommes d’affaires russes et congolais et inaugurer une nouvelle ère de coopération mutuellement avantageuse pour nos deux pays.
 Syndicat patronal et chambre de commerce et d’industrie, agricole et artisanal, la FEC regroupe en son sein plus au moins 2.500 entreprises sur toute l’étendue de la RDC. Elle collabore avec d’autres organisations patronales et professionnelles, à savoir la Copemeco et la Fenapec, tandis que les entreprises du Portefeuille de l’Etat sont rassemblées au sein de l’Aneap.
 Albert Yuma s’est alors étendu sur les progrès réalisés dans notre pays, sous l’impulsion du chef de l’Etat, dans maints domaines et qui contribuent à l’élimination du risque-pays, à l’amélioration des finances publiques avec comme objectif, l’atteinte du point d’achèvement qui aboutira à l’effacement de la dette de notre pays estimée à près de 10 milliards de dollars.
 Il a terminé en rappelant la panoplie des mesures gouvernementales pour l’amélioration du climat des affaires et favoriser la promotion des investissements, dont entre autres la simplification des formalités pour la création des entreprises, la baisse des droits, taxes et redevances et la promulgation de la loi sur l’adhésion de la RDC à l’Ohada qui garantit une sécurité juridique et judiciaire aux entreprises.
 Le président national de la FEC s’est abstenu de donner la liste exhaustive des chantiers des mesures et des réformes, pour lesquels il a laissé entendre que tout ne se fera pas en un seul jour. Il croit savoir que c’est là la volonté du gouvernement de donner au secteur privé son rôle moteur dans le développement de notre pays.
 Enfin, il a dévoilé quelques opportunités d’investissements pouvant intéresser les hommes d’affaires russes et les a invités à nouer des relations commerciales avec leurs partenaires congolais. 
 Mettant en exergue les similitudes entre Moscou et Kinshasa, le président du Groupe Metropol a émis le voeu de voir l’expérience vécue par la Russie, ces dernières années, mise au profit de la RDC.
 Son groupe qui est présent au Canada, Grande-Bretagne, France, Serbie, Montenegro, Chypre, RDC, Japon, Chine et Vietnam, entend investir davantage dans notre pays. M. Slipenchuck a salué l’augmentation de la capitalisation en RDC qui est un travail important et espère que des efforts seront déployés pour développer les entreprises. Il a déploré qu’à côté de grandes entreprises, il y ait des gens qui vivent dans la pauvreté. Son groupe envisage de changer cet état de choses, raison pour laquelle Metropol a fait beaucoup en Russie. En dehors de ses activités principales au Congo, ce groupe industriel soutient la fédération congolaise de karaté en fournissant des équipements et des entraîneurs qui ont permis aux athlètes congolais d’avoir le même niveau que les karatékas russes.
 La Mining Bank of Congo sera également le moteur du développement du projet pour la préservation de l’espèce des bonobos qu’ils ont visitée dans le Bas-Congo, ainsi que pour les entreprises congolaises et russes.
 Afin de donner un large éventail des opportunités d’investissement qu’offre la RDC, le DG de l’Anapi a dévoilé la carte de principales ressources naturelles de chaque province, ses potentialités énergétiques et touristiques et insisté sur les avantages de notre marché intérieur qui est ouvert sur neuf pays limitrophes.
Le secrétaire général à l’Energie a, au nom du ministre de l’Energie, entretenu les hommes d’affaires russes sur le thème «  Les opportunités d’investir dans les secteurs de l’eau et de l’électricité  en RDC » et donné l’état de lieux des énergies que notre pays pourrait exploiter dans le futur, étant donné qu’il en possède des atouts, notamment l’énergie hydroélectrique, la biomasse, le pétrole, le gaz naturel, la géothermie.
 Cependant, on peut regretter le fait que malgré ses potentialités énormes en eau douce, et son grand potentiel hydroélectrique, le taux de desserte en eau et en courant électrique est très faible. D’où il a lancé un appel pressant aux hommes d’affaires russes à venir investir dans notre pays. L’ADG de la Snel a promis de mettre ses experts à la disposition de la délégation russe pour des contacts plus approfondis et visite de son entreprise.
Dans l’après-midi, des groupes de travail mixtes se sont constitués dans chaque secteur d’activité intéressant les investisseurs russes.
 Aujourd’hui, interviendra dans la soirée, la signature du protocole d’accord entre les deux chambres de commerce et d’industrie qui va sceller les relations commerciales entre nos deux pays.

J.R.T.

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