Plusieurs églises pillées à Ngiri-Ngiri

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Le gouvernement provincial de Kinshasa a dernièrement décidé de sévir contre les tapages tant diurnes que nocturnes. A cet effet, il a été demandé aux responsables des lieux des prières et exploitants des bars, terrasses et boîtes à musique de réduire considérablement le volume de leurs instruments de sonorisation et de musique. A Ngiri-Ngiri, la semaine qui vient de s’achever a été particulièrement pénible pour les églises de réveil. Plusieurs d’entre elles ont vu des policiers faire irruption en leur sein, en pleine journée et sans sommation, se saisir de leurs matériels de musique, de chaises et tables en plastique, de toges, de livres sacrés et  autres accessoires sacerdotaux, avec à leur tête le bourgmestre de cette municipalité.

Raison invoquée : tapages diurnes et nocturnes. Les dirigeants et fidèles des temples de Dieu ainsi visités considèrent cela comme un pillage planifié et une profanation pure et simple, d’autant qu’aucune notification préalable, verbale ou écrite, ne leur a été adressée. A la suite du tollé général soulevé par ces actes, le gouverneur de la ville a réagi en invitant les bourgmestres de différentes communes à s’assurer qu’il y a effectivement tapage diurne ou nocturne avant de procéder à une quelconque saisie ou fermeture d’un lieu de culte et d’une terrasse.

En dépit de cet appel à la modération, laisse-t-on entendre, rien n’a changé à Ngiri-Ngiri, où le numéro un de cette municipalité a poursuivi, avec son escorte policière sans randonnée dans les églises de réveil. Dans la foulée, il a fini par atterrir au siège de la Mission Mondiale Message de Vie, au croisement des avenues Niangara et Assosa. Quelques fidèles de la communauté de l’Armée de Victoire surpris sur le lieu se sont entendus dire que leur église était « fermée », sans autre forme de procès, pour cause de tapages diurnes et nocturnes. Alertée, une marée d’autres membres et responsables est descendue en catastrophe sur place, cherchant à savoir si l’autorité municipale ou ses services avaient procédé à une enquête préalable, s’il y avait un ou des plaignants, et si la décision était consignée dans un document. Rien de tel n’était fait.

Traumatisés par des mesures arbitraires subies dans le passé sous le couvert de l’officiel et redoutant une manœuvre de saisie illégale des matériels électroniques sophistiqués acquis  dernièrement récemment, ils ont résolu de ne pas se laisser faire. Le pire n’a pu être évité que grâce, une fois de plus, à une réunion de conciliation convoquée d’urgence par le gouverneur André Kimbuta avec les pasteurs.

On vient d’apprendre que certaines églises « pillées » à Ngiri-Ngiri ont décidé de saisir les instances judiciaires pour se plaindre de ce qu’elles estiment comme étant un comportement anarchique de la part du bourgmestre de cette commune.

                                                                                  Jacques Kimpozo

 

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