Polydor Muboyayi, président de l’OMEC : «Face à la persistance des dérives, nous devons avoir le courage de nous interroger»

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Distingués invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Chers Confrères,

L’Observatoire des Médias Congolais est heureux de vous accueillir ce jour  pour faire ensemble un « Nouvel état des lieux de l’Ethique et la Déontologie » dans le secteur des médias de notre pays.     
Cette démarche nous a paru nécessaire au regard de la persistance des dérives dans nos médias, lesquelles donnent à penser que la diffamation, les imputations dommageables, la violation de la présomption d’innocence, l’injure etc seraient devenus des anneaux d’amitié pour certains d’entre nous.
Par la rencontre de ce jour, l’OMEC poursuit l’objectif de permettre aux journalistes de se regarder dans le miroir, de mesurer l’étendue des dégâts que peuvent causer des  émissions et/ou articles qui prennent des libertés avec les règles d’éthique et de déontologie du journaliste congolais, mais aussi de rappeler à tous et à chacun que l’intériorisation des règles fondatrices de notre métier passe par une lecture attentive du Code de déontologie et, surtout, par l’application de ses prescrits dans la pratique quotidienne.

C’est cette intériorisation, et elle seule,  qui  permet à chacun de nous de ne pas entrer en conflit avec le Code pénal congolais auquel la loi  portant modalités de l’exercice de la liberté de la presse dans notre pays accorde une place prépondérante. A titre de rappel, nous vous signalons que cette loi, alors qu’elle se rapporte à la liberté de la presse, consacre seize de ses quatre-vingt-douze articles aux délits de presse et aux pénalités. Elle nous renvoie fréquemment au Code pénal, lequel prévoit toute une panoplie de sanctions qui vont jusqu’à la peine de mort (cas de trahison, voir art.78 de la loi 96-002 du 22 juin 1996).

Ce rappel des dispositions liberticides contenues dans la loi du 22 juin 1996 ne vise pas à nous faire peur. Bien au contraire, il est destiné à nous rappeler que le combat n’est pas fini et que nous devons lutter de toutes nos forces pour obtenir une loi déconnectée du Code pénal et  qui porte résolument les valeurs de liberté et de démocratie. Le rappel est aussi destiné à nous montrer la voie de la raison en nous laissant guider, en tout temps et en tout lieu, par les balises du  Code de déontologie.

Distingués Invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Chers Confrères,

La création de I’lnstance d’Autorégulation de la Presse Congolaise avait été motivée par l’intrusion dans le secteur des médias des individus n’ayant aucune qualité pour exercer le métier d’informer. Cette situation, consécutive à la libéralisation politique intervenue le 24 avril 1990, a causé un tort immense à notre corporation. Et il a fallu des efforts immenses pour redresser la situation et ouvrir la profession à de nombreux jeunes sortis des écoles de journalisme.

Ce sont ces jeunes qu’on retrouve aujourd’hui dans la majorité des Rédactions dont les organes ont une existence légale.
Mais face à la persistance des dérives, nous devons avoir le courage de nous interroger sur le comment et le pourquoi de cette situation et tenter d’obtenir des réponses cohérentes, susceptibles de nous engager sur la voie du progrès. C’est à cette réflexion que I’OMEC vous convie ce jour à la suite des exposés du Pr Ekambo, ancien Recteur de l’lfasic, et de Steph Kitutu, Directeur Général de CCTV et ancien PDG de la RTNC. ll s’agit de deux regards croisés, I’un représentant la profession, et I’autre l’enseignement du journalisme. En les mettant ensemble, nous cherchons à comprendre ce qui se passe sur le terrain.

La tenue de cet atelier nous offre aussi l’occasion de procéder à la remise aux responsables des différents médias de la capitale d’abord, et de l’arrière-pays ensuite, des exemplaires du Code de déontologie et du Guide Pratique du Journaliste en Période Electorale, deux ouvrages que I’OMEC vient de rééditer grâce à l’appui financier d’OSISA que nous remercions chaleureusement au nom de la corporation. Le souhait de I’OMEC est de voir ces deux instruments pédagogiques favoriser une meilleure pratique professionnelle et une amélioration qualitative des productions de la presse congolaise.
C’est en vous souhaitant une réflexion fructueuse que je vous remercie de votre attention.

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