Polio : les adultes aussi menacés !

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Le Dr Kofi, chargé de programme à l’Organisation Mondiale de la Santé/RDC(OMS), a fixé la presse locale, hier mercredi 17 novembre 2010 lors du point de presse hebdomadaire de la Monusco, sur les dangers qui pèsent sur notre pays face à l’épidémie de poliomyélite qui sévit déjà au Congo/Brazzaville.

En effet, a-t-il rappelé, jusqu’au 16 novembre 2010, l’OMS a enregistré 201 cas et 104 décès, alors que la majorité des cas se situent dans la tranche d’âge de 15 à 29 ans. Ces cas ont été rapportés dans les villes de Pointe-Noire, Dolisie, Kayes, Mvouti et Brazzaville. Pointe Noire est l’épicentre de cette maladie virale. 

            Cependant, indique-t-il, aulors que la circulation des poliovirus était arrêtée entre 2001 et 2005 grâce aux campagnes de vaccination, ledit virus a été réintroduit dans le pays en février 2006 à partir de l’Angola. Depuis lors, des cas sont dépistés chaque année à travers le pays.

 Ainsi, entre cette date et celle du 17 novembre 2010, 50 cas de paralysie dus au poliovirus sauvage de type 1 ont été dépistés dans les provinces du Kasaï Occidental (42 cas), Bandundu (6 cas) et Katanga (2 cas). L’épicentre de la flambée épidémique actuelle en RDC se situe, selon l’OMS, dans l’antenne de Tshikapa à la frontière avec l’Angola (37 cas sur 42 enregistrés dans la province). 

Une riposte en préparation

            Avec l’appui des partenaires (OMS, Unicef, Rotary international), une campagne de vaccination synchronisée nationale couvrant toute la population et impliquant le Congo, l’Angola et la RDC a été organisée du 12 au 16 novembre, alors qu’un deuxième passage aura lieu début décembre. Pour la RDC spécifiquement, seule la province du Bas-Congo est concernée et 16 zones de santé limitrophes avec l’Angola et le Congo sont ciblées. Ce qui représente une population estimée à 1.467.311 habitants. 

            Des investigations entreprises avec le concours de l’OMS ont permis de préciser le type de virus en cause. Des échantillons de selles prélevés ont été envoyés à des laboratoires de référence (Franceville, Kinshasa, Johannesburg, Atlanta) pour des analyses plus poussées. D’ores et déjà, il faudrait retenir que la poliomyélite a trois types (1, 2 et 3) de virus sauvages (non vaccinal) provoquant la maladie chez l’homme par voie orale. Le virus de type 1 est responsable de grandes épidémies. La maladie entraîne une paralysie flasque des muscles, notamment des membres et dans les cas sévères du diaphragme par destruction des nerfs moteurs. L’atteinte du diaphragme entraîne la mort si une assistance respiratoire efficace n’est pas mise en place.

            Etant donné qu’il n’y a pas de traitement contre la poliomyélite, les invalidités acquises sont définitives. Seule la réhabilitation accompagnée d’appareils moteurs aide les paralysés des membres inférieurs à se déplacer. Concernant les mesures à prendre, la vaccination est fortement recommandée pour les enfants de moins de 5 ans.  

Tshieke Bukasa

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