Politique monétaire : la BCC à l’ère de la restructuration de son cadre opérationnel

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FRANC-CONGOLAIS-RDC1Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Déogratias Mutombo Mwana Nyembo a présidé, le vendredi 14 mars 2014, la 2ème réunion du Comité de politique monétaire pour l’année 2014, et la 10ème depuis son avènement à la tête de l’Institut d’Emission.

Parmi les grandes mesures prises lors de cette réunion d’orientation de la politique monétaire, il y a la restructuration du cadre opérationnel.

Trois modifications majeures ont été ainsi décidées:

– Le coefficient de la réserve obligatoire est fixé à 8% pour les dépôts à vue et à 7% pour ceux à terme en ce qui concerne les devises étrangères. Et il est à 7% pour les dépôts en vue et à 3% pour ceux à terme pour la monnaie nationale ;

– Le Billet de Trésorerie « BTR » s’appellera désormais BON BCC ;

– L’élargissement de la maturité des bons BCC via l’émission d’un nouveau titre de trois mois. Les conditions de soumissions n’ont pas changé, conformément à l’instruction n°20 de la Banque centrale.

Ci-dessous le communiqué de presse sanctionnant la réunion du CPM du vendredi 14 mars 2014 :

Le comité de politique monétaire de la Banque Centrale du Congo s’est réuni ce vendredi 14 mars 2014 sous la présidence de monsieur le Gouverneur, pour sa deuxième réunion ordinaire de l’année.

Les échanges ont globalement porté sur l’analyse de la conjoncture économique tant nationale qu’internationale ainsi que des mesures idoines de politique monétaire à mettre en place eu égard au contexte actuel.

A cet effet, il convient de retenir ce qui suit:

1. Analyse de la conjoncture

Sur le plan international :

            Sous l’initiative du FMI, les experts internationaux se sont réunis les 25 et 26 février 2014 à Rabat pour une conférence internationale sur les enjeux socio-économiques de la volatilité des prix de produits alimentaires. Cette conférence visait à rehausser la qualité de prise de décision afin de prévenir les crises alimentaires pouvant résulter des hausses subites des prix de produits de première nécessité.

            Au cours de cette conférence, il a été également souligné le rôle important que jouent les Banques centrales pour éviter la transmission au reste de l’économie, de l’impact de l’augmentation des prix alimentaires par la pratique d’une politique de ciblage de l’inflation.

Dans la Zone euro, le taux de chômage et celui de l’inflation sont demeurés stables au mois de février 2014, soit respectivement 12 % et 0,8% comme le mois précédent.

Aux États-Unis, l’indice de la confiance des consommateurs a progressé au mois de février 2014 par rapport au mois de janvier suite à l’optimisme des consommateurs au regard des perspectives de l’économie américaine après les intempéries hivernales.

            En ce qui concerne les économies émergentes qui ont contribué à soutenir la croissance mondiale depuis la dernière crise financière, elles semblent présenter des signes d’essoufflement à la suite notamment des mesures de mise à terme de la politique monétaire ultra accommodante aux U.SA.

Sur le plan national :

            A la dernière semaine de février, l’évolution de l’inflation demeure sous contrôle. Le taux hebdomadaire s’est situé à 0,04 %, soit 0,14 %  en rythme mensuel et 0,25 % en cumul annuel. Sur base des réalisations des 9 premières semaines de 2014 et en l’absence des chocs éventuels, le taux d’inflation escompté à fin d’année se situerait à 1,47 %. En glissement annuel, le taux d’inflation s’établit à 1,19 % contre une cible de 3,7 %.

            Concernant le marché des changes, le mois de février a été marqué par une stabilité sur les différents segments avec un taux indicatif à 929,39 CDF/USD et un cours parallèle à 937,25 CDF/USD. D’un mois à l’autre, la monnaie nationale s’est dépréciée de 0,3 % à l’interbancaire tandis qu’au parallèle, il a été noté une appréciation de 0,1 %. Aussi, la Banque Centrale poursuit ses achats des devises sur le marché en vue, d’une part, de pourvoir aux besoins de l’économie, notamment des miniers et pétroliers producteurs qui paient désormais leurs taxes et impôts en monnaie nationale et d’autre part de conforter ses réserves de change qui représentent à ce jour 8,5 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.

            Quant au marché monétaire, les transactions effectuées sur le guichet des facilités permanentes au cours du mois de février ont atteint 59,90 milliards de CDF, portant le cumul annuel à 106,30 milliards de CDF contre 54,42 milliards pour toute l’année 2013.

            A l’interbancaire, les opérations dénouées se sont chiffrées à 185,40 milliards de CDF, soit 239,40 milliards de CDF en cumul annuel.

            A fin février 2014, l’encours BTR a fléchi à 140.34 milliards CDF contre 152,15 milliards enregistré un mois plus tôt, traduisant ainsi une injection mensuelle de liquidité de 11,81 milliards de CDF. Cette injection qui est en ligne avec la mise en oeuvre des dernières mesures de dédollarisation visant à percevoir les impôts, droits et taxes dus au Trésor par les miniers et pétroliers en monnaie nationale, répond à la nécessité d’une adaptation de la liquidité au contexte économique du moment.

2. Mesures de Politique Monétaire

            En vue de l’optimisation du processus de mise en oeuvre de sa politique monétaire, la Banque Centrale vient de procéder à une restructuration de son cadre opérationnel.

            En effet, au regard de la consolidation du cadre macro-économique attestée par le maintien d’une croissance robuste sur fond d’une stabilité des prix et du taux de change d’une part, et de la poursuite du processus de dédollarisation de l’économie et de l’ouverture, dans un avenir proche, du guichet de refinancement long visant à stimuler l’offre du crédit, d’autre part, il s’est avéré nécessaire de mettre sur pied un cadre propice permettant aux banques d’accompagner efficacement les actions du Gouvernement et de la Banque Centrale.

            A cet effet, trois modifications ont été décidées ce jour, il s’agit de :

1. La poursuite de la discrimination du coefficient de la réserve obligatoire suivant la maturité et la monnaie de constitution de dépôt. A cet effet, le coefficient de la réserve obligatoire est fixé comme suit :

            Pour les dépôts en devises, 8 % pour les dépôts à vue et 7 % pour les dépôts à terme.

            Pour les dépôts en monnaie nationale, 7 % pour les dépôts à vue et 3 % pour les dépôts à terme.

2. Le changement de l’appellation du titre émis par [a Banque Centrale du Congo qui ne sera plus appelé Billet de Trésorerie mais désormais BON BCC ;

3. Elargissement de la maturité des bons BCC via l’émission d’un nouveau titre de trois mois. Les conditions de soumissions demeurent celles en vigueur, conformément à l’instruction n°20 de la Banque Centrale.

            Enfin, le Comité de politique monétaire informe l’opinion nationale de la publication depuis la fin du mois de février 2014, du Rapport sur la conduite de la politique monétaire au cours de l’année 2013 ainsi que des résultats des premières enquêtes sur les conditions d’octroi de crédit. Toutes ces publications sont disponibles à la Bibliothèque de la BCC et sur son site WEB.

Je vous remercie.

Fait à Kinshasa, le 14 mars 2014

Deogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO

Président

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