Piratage, photo pillage : la RDC est-elle réellement impuissante ?

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FEMUA9-Papa-Wemba-0006(1)Papa Wemba est mort ! Vive Papa Wemba ! Peut-on alors profiter de la mort inopinée de la star congolaise pour entreprendre une campagne du démontage du piratage et de la photo-pillage ? La RDC n’est pas du tout impuissante devant ces deux fléaux, mais c’est l’absence des stratégies de combat qui bloque. On se plaint régulièrement de la modicité des moyens pour nos artistes musiciens, mais les voies pour répondre à cette problématique sont à la portée de notre ministère de la Culture et Arts.

Papa Wemba est parti si tôt que son souvenir restera gravé dans les mémoires des africains. Ce créateur à l’imagination inassouvie détenait toujours plus d’une carte dans ses manchettes. Papa Wemba avait ceci de particulier et hors du commun des mortels de sortir d’on ne sait dans quelle corbeille certaines trouvailles merveilleuses là où l’on s’y attendait le moins. Que ce soit dans le secteur de la musique, de l’habillement, des chaussures, de la démarche, du langage populaire, des cris, des chansons, bref du look, le défunt a marqué
profondément son époque plus que d’autres artistes musiciens, peintres, acteurs de théâtre et de cinéma.

Protection de la marque déposée
De toutes les déclarations entendues tout au long de ces huit jours
des obsèques nationales, l’on a noté peu d’attention au problème
douloureux de la protection des marques déposées des œuvres de
l’esprit, notamment la musique, la presse écrite, l’art plastique, le
théâtre et la littérature. Pourtant que d’œuvres de l’esprit ce beau
et riche pays n’a-t-il pas produites depuis l’époque coloniale et même
précoloniale ! Rien que le folklore indigène, l’art plastique, la
peinture murale, les habits, les danses, les poèmes, les théâtres
populaires, les fresques murales et souterraines, bref ces ingrédients
de la culture congolaise traditionnelle ont fait dire au Père Tempels,
un célèbre chercheur historien belge du début du 20ème siècle que « ce
peuple est civilisé jusqu’à la moelle du cerveau ».
Toutes les œuvres artistiques avaient été l’objet d’un pillage
systématique organisé par des agents de la colonisation pour aller
remplir les vitrines et coffres du Musée de Tervuren situé dans la
banlieue de Bruxelles et d’autres villes de différentes puissances
métropolitaine occidentale tout comme les musées et collections
privées de certains richissimes du monde.
Des négociations sécrètes avaient été menées entre les différents
gouvernements de Kinshasa et bon nombre des musées pour récupérer ces
richesses traditionnelles. Rien de concret n’est jusque-là mais
toujours est-il qu’une résolution de l’Unesco est venue remettre un
peu d’ordre dans la maison. En demandant aux pays détenteurs des
musées où sont conservées ces richesses de les restituer à leurs
propriétaires originels et authentiques car issues des pillages
systématiques orchestrés par des agents des puissances colonisatrices.
Si ces œuvres d’art sont identifiées, il en est autrement de la
musique et de la presse écrite à cause du piratage et de la
photopillage systématique qui s’effectue au vu et au su des autorités
administratives, politiques, judiciaires et sécuritaires.  Que des
journaux de la presse écrite ne sont-ils pas photocopiés chaque jour
pour être vendus aux particuliers au nez et à la barbe des autorités
administratives, politiques, sécuritaires, judiciaires et policières !
Combien des cassettes, DVD, disques produits par nos artistes ne
sont-ils pas piratés pour être vendus à vil prix au détriment des
maisons d’édition et de distribution. Condamnant ainsi leurs auteurs à
la misère et à la mendicité alors que leurs congénères occidentaux se
recrutent dans les plus hautes sphères des grandes fortunes de la
planète. Le même sort ignoble et ingrat est réservé aux médias de la
presse écrite qui continue à broyer le noir.

Lutte contre la fraude, le piratage et la photo pillage
Que faut-il alors faire ? Les premiers efforts devraient se focaliser
sur les voies et moyens d’installer de nouvelles technologies pouvant
détecter les cellules de ce piratage et photopillage. Ensuite, les
services de l’Etat, notamment la police, la justice et
l’administration seraient mis à contribution pour accompagner ces
opérations de détection de ces milieux maffieux spécialisés dans ces
piratages et photopillages des œuvres de l’Esprit que sont la musique
et la presse écrite. Des primes seraient prévues pour encourager ces
agents qui auront participé à ces opérations de détection de ces sites
maffieux. A l’instar des agents appelés « aviseurs » dans les secteurs
de la fraude fiscale,  douanière et de la drogue.
F.M.