Politique de la terre brûlée à l’AMP : Joseph Kabila, l’ isolement suspect !

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Tout récemment à Kingankati, l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) avait donné l’impression d’avoir aplani ses dissensions internes et retrouvé la cohésion indispensable à la victoire de son « Autorité Morale », Joseph Kabila, dès le premier tour de l’élection présidentielle annoncée pour décembre 2011. Cependant, les dernières nouvelles en provenance de cette plate-forme politique poussent de nombreux observateurs à se poser des questions au sujet de l’état d’esprit qui y prévaut réellement. 

            L’on se demande si, sans l’exprimer clairement, certains membres de la famille politique du Chef de l’Etat ne se seraient pas déjà lancés dans la campagne de la terre brûlée, contre leur propre candidat, unique en plus, à la présidentielle. Il nous revient de plusieurs sources qu’à l’approche des échéances électorales, une campagne sournoise d’isolement du candidat Kabila serait orchestrée par de ses propres troupes.

            Le modus operandi consisterait à diaboliser tous les partenaires qui ont le malheur d’être originaires des provinces d’où surgissent des candidats à la magistrature suprême du pays. Ainsi, par exemple, certains ténors de l’AMP originaires des deux Kasaï sont très mal vus depuis qu’Etienne Tshisekedi s’est proclamé candidat à la succession de Joseph Kabila. La même attitude négative est affichée, indique-t-on, à l’égard des Kabilistes ayant pour provinces d’origine le Nord et le Sud-Kivu, au motif que Vital Kamerhe pourrait être sur la ligne de départ pour la course à la présidence de la République.

            Dans la logique de ceux qui se croient plus Kabilistes que Kabila lui-même, celui-ci ne devrait plus compter sur les cadres de l’AMP dont les « frères cotériques » seraient ses adversaires politiques à l’occasion de la présidentielle de 2011.  Si par hasard, demain ou après demain, le gourou de l’ex-Bundu dia Kongo, Ne Muanda Nsemi, se présentait comme prétendant à la succession de Kabila, ce sont les cadres Ne Kongo de la majorité présidentielle qui seraient automatiquement pris en grippe.

            Tout se passe comme si les candidatures à la présidence de la République seraient encouragées par ceux que l’on considère désormais comme des « taupes » de l’AMP, qui seraient occupés à faire le jeu de leurs frères tribaux ou ethniques en coulisses. Plus grave, les architectes de la politique de la terre brûlée vont jusqu’à suspecter les électeurs dont les provinces suscitent des candidats à la succession de Kabila d’être tous contre celui-ci.

            En principe, la campagne présidentielle de l’ « Autorité morale » de l’AMP devrait interdire à tous  les cadres de cette plate-forme originaires des provinces alignant des candidats à cette compétition électorale. 

Stratégie du vide 

            Il est clair qu’au rythme où risquent de s’accumuler les dossiers des « traîtres » épinglés à cause de leurs seules origines, Kabila va se trouver progressivement isolé. Pourrait-il effectivement gagner au premier tour, comme on le claironne depuis Kingankati, dans un climat d’exclusion des pans entiers de l’électorat national ? Si chacune des onze provinces du pays sort un candidat à la présidentielle, avec qui Joseph Kabila va-t-il battre campagne ?

            Il semble que la chasse aux sorcières aurait pour enjeu caché le contrôle de la cagnotte de la campagne du Chef de l’Etat, que certains craignent de voir tomber entre les mains des cadres qu’ils ne sauraient manipuler. D’où, chacun se débat pour tirer la couverture de son côté, avec tous les risques de créer le vide autour du candidat Kabila et de compliquer ses chances de se succéder à lui-même. Bref, sous des decors d’unité, de fraternité, d’amitié et de collaboration, l’ennemi du « Kabiliste », c’est d’abord le « Kabiliste » lui-même.

                                                                                                                         Kimp.

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