Pillage manqué à la BCC/Nord-Kivu

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Ils étaient là, une centaine, peut-être un peu plus, les rebelles du M 23 qui avaient investi les bâtiments de la Direction provinciale de la Banque centrale du Congo au Nord-Kivu, au lendemain de la prise de Goma. Tous ces éléments armés de mitraillettes, des Aka 47, ainsi que des grenades défensives, avons-nous appris, ont, après avoir constaté la désertion des lieux par les agents de l’Institut d’émission, rêvé de faire main basse sur tous les fonds logés dans les coffres-forts. Il s’agissait de fonds en devises étrangères et en monnaie locale, dont de nouvelles coupures de 1.000 FC, 5.000 FC, 10.000 FC et 20.000 FC.

            La tentative de pillage sera un échec, aux dires du gouverneur de la BCC, parce que dans la stratégie de l’Institut d’émission, les agents qui détiennent les clefs des coffres-forts, ainsi que ceux qui connaissent le code secret, avaient déjà quitté la ville de Goma. En outre, selon des instructions qu’il a données au président de la FEC-Goma et à ses membres de la profession bancaire, pour prévenir des pillages à vaste échelle, et mettre en péril les efforts de bancarisation de notre économie à Goma, les banques commerciales, une douzaine, devaient être fermées jusqu’à nouvel ordre. Instructions qui ont été respectées à la lettre.

            A la Direction provinciale de la Banque centrale du Congo au Nord-Kivu, les rebelles, auteurs de plusieurs pillages, ont cassé certaines portes, avant de se retrouver devant la salle des coffres-forts protégés par un blindage à toute épreuve. Ils ont tout tenté, avons-nous appris, mais ils se sont butés à cette sécurisation qui utilise la dernière technologie. Aux dires d’une certaine source, ces éléments étaient même prêts à faire venir de l’Ouganda un matériel pour exécuter leur sale besogne. Rien de tout cela n’a marché. Pour Jean-Claude Masangu, l’échec des rebelles est aussi dû au fait que la disposition des portes blindées est telle que s’ils osaient les faire sauter, ils exploseraient aussi. Ces explications rassurantes ont été fournies à la presse à la suite d’une question lui posée sur la situation des installations de la Direction provinciale de la BCC, au lendemain de la prise de Goma par les rebelles du M 23. C’était à l’occasion du point de presse organisé vendredi, à l’issue de la 11ème réunion du Comité de politique monétaire élargi.

            Le soir, d’autres nouvelles rassurantes ont ramené la quiétude dans les esprits des agents de la BCC et dans les milieux d’affaires. En effet, interrogé par une radio périphérique, le lieutenant-colonel Basse, porte-parole militaire de la Monusco, a indiqué qu’après l’évacuation de la ville de Goma par les rebelles, ses troupes de la Force d’intervention rapide ont été déployées pour sécuriser les commerces, les installations de la Banque centrale du Congo et celles de banques commerciales, ainsi que les habitants. Elles vont assurer la sécurité de cette ville martyre avec les éléments des Fardc, ainsi qu’avec des contingents de la police dépêchés sur le lieu. C’est dire que les craintes émises par certains compatriotes quant aux fonds logés dans les coffres-forts de la BCC et qui pouvaient entraîner la décision de démonétisation de nouvelles coupures de banque à valeur faciale élevée, sont balayées. Et le gouverneur de la BCC a insisté sur le fait que Kinshasa devait demeurer solidaire avec Goma. Nos frères de l’Est qui sont démunis par les pillages perpétrés à Goma, a-t-il fait remarquer, ne doivent pas être abandonnés dans cette dure épreuve qu’ils traversent.     

JRT

 

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