Plaidoyer pour les victimes des mines : les acteurs sociaux veulent mettre les bouchées Doubles

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L’Association Nationale des Survivants des Mines « ANASDIV », la Campagne Congolaise pour l’Interdiction des Mines « CCIM », des ongs d’encadrement des personnes avec handicap,  Parousia et Acoldemha ont décidé de former un front commun  pour accorder une grande attention aux handicapés et victimes des mines. Le Consortium de plaidoyer pour l’assistance aux victimes des mines et d’autres handicapés « CPAV »,  mis en place depuis six mois,  a eu un face à face avec la presse le samedi 19 mars 2011 au siège de la Comico à Lingwala.

 Et avec comme intitulé : «La problématique de l’assistance aux victimes de mines et autres personnes avec handicap».
 A la tribune, on a noté la présence des principaux animateurs du consortium,   Tabaro,  Martin Lusambila ,  Francky  Miantuala et Annie Ngoy.
 Dans son exposé,  Miantuala a fait   remarquer que les handicapés sont  des personnes  ayant connu des accidents de circulation,  ou  souffert de la poliomyélite, ou encore  victimes des mines  anti personnelles.

 Le « front »  veut éveiller les consciences de tous ( hommes politiques, médias…) sur la nécessité qu’il y a pour notre pays à  ratifier la Convention internationale sur les handicapés et  apporter une réelle assistance aux victimes des mines.
 « Nous comptons intéresser les parlementaires congolais à notre cause en organisant à leur intention une Table Ronde », a-t-il souligné..
 Miantuala a indiqué qu’un avant-projet de loi relatif aux personnes avec handicap serait déjà ficelé par les experts du ministère de tutelle. Il va être débattu incessamment  au Conseil des ministres. Ils souhaiteraient  le lire pour l’enrichir, a-t-il souligné.
 Il a apporté la précision selon laquelle notre pays a ratifié la Convention d’Ottawa relative aux mines.
Miantuala n’a pas été en mesure de donner un chiffre exact sur les victimes des mines, qui sont localisées surtout dans six de 11 provinces du pays (Kivu, Province Orientale, Equateur…)  Et se comptent par milliers. La difficulté de mieux les recenser réside dans le fait que les accidents ont lieu parfois dans des coins reculés.  En outre, ils ont l’obligation d’harmoniser leurs listes avec Handicap International.
 Les Ongs intéressées à la collecte des données sur ces cas transmettent leurs informations à un centre des Nations Unies en la matière, a-t-il déclaré.
 En outre, dans la lutte anti mines, il y a plusieurs compartiments. Certaines ongs sensibilisent les populations dans les contrées à risque, d’autres structures associatives recensent les victimes. D’autres encore s’adonnent au déminage des sites, a-t-il souligné.

Cas de conscience.

 Martin Lusambila, porte-parole du consortium, a déploré l’absence d’un cadre législatif devant assurer la promotion intégrale des handicapés, admettant tout de même qu’il y a eu quelques avancées. Qui se traduisent par l’insertion de quelques articles en rapport avec les handicapés dans la  Constitution de 2006 et l’Acte constitutionnel de la Transition. Le silence du constituant a entraîné la marginalisation d’un grand nombre des handicapés, a-t-il déclaré. Et pourtant, ceux-ci sont évalués à 10 % de la population congolaise et constituent un électorat important, a précisé Lusambila
 Il s’est dit étonné de voir la RDC « ignorer » jusqu’à ce jour la Convention Internationale sur les Droits des Personnes avec Handicap « CIDPH ».
 Adoptée lors de la tenue de l’Assemblée Générale de l’ONU en décembre 2006, la CIDPH contient 50 articles.  Le protocole relatif à cette loi comprend 18 articles. 72 pays, dont 18 africains, l’ont ratifiée depuis 2009.
 Car comment comprendre qu’elle n’ait pas signé cette loi, moins encore ne l’ait ratifiée
 Volontiers pédagogue, il est revenu sur les concepts adhésion, protocole facultatif, Etats parties, signataire.  Lorsqu’un pays signe et ratifie une convention au même moment, il s’agit d’une adhésion. La convention est une entente écrite, juridiquement contraignante entre deux ou plusieurs pays, a-t-il expliqué.
 La signature et la ratification de cette loi vont amener les organismes internationaux comme l’Unicef, l’Unesco, l’OMS… à s’intéresser de plus près aux questions des personnes avec handicap.  Cela va  doper la coopération entre le gouvernement congolais et les organismes internationaux en la matière.
 La lutte anti mines, longtemps peu médiatisée, commence à retenir l’attention des gens, a dit  Tabaro au début de la conférence de presse.. «Nous  avons décidé d’y accorder une plus grande attention», a-t-il ajouté.
 Les questions des journalistes ont porté sur les efforts entrepris jusqu’ici pour amener les familles ayant des enfants handicapés à mieux les  encadrer. Ou encore les raisons qui freinent la signature et la ratification de la loi sur la CIDPH. 
Jean- Pierre Nkutu

 

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