Plaidoyer pour la mise en place d’une armée des professionnels

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Cette fois-ci sera peut-être la bonne ! L’Etat Major Général des FARDC et les autorités politico-administratives semblent faire du dicton selon lequel « aides-toi et le ciel t’aidera » leur devise de travail avec le lancement de la campagne de recrutement des jeunes recrues pour rajeunir l’armée nationale. Lancé tambour battant, ce programme survient au lendemain du déclenchement de la guerre inutile, stupide nous imposée par deux Etats voisins de l’Est, à savoir le Rwanda et son complice éternel l’Ouganda dans le but de prendre le contrôle de l’exploitation de nos ressources naturelles avec la complicité des réseaux maffieux internationaux.
La cérémonie du lancement s’est déroulée hier à Goma, au Mess des officiers, en présence des plus hauts galonnés de l’armée nationale, notamment le général Didier ETUMBA, chef d’Etat Major Général en personne qui avait à ses côtés le général de Brigade Gabriel AMISI dit «Tango four» chef d’Etat Major des Forces terrestres ainsi que d’autres officiers généraux des FARDC.
 
Cette opération a commencé par l’enregistrement des candidats auprès des agents recruteurs de l’armée nationale. Chacun se présente muni de ses pièces d’identité nationale. Ensuite, les candidats retenus sont envoyés dans un centre médical pour des examens médicaux. Selon le colonel Mwicho WABATEYI, les séances des exercices physiques se dérouleront dans des centres appropriés. Pour la Province du Nord Kivu, l’on a prévu des sites dans les communes de Karisimbi et Goma, Kibati dans le territoire de Nyiragongo, Sake dans le Masisi et Tongo dans le Rutshuru. Les recrues de cette province sont appelées à suivre une formation fondamentale au centre d’instruction de Kitona dans le Bas-Congo et de Kamina dans le Katanga. Ces opérations de recrutement des jeunes dont l’âge varie entre 18 et 25 ans  s’effectueront sur toute l’étendue du territoire national. De plus, tout candidat doit détenir un diplôme d’Etat et jouir d’un casier judiciaire vierge. De passage à Kisangani dans la Province Orientale, Aubin MINAKU, président de l’Assemblée Nationale, a promis que dès la rentrée parlementaire en octobre prochain consacrée à la session budgétaire, la question de la situation sociale de l’armée fera l’objet d’un examen sérieux de la part des députés pour l’amélioration de la situation sociale des militaires.
 
Eviter les erreurs du passé…
 
Outre les critères généraux, l’opération de recrutement a prévu un test de sélection très rigoureux. Comme il va se dérouler sur toute l’étendue du territoire national, l’on espère ainsi l’avènement d’une armée réellement républicaine et nationale où seront bannis le tribalisme, le régionalisme, le clanisme et la complaisance. Des maux qui ont été à la base de la descente aux enfers de l’armée nationale à l’époque du MPR-Parti Etat. Le commun des mortels garde encore fraiches en mémoire les opérations d’épurations camouflées par des faux procès dont celui du Coup d’Etat monté et manqué et celui de l’affaire Major KALUME qui ont vu la grande armée perdre ses meilleurs officiers formés dans les meilleures académies militaires de l’Occident. Des opérations qui avaient visé uniquement les ressortissants des provinces du Bandundu, de deux Kasaï, du Bas Congo, du Katanga et du Kivu. De sorte que vers le début des années 1990, un confrère de la place dénonça un déséquilibre scandaleux du nombre des officiers généraux avec la province de l’Equateur qui s’était taillé la part du lion avec 35 généraux sur les 60 que comptaient les Forces Armées Zaïroises. Les centres d’instructions étaient devenus des champs de ruine et le pays n’envoyait plus des jeunes recrues en formation d’officiers dans les célèbres académies militaires de l’Occident. Ce sont là des erreurs qui ont détruit l’armée nationale et les Etats voisins en ont profité pour nous agresser, car sachant d’avance que la RDC n’était pas dotée d’une armée réellement nationale et républicaine.  Que cette guerre injuste et méchante du Nord Kivu nous serve de leçon.
 
F.M.   

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