Pour éviter la balkanisation du Congo : Lamuka devrait se ressourcer auprès de Gabriel Kyungu

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Les différentes sorties médiatiques du patriarche Gabriel Kyungu Wa
Kumwanza, aujourd’hui président du Bureau provisoire de la chambre
basse ne résultent pas d’une simple et hasardeuse gymnastique
politicienne. Cet homme, qu’on le veuille ou pas, trimballe une riche
expérience politique taillée depuis son appartenance au groupe des 13
parlementaires qui, du reste, et cela, à l’âge de 48 ans, avaient eu
le courage patriotique de créer en 1982 un parti politique se
réclamant de l’opposition, en pleine période du fameux MPR-Parti Etat
de triste mémoire.
Comment ne pas s’étonner, admirer et prendre au sérieux sa riche
expérience politique et sa maitrise parfaite des arcanes de la faune
et flore politique du pays ? Considéré comme le patriarche de la
plate-forme électorale dénommée « Lamuka », Gabriel Kyungu Wa Kumwanza
doit avoir tourné dix fois sa langue dans sa bouche avant de prendre
position contre ce qu’il considère comme des égarements de Martin
Fayulu, leader de la dite plate-forme électorale. Ce, pour attirer
l’attention de l’opinion et particulièrement celle des chancelleries
diplomatiques accréditées sur les dangers des discours teintés de
haine tribalo-ethnique.
        Tour à tour, Gabriel Kyungu que l’on n’a plus à présenter, a eu le
courage de déclarer à haute voix au cours d’une conférence de presse «
 il ne faut pas confiner le Président de la République dans un carcan
tribal ou d’un parti politique ». Bien avant que l’encre n’ait séché,
il est revenu à la charge en proclamant « nous ne voulons plus
entendre des propos tels que Katumbi, c’est le diable, Bemba, c’est le
gourou. Le Président de la République a besoin de tout le monde » Par
la même occasion, il a invité les acteurs politiques à renoncer aux
discours discriminatoires. Car, a-t-il enchainé, « cette alternance au
pouvoir n’est pas le butin qu’un groupe peut s’accaparer en méprisant
les anciens compagnons de lutte ». Ils doivent avoir plutôt un
discours responsable, une attitude responsable, surtout ceux qui font
partie de la famille politique se réclamant du Président de la
République, qui doivent l’accompagner dans la concrétisation de ses
promesses électorales pour assurer la paix. L’heure n’est plus aux
disputes mais au travail, a souligné le patriarche de l’opposition
issue du Conclave de Genval. Félix-Antoine Tshisekedi, mon fils me
légué par mon compagnon de lutte et co-fondateur de l’UDPS reste et
demeure le Président de la République, élu brillamment le 30 décembre
2018 pour tous les Congolais, quelles que soient leurs couleurs
sociopolitiques.
        Ces différentes prises de positions par cet éléphant de la vie
politique congolaise constitue une réplique à l’acharnement avec
lequel, le citoyen Martin Fayulu, le candidat de la Plate-forme
«Lamuka», ne cesse d’envahir tant les médias que les différentes
tribunes lui offertes pour revendiquer sa victoire à la présidentielle
du 30 décembre dernier, sans en produire les preuves. Les sorties
récentes du patriarche Kyungu devraient en principe interpeller
l’attention de l’opinion et surtout des milieux épris de paix et de
bonne volonté. La moindre analyse critique de la situation
sociopolitique de l’heure devrait faire ramener à la surface les
multiples manœuvres diaboliques de ceux-là qui dissimulent
malhonnêtement des agendas dont le plus évident vise à parvenir à la
balkanisation du pays. Un vieux rêve qui a toujours été à l’origine de
toutes les guerres et rébellions ayant endeuillé la RDC depuis son
avènement à la souveraineté nationale et  internationale.
        Tout a démarré avec la sécession du Katanga, déclenchée et dirigée
alors par feu Moïse Tchombé Ditend et ses acolytes pour le contrôle,
par tous les moyens, des ressources minières à vil prix par les
groupes financiers internationaux maffieux, au détriment des
populations congolaises. Bien après, c’étaient sont les cinq guerres
d’agression perpétrées depuis 1997 par les armées régulières
rwandaises et ougandaises sous divers prétextes, jusqu’aux accords de
paix conclus en 2003 à Sun City, à l’issue des négociations politiques
inter congolaises.
        Toujours l’histoire que des générations entières liront aura à
prendre en compte les retombées de la fameuse rencontre de Genève au
mois d’août de l’année dernière entre certains acteurs politiques
congolais ne visant que les mêmes schémas. Les artisans de cet accord
ne se sont jamais écartés de ces visées hégémoniques pour parvenir à
leurs fins. Le cheval de Troie caché derrière cet accord mort-né avait
comme but de mettre à feu et à sang les différentes régions de ce
pays. Des sommes énormes avaient été mises à contribution à ce sujet,
pour recruter à tour de bras des centaines des milliers d’hommes de
main qui se chargeraient de la basse besogne au nom d’une idéologie
aux contours flous. La guerre qui était en préparation quelque part
dans l’un des Etats voisins de l’Est avec la complicité de certains
fils du pays aperçus à Genève, allait servir d’alibi aux Etats
agresseurs pour mettre en pratique leur plan d’occupation et
d’exploitation systématique des minerais rares aujourd’hui très
recherchés pour les nouvelles technologies modernes de pointe.
F.M.

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