Pour feu KAMANDA wa KAMANDA, je témoigne !

0
199

kamandaDécédé dans la nuit du 20 au 21 janvier 2016 des suites d’une courte maladie, Kamanda wa Kamanda (ex-Gérard), quitte ce pays, la R.D.C., ex-Zaïre, qu’il aimait et chérissait tant, dévastée, méconnaissable et son processus de décomposition irréversiblement engagé ! Car, aujourd’hui, ma foi, rien en vue ne me dit que ce pays retrouvera bientôt son indépendance et son visage d’antan, ou même qu’il pourra accéder au statut d’un pays émergent tel que préconisé par les vrais nationalistes congolais de la trempe de Lumumba, de Mobutu, de Mulamba, de Madrandele Tanzi, de Kithima et d’anciens membres de l’Union Générale des Étudiants Congolais (U.G.E.C.), formés à l’Université Lovanium de Kinshasa (ex-Léopoldville), selon la volonté du peuple congolais souverain.

C’est dire que si je reprends un peu ma liberté pour témoigner aujourd’hui sur l’homme et le souvenir qu’il laisse dans ma mémoire, c’est parce que je sais que depuis son jeune âge, il avait un idéal et qu’il est devenu un grand homme pour avoir travaillé avec un grand homme, le Président Mobutu, qui l’a propulsé aux devants de la scène politique nationale et internationale, un Président dont des esprits faibles et mesquins, complètement immergés dans la mare boueuse d’une modernité impensée et sans lendemains, n’ont ni l’intelligence, ni le courage, de reconnaître les mérites !

En effet, depuis l’avènement, le 17 mai 1997, de l’Alliance des Forces (dites) Démocratiques de Libération du Congo-Zaïre (AFDL) au pouvoir à Kinshasa par Coup d’État consécutif à la Guerre d’invasion, d’agression et d’occupation des territoires de l’Est du Congo, dont je suis moi-même originaire, par des éléments des Armées régulières venus de certains pays voisins, la République Démocratique du Congo, sous la direction du pouvoir en place, a perdu de sa superbe et, hélas, de sa mémoire ! Tant il m’apparaît absolument aberrant que des dirigeants, se réclamant de Lumumba et de Kimbangu sur le fond du mensonge et des amalgames funestes, laissent aujourd’hui l’Histoire du Congo s’écrire désormais, non pas par des vrais Congolais comme l’avait souhaité et préconisé dans sa lettre posthume à sa femme Pauline, l’ancien Premier Ministre Lumumba, mais toujours à Bruxelles, à Londres, à Washington, et maintenant à Kampala, à Kigali, ou, ce qui est fou, idiot et indigeste, à Kinshasa même, par des prétendus intellectuels congolais, bêtement ignorants de leur passé, en un mot des intellectuels de service pour l’occupation et l’exploitation de leur pays !

C’est ainsi qu’aujourd’hui, curieusement, le mensonge – et non plus la vérité historique – est devenu la règle et le leitmotiv des nouveaux dirigeants congolais pour réécrire l’Histoire du Congo.

Ainsi, par exemple, Laurent Kabila, auto-surnommé Désiré à son avènement au pouvoir, est vénéré comme l’un des pères fondateurs de l’indépendance nationale au même titre que Lumumba et Joseph Kasa-Vubu entre autres, alors qu’il ne les a jamais rencontrés, n’a pas été présent à la Table Ronde de Bruxelles, n’était pas, à aucun moment, aperçu à la cérémonie et aux festivités de l’indépendance, le 30 juin 1960, à Léopoldville (Kinshasa), et n’a jamais été membre du parti politique créé et dirigé par Patrice Eméry Lumumba en personne, le Mouvement National Congolais (M.N.C.) !

De même, en est-il d’Antoine Gizenga, membre du Parti Socialiste Africain (P.S.A.) comme naguère Cléophas Kamitatu d’avec lequel ils s’étaient séparés parce que lui Gizenga était fédéraliste tandis que Kamitatu lui était unitariste. Et s’il est devenu et se prévaut d’être lumumbiste aujourd’hui, c’est peut être simplement parce que dans le premier Gouvernement congolais dirigé par Patrice Eméry Lumumba, lui Gizenga, qui l’a vu à l’œuvre, y était l’un de ses alliés et y occupait le poste le plus élevé, celui de premier Vice-premier Ministre. Tant il est vrai que son parti politique dit « Parti Lumumbiste (Palu) », qui lui a permis de changer de couleur politique et de se muer en nationaliste unitariste, n’a été créé qu’en 1964, trois ans et demi au moins après la triste mort de Lumumba !

Il est dommage et même révoltant de voir que ceux qui ont jeté les bases du développement autonome futur du Congo, le Président Mobutu et tous les braves nationalistes qui ont travaillé sous son régime, qui ont œuvré à ses côtés ou avec lui pour défendre les grands principes d’un Congo indépendant et réaliser tant soit peu la grandeur de la République Démocratique du Congo dans le respect de la souveraineté nationale et en toute responsabilité, fassent aujourd’hui l’objet du mépris, du rejet et de l’oubli par le pouvoir actuel, cependant que ceux qui ont mis l’ex-Zaïre à feu et à sang, entièrement engagés au service de l’étranger, soient célébrés et vénérés comme des libérateurs par des idiots utiles congolais parce qu’ils ont amené des étrangers et leur ont permis d’envahir et d’occuper le Congo, de massacrer des millions des Congolais innocents et de faire main basse sur les ressources naturelles de l’ex-Zaïre ! Qui l’eût cru ?

En décidant de témoigner aujourd’hui sur un aîné, Gérard Kamanda, qui vient de nous quitter, je voudrais simplement donner une petite lumière sur un aspect : la manière dont le Président Mobutu et ses collaborateurs, des vrais dirigeants compétents et intellectuels nationalistes, s’investissaient pour défendre la grandeur, la dignité et les intérêts d’un grand Zaïre, souverain et indépendant.

A L’ORGANISATION DE L’UNITE AFRICAINE

            KAMANDA wa KAMANDA (ex-Gérard) qui s’en va, de 12 ans mon aîné, est de ces nationalistes congolais qui ont travaillé avec le Président Mobutu et qui méritent respect. L’un des jeunes juristes brillants, à peine était-il sorti de l’Université Lovanium de Kinshasa, que le Président Mobutu le prit à son Cabinet, d’abord comme fonctionnaire, puis comme Conseiller juridique, avant de devenir successivement Conseiller principal en charge des questions juridiques, politiques et diplomatiques et Secrétaire Général à la Présidence de la République, en 1966.

            A ce titre, il eut entre autres sous ses ordres un agent technique, réfugié tutsi originaire du Rwanda, ingénieur en télécommunications prêté aux services présidentiels par les services de la Coopération technique belge, nommé Barthélémy Bisengimana, chargé d’équiper la Présidence de la République du système des télécommunications qui n’existait pas sous le Président Joseph Kasa-Vubu, et d’autres juristes dont je citerai un certain Léon Lobitch. A la faveur de la politique de l’Authenticité, celui-ci s’appellera Kengo wa Dondo, tandis que celui-là deviendra Bisengimana Rwema.

            Faisant fonction du Directeur de Cabinet du Président de la République, Gérard Kamanda dirigea avec brio, à la grande satisfaction du Président Mobutu, l’équipe de travail qui prépara avec minutie, fierté et souci de grandeur nationale, le 3ème Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.).

            A la fin des travaux de ce Sommet, émerveillé par le travail réalisé, le Secrétaire Général de l’O.U.A., le Guinéen Diallo Telli, fit part de sa satisfaction au Président Mobutu et lui demanda de lui prêter possiblement son Secrétaire Général Gérard Kamanda pour qu’il allât travailler avec lui à Addis-Abeba afin de l’aider à organiser son Bureau au siège de l’O.U.A.

            Mobutu ne se fit pas prier deux fois, lui qui tenait à placer des Congolais nationalistes et compétents au sein des instances internationales pour mieux asseoir le rayonnement de son pays dans le monde. Et c’est bien ainsi que le Secrétaire Général, Diallo Telli, nomma Gérard Kamanda au poste de Directeur de son Cabinet, à Addis-Abeba, pour un mandat qui dura jusqu’en 1972.

            Puis, lorsque vint le moment de renouveler le mandat du Secrétaire Général de l’O.U.A., Mobutu soutint, certes, la candidature de Diallo Telli, qui fut réélu à ce poste, mais proposa à son tour la candidature du Zaïrois Kamanda wa Kamanda au poste de Secrétaire Général Adjoint de l’O.U.A. Ce qu’il obtint de la quasi-totalité de ses pairs africains, pour un mandat qui, celui-ci, dura de 1972 à 1978. Entretemps, en 1976, le Secrétaire Général Adjoint fit sortir des presses un important ouvrage à caractère économique, Le Défi africain, ce qui lui valut la reconnaissance, dans les milieux intellectuels africains, comme un nationaliste panafricain.

A L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

            Maître Kamanda wa Kamanda a ensuite servi loyalement la République du Zaïre comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire auprès de l’Office européen des Nations Unies et des Institutions spécialisées des Nations Unies à Génève, en Suisse, dès 1979, puis au siège de l’O.N.U. à New York, aux États-Unis d’Amérique en qualité de Représentant permanent de la République du Zaïre à l’Organisation des Nations Unies jusqu’en 1983.

            C’est au cours de ce mandat que la Présidence tournante du Conseil de Sécurité des Nations Unies revint à la République du Zaïre à un moment crucial où « la Guerre des Malouines » battait son plein entre l’Argentine et la Grande-Bretagne et où par conséquent tous les regards étaient tournés vers cette institution exécutive et capitale de l’O.N.U. En ce moment-là, précisément en 1981-1982, Kamanda wa Kamanda eut à présider, pour le compte de son pays, le Zaïre, les travaux du Conseil de Sécurité des Nations Unies en bonne intelligence avec son Président, le Maréchal Mobutu.

            Que je rappelle ici, pour l’Histoire, que l’honneur et la responsabilité de présider le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies à un moment crucial échurent encore à la République du Zaïre, juste après l’abjuration de la Constitution de la République du Zaïre par Tshisekedi wa Mulumba, qui perdit du coup la Primature à la suite de cette maladresse, au moment où, après les 26 jours du Gouvernement Mungul Diaka, j’accédais, dans le Gouvernement Nguz-a-Karl I Bond, au poste de Secrétaire d’État aux Relations Extérieures, en novembre 1991.

            L’Ambassadeur Bagbeni Adeito Nzengeya, alors Représentant permanent de la République du Zaïre à l’Organisation des Nations Unies, a eu aussi, comme Kamanda wa Kamanda, à présider le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour le compte du Zaïre, en janvier 1991. A cette occasion, la République du Zaïre, par son entremise, mit en exécution, le 15 janvier 1991, la Résolution 678 (1990) du Conseil de Sécurité obligeant les forces irakiennes à quitter le Koweït. Il restera à New York pour superviser le déclenchement, le déroulement et la fin de « la Guerre du Golfe » menée sous la dénomination « Opération tempête du désert » par les forces de la coalition internationale qui sont enfin parvenues à chasser les troupes irakiennes du Koweït, jusqu’à la fin du mois de janvier 1992, date à laquelle il me rejoignit alors à la Centrale de la diplomatie du Zaïre, où il avait été nommé en même temps que moi en qualité de Ministre des Affaires Étrangères.

            Peu après, en février 1992, le Ministre des Affaires Étrangères de la République unie de Tanzanie, appelé à succéder au Ministre nigérian des Affaires Étrangères, s’étant désisté pour occuper la présidence tournante du Comité de Libération politique de l’Organisation de l’Unité Africaine, je fus élu à ce poste par mes pairs africains à Arusha, en Tanzanie, pour faire le point de la situation dans le seul pays africain, l’Afrique du Sud, encore sous domination coloniale. Et c’est alors qu’ayant enfin constaté que la situation était propice pour l’avènement d’un pouvoir réellement démocratique dans ce pays, nous décidâmes de l’organisation prochaine des élections en Afrique du Sud et de mettre un terme à l’existence du Comité de Libération politique de l’O.U.A. dont les modalités de liquidation allaient être déterminées après la plénière du Comité de Libération que le Zaïre allait encore présider à Addis-Abeba, précisément au cours de la réunion qu’a présidée à Dakar, mon successeur Djibo Ka, Ministre sénégalais des Affaires Étrangères. Voilà pour l’Histoire !

            A la fin de sa carrière internationale, Kamanda wa Kamanda, rentra au pays et fut tour à tour Ministre des Affaires Étrangères, Membre du Bureau Politique et du Comité Central, Membre du Bureau du Comité central et Secrétaire Général Adjoint du M.P.R., Parti-État, de 1986 à 1989.

AU FRONT CONTRE L’ANCIENNE METROPOLE COLONIALE BELGE

            En 1988, plus précisément le 11 décembre, suite aux critiques indélicates proférées par certains milieux belges à son encontre et à l’encontre de son Gouvernement, le Premier Ministre belge, Wilfried Martens ayant promis au cours de sa visite à Kinshasa, la remise de la dette du Zaïre, le Maréchal Mobutu dépêcha à Bruxelles, en Belgique, une délégation d’intellectuels zaïrois et grands commis de l’État, composée du Professeur Mpinga Kasenda (politologue), de Maître Kamanda wa Kamanda (juriste) et de Maître Nimy Mayidika Ngimbi (juriste), pour clarifier devant l’opinion publique belge et occidentale les deux positions suivantes, en rapport avec lesdites critiques : premièrement, la République du Zaïre renonçait à l’assistance publique de la Belgique à partir du 1er janvier 1989 ; et deuxièmement, la coopération belge en République du Zaïre profitait plus à la Belgique qu’aux populations démunies du Zaïre !

            Ces deux points sont ce qu’il y avait à la base des critiques acerbes et parfois même des injures qu’essuyaient Mobutu et son peuple de la part d’une certaine opinion belge. Ajouter à ces deux faits, son refus de domination et de diktat de la part de toute puissance extérieure, et l’on a tout ce qu’on lui a de tout temps reproché et dont payent ses anciens collaborateurs les plus intelligents et les plus consciencieux. Voilà pourquoi, le pays étant aujourd’hui à la merci des forces visibles et invisibles étrangères, Mobutu, même mort depuis bientôt vingt ans, et à sa suite ceux qui ne l’ont jamais renié font encore et toujours l’objet des critiques virulentes et souvent insensées de la part d’une certaine opinion belge, rwandaise, ougandaise, burundaise et surtout de nombreux ignorants et pseudo-intellectuels congolais.

            Face à la délégation chargée de la mission de clarification en Belgique, qui fit longtemps parler d’elle en Occident et, à l’époque, au Zaïre, il y avait les journalistes ci-après, tous bien connus comme spécialistes du Zaïre : Collette Braeckman du quotidien Le Soir, Paul Gruselin, Grossens, Frans Verleyen, Knack et Jean François Bastin, tous présents sur le plateau de la RTBF.

            A cette occasion, les Hauts Cadres du M.P.R., Parti-État, dans la droite ligne du Discours historique du 4 octobre 1973 du Président Mobutu Sese Seko prononcé du haut de la Tribune de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, avaient révélé certaines vérités troublantes sur la « fameuse coopération » et sur la « dépendance de nos dirigeants » africains face à la Métropole. Une véritable marche de protestation s’improvisa dans tout le pays, mais cela ne changea rien !

            De ces vérités indéniables, qui en a tiré des leçons ? Personne, à ma connaissance, parmi tous les hommes au pouvoir, les analystes politiques et les troubadours qui n’arrêtent pas de critiquer Mobutu dix-neuf ans après sa mort l’accusant sempiternellement et injustement de dictateur ou de corrompu pour des faits qui n’ont aucune commune mesure avec les graves bavures, turpitudes, trahisons, pillages, atrocités et crimes de génocides allègrement et impunément commis par ceux qui le vouent aux gémonies !

            Personne, dis-je, n’a jamais cherché à comprendre depuis lors les contours de la coopération bilatérale et multilatérale, notamment de l’assistance publique qui profite plus aux pays donateurs qu’aux populations démunies, qu’avaient si brillamment dénoncées, au nom de Mobutu, Kamanda wa Kamanda, Mpinga Kasenda et Nimy Mayidika Ngimbi à Bruxelles sur les antennes de la Radio Télévision Belge Francophone.

            En effet, si 1 franc belge (1 FB) investi en République du Zaïre rapportait 4 FB à la Belgique, ceux qui sont venus après Mobutu ou qui n’arrêtent pas de le critiquer à tout bout de champ ne pourraient-ils pas se demander ce que rapportent en retour des millions de dollars américains dépensés dans le cadre de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo ? Et qui en bénéficie réellement ? Ne pouvons-nous pas développer une coopération responsable entre nous ?

            Cette prestation fortement médiatisée de Kamanda wa Kamanda avec ses collègues Mpinga Kasenda et Nimy Mayidika Ngimbi provoqua le déterrement du dossier du « Contentieux belgo-congolais » classé depuis que Moïse Tchombé était Premier Ministre en 1964. Il s’ensuivit des grandes empoignades entre des officiels belges et zaïrois, puis des pourparlers et des négociations belgo-congolaises pour décanter la situation. Sous la médiation du Roi Hassan II du Maroc, les délégations de deux pays conduites par les Ministres belges et zaïrois des Affaires Étrangères, Eyskens et Nguz-a-Karl I Bond se rencontrèrent au Maroc, ce qui permit au Président zaïrois, Mobutu Sese Seko et au Premier Ministre belge Wilfried Martens de conclure un Accord gardé secret jusqu’à présent et de fumer le calumet de la paix.

            Mais, c’est à partir de cette mission de clarification conduite par Maître Kamanda wa Kamanda et comprenant le Professeur Mpinga Kasenda et Maître Nimy Mayidika Ngimbi en Belgique qu’ont effectivement commencées la descente aux enfers du Zaïre et la fin du règne de Mobutu, les milieux politico-financiers belges ayant qualifié le renoncement de celui-ci à l’assistance publique du Royaume de la Belgique d’offense faite au Roi des Belges !

            Aussi, pour compromettre le Président Mobutu aux yeux de son peuple et parvenir à noircir son image à travers le monde, a-t-on recouru, pour asseoir sa diabolisation, à une invention grotesque, l’affabulation autour d’un massacre hypothétique dénommé « lititi mboka », qui aurait occasionné la mort de plus de 350 étudiants zaïrois à l’Université de Lubumbashi, en 1990. Un massacre inventé et grossi par d’anciens opposants d’alors, comme l’a récemment reconnu mon ami Lambert Mende, dont se saisirent les organisations de défense et de promotion des droits de l’homme pour accuser Mobutu de dictateur sanguinaire !

            Aux obsèques du Roi Baudouin 1er, Roi des Belges, qui fut souverain du Congo belge, grand ami de la République du Zaïre et du Président Mobutu, la Belgique refusa d’accorder à celui-ci l’invitation à y assister. Un seul Zaïrois, l’éditeur du journal « Umoja », Léon Moukanda Lunyama, fut l’unique zaïrois invité à partir de Kinshasa à y assister ! A ce sujet, Kamanda wa Kamanda eut ces mots qui sonnent vrais et retentissent encore dans nos oreilles : « c’est une Belgique rancunière aux relents racistes qui regarde la République Démocratique du Congo comme un bien qui lui échappe » !

AUX NEGOCIATIONS DE MMABATHO ET DE PRETORIA EN AFRIQUE DU SUD

            En ces mois de février et mars 1997, je revenais de la République fédérale d’Allemagne où le Maréchal Mobutu, déjà affaiblie par la maladie, m’avait chargé d’une mission auprès de la C.D.U. du Chancelier Helmut Kohl et de la Fondation Konrad Adenauer. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies venait d’adopter la Résolution 1097 (1997) portant sur l’organisation d’un dialogue entre la République du Zaïre et l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre en Afrique du Sud sous la médiation conjointe du Président Nelson Mandela, Président de la République Sud-africaine, et de M. Mohamed Sahnoun, Envoyé spécial conjoint du Secrétaire Général de l’O.N.U. et du Secrétaire Général de l’O.U.A.

            Kamanda wa Kamanda, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Étrangères, fut chargé de conduire la délégation officielle de la République du Zaïre à ce dialogue. Parmi les cinq Membres titulaires de cette partie, je fus désigné par le Président Mobutu Sese Seko seul représentant du Mouvement Populaire de la Révolution (M.P.R.) et de tous les partis politiques de la mouvance présidentielle mobutiste audit dialogue.

            Avec lui, nous nous connaissions bien, et nous nous rencontrions souvent, depuis les temps où j’étais Conseiller principal, notamment lors des travaux du Bureau Politique, du Comité central ou du Secrétariat général du M.P.R., Parti-État, comme au cours des réunions du Gouvernement dont nous fûmes membres et des fois à l’occasion de nos savantes rencontres dans le cadre de la Société Africaine de Culture (S.A.C.).

            Mais, j’avoue que c’est au Palais présidentiel de Bophuthatswana, à Mmabatho, et dans le Bureau ovale du Président Nelson Mandela, toujours en Afrique du Sud, que je découvris le talent de négociateur ainsi que la force et l’attachement à défendre la cause nationale qui faisaient de feu Kamanda wa Kamanda, après tout ce que l’on peut humainement lui reprocher par ailleurs, le vrai nationaliste et le fin diplomate tant apprécié du Président Mobutu.

            Voilà, en vérité, ce dont, ici et aujourd’hui, j’ai voulu témoigner sur lui. Pour l’Histoire !

Qu’il repose en paix !

MUKULUMANYA wa N’GATE ZENDA

 

Ancien Ministre des Affaires Etrangères

Président du Mouvement Populaire de la Révolution